•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une dernière étape franchie

Radio-Canada

Bonjour à tous,

J'ai franchi un premier pas vers la retraite il y a 10 jours quand j'ai pris part à ma dernière Coupe du monde à Marquette. Sur le coup, je ne l'ai pas vraiment réalisé. C'est en soupant avec l'équipe le soir que mes coéquipiers m'ont fait remarquer qu'en raison des Jeux olympiques, il n'y avait pas de Coupe du monde après les fêtes.

Je ne suis pas nostalgique pour autant. C'est sûr que la compétitrice en moi voudrait que ça se poursuive pour améliorer mes résultats. Marquette n'est pas non plus l'endroit rêvé pour conclure une étape de sa carrière, d'autant plus que notre séjour s'est prolongé de six heures parce que notre avion a dû revenir sur ses pas en raison d'un problème de train d'atterrissage... Au grand dam de Kalyna (Roberge) qui déteste prendre l'avion.

Tania Vicent

Tania Vicent

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Cependant, il me reste de beaux moments à vivre à Vancouver et aux Championnats du monde, notamment ceux par équipe qui se dérouleront à Bormio, un de mes deux endroits favoris avec Chamonix. Je me promets bien quelques verres de vin et des chocolats chauds pour souligner l'événement.

Par contre, je sais que la vie d'équipe et le sentiment d'appartenance vont cruellement me manquer. Au cours de mes longues années, il y a eu des athlètes avec lesquels je m'entendais moins bien, mais nous formions une équipe et nous avions tous le même désir de réussite.

Dans les entreprises, les gens ne poussent pas toujours dans le même sens, et souvent ils ne ressentent pas ce sentiment d'appartenance. Je ne l'ai jamais vécu, mais c'est ce que mes amis me racontent.

Comme j'ai encore quelques mois devant moi, revenons plutôt à la compétition. Les Coupes du monde de Montréal et de Marquette servaient à qualifier le nombre de patineurs par distance pour chaque pays aux Jeux olympiques.

Nous, les filles, on est super contentes. Dans toutes les distances (500, 1000 et 1500 m), nous avons atteint le quota de trois athlètes par pays. De plus, à Marquette, nous avons fini parmi les 11 premières dans toutes les épreuves.

Mais c'est surtout notre performance au relais qui nous réjouit le plus. Notre but était d'abaisser notre temps et de rester avec les Chinoises et les Sud-Coréennes. Mission accomplie dans les deux cas... et haut la main.

D'abord, nous avons battu le record canadien de deux secondes (4:10,825) et jamais les Asiatiques n'ont réussi à nous distancer même si nous avons terminé au 3e rang. Pour la finale, j'ai laissé ma place à Valérie (Maltais) afin qu'elle prenne de l'expérience. Jusqu'à présent, elle n'avait participé qu'à une finale en Chine.

Au cours des deux dernières Coupes du monde, nous nous sommes vraiment rapprochées des Chinoises et des Coréennes. Lors des deux premières étapes en Asie, on était tellement loin que ça faisait peur. La bonne nouvelle, c'est qu'elles n'ont pas pris trop d'avance sur nous. Par contre, on ne sait pas dans quelle phase d'entraînement elles étaient. Nous, nous ne sommes pas encore au sommet de notre forme.

Les gars déçus

Après une semaine de repos au retour de Marquette, nous amorçons cette semaine deux cycles intensifs en vue des JO. On travaillera notamment notre vitesse de pointe. Au 1000 m, il faut être capable de garder cette vitesse sur toute la distance pour développer notre capacité lactique.

C'est-à-dire que même si ça fait mal, tu dois patiner. On avait travaillé cet aspect avant les sélections olympiques au mois d'août, mais on ne peut poursuivre dans cette veine très longtemps parce que sinon, c'est notre endurance qui en paye le prix.

Olivier Jean

Olivier Jean

Photo : AFP / Goh Chai Hin

Si l'équipe féminine est partie ravie de Marquette, on ne peut en dire autant des garçons, malgré leur récolte de quatre médailles. Contrairement à nous, ils ont échoué dans leur tentative de qualifier trois patineurs par distance.

Ils étaient vraiment déçus, surtout Olivier Jean. À cause de ses disqualifications au 1000 m à Montréal et à Marquette, le Canada n'aura que deux patineurs sur cette distance.

Je ne dirais pas que c'est nécessairement de sa faute, mais Olivier aurait peut-être pu faire un peu plus attention. Il faut dire qu'à Marquette, le Chinois s'est assuré d'être bien vu par l'arbitre en levant les bras.

Comme au hockey, l'arbitrage change de course en course. Certains arbitres acceptent les contacts si ça ne change pas le déroulement de la course. D'autres non. Même si les officiels changent d'une Coupe du monde à l'autre, c'est clair que certains athlètes, qui sont souvent disqualifiés, sont plus marqués que d'autres. Les arbitres les ont à l'oeil davantage. C'est dommage pour Olivier et l'équipe masculine.

On se reparle dans deux semaines. D'ici là, j'espère que mon rhume et ma sinusite seront choses du passé... Au moins, à mon grand soulagement, le médecin m'a confirmé que ce n'était pas la H1N1.

À bientôt.