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Opération camouflage de l'Église catholique

À la cathédrale St.Mary's de Dublin

À la cathédrale St.Mary's de Dublin

Photo : La Presse canadienne / AP Photo/Niall Carson-pa

Radio-Canada

Une commission d'enquête conclut que l'Église catholique a camouflé des scandales sexuels pendant quatre décennies. La réputation de l'Église passait avant la protection des victimes.

En Irlande, le rapport d'une commission d'enquête publié jeudi conclut que l'archevêché de Dublin a camouflé des agressions sexuelles commises par des prêtres sur des enfants pendant quatre décennies, et que le gouvernement s'est fait complice.

Jusqu'au milieu des années 90, peut-on lire dans le rapport, la préoccupation de l'archevêché a été « de garder le secret, d'éviter le scandale, de protéger la réputation de l'Église et de préserver ses biens ».

Quatre archevêques successifs s'y sont employés de différentes manières, que ce soit par exemple en refusant d'enquêter sur des allégations d'agressions sexuelles ou en changeant de paroisse les prêtres qui en étaient l'objet. Tous ont choisi de ne pas prévenir la police des informations troublantes qui étaient à leur disposition.

« Les autorités de l'État ont facilité cette dissimulation en n'assumant pas leurs responsabilités », ajoute le rapport, et « le bien-être des enfants, qui aurait dû être la priorité, n'était même pas un facteur pris en considération au début ».

Des excuses

Le gouvernement irlandais a présenté des excuses « sans réserve » aux victimes. Le ministre irlandais de la Justice, Dermot Ahern, a fait part de son sentiment de « répugnance et de colère » à la lecture de ce rapport, qu'il a qualifié de « catalogue d'actes maléfiques commis au nom de ce qui était considéré comme le bien général ».

« J'offre à chacun des survivants mes excuses, mon chagrin et ma honte pour ce qui s'est passé », a pour sa part déclaré l'archevêque de Dublin depuis 2004, Diarmuid Martin. Il a affirmé que « le mal causé aux enfants ne pourra jamais être réparé ».

La commission d'enquête, qui a été instituée il y a trois ans et demi, s'est penchée sur les cas de 46 prêtres qui ont été mis en cause dans les scandales, et contre lesquels 320 plaintes ont été déposées entre le 1er janvier 1975 et le 30 avril 2004.

Le rapport d'enquête a été déposé il y a quelques mois déjà sur le bureau du ministre de la Justice, mais sa divulgation a été retardée le temps qu'un tribunal se prononce sur la possibilité que certains passages nuisent à deux poursuites toujours en cours. Le tribunal a finalement ordonné que certains passages soient retirés de la version publiée.

Il y a six mois, une autre enquête avait révélé des décennies d'agressions sexuelles, parfois « endémiques », commises depuis les années 1930 dans des institutions pour enfants dirigées par l'Église catholique. D'autres sévices corporels étaient aussi fréquents.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Irish Times