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Québec fixe sa cible à 20 %

Gaz à effet de serre
Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Radio-Canada

Le premier ministre Jean Charest veut réduire d'un cinquième les émissions de gaz de la province d'ici 2020 par rapport à 1990, s'alignant ainsi sur les pays européens.

Québec fixe sa cible de réduction des gaz à effet de serre (GES) à 20 % d'ici 2020 par rapport à 1990.

Le premier ministre Jean Charest a confirmé cet objectif lundi, lors d'un discours devant le Conseil des relations internationales de Montréal.

Avec une cible de - 20 % en 2020, le Québec aura le plus faible taux d'émission par habitant en Amérique du Nord.

Jean Charest

« La cible de réduction sera modulée selon les secteurs d'activités économiques », peut-on lire dans le communiqué de presse du premier ministre.

Ce dernier a précisé que la cible de 20 % pourrait être « revue à la hausse selon les résultats des négociations internationales et selon les engagements des principaux partenaires économiques du Québec ».

L'Union européenne envisage d'aller jusqu'à 30 % de réduction si d'autres pays suivent.

Les transports en question

Le gouvernement évoque notamment le secteur des transports, responsable de 40 % des émissions de GES de la province. Il estime que des investissements devront être faits dans les transports en commun et le transport « intermodal » des marchandises.

Québec évoque aussi l'adoption « prochaine » d'une norme d'émission de GES pour les véhicules légers et le développement des véhicules électriques.

Et d'ajouter que la province possède des sources d'énergie renouvelable en abondance. De plus, ces cibles permettront de « réduire graduellement la dépendance de l'économie québécoise aux importations de pétrole », ajoute Québec.

Ottawa interpellé

La ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, a critiqué Ottawa au passage. Elle a dit espérer « faire évoluer la position du gouvernement fédéral en vue de la Conférence de Copenhague ».

L'atteinte de cette cible est toutefois « indissociable » de l'instauration d'une bourse du carbone en 2012 - projet sur lequel planchent Québec et d'autres partenaires. L'entente de la « Western Climate Initiative », qui comprend le Québec, l'Ontario, le Manitoba et la Colombie-Britannique, ainsi que sept États américains (Washington, Arizona, Montana, Nouveau-Mexique, Oregon, Utah et Californie), entrera en vigueur en 2012. Québec a d'ailleurs adopté le projet de loi 42 pour ce faire.

Les groupes environnementaux mitigés

Peu après cette annonce, Sidney Ribaux, coordonnateur général d'Equiterre, a déclaré qu'une cible de 20 % était « un bon départ. « C'est la cible la plus ambitieuse en Amérique du Nord », a-t-il déclaré. Il note toutefois qu'il aurait préféré une cible de 25 %.

De leur côté, l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), la Coalition Québec Kyoto, Greenpeace et le Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE) ont publié un communiqué pour exprimer « leur déception » face à cette cible.

Québec présente aujourd'hui une cible insuffisante compte tenu qu'il a tout en main pour être bon premier, mais il assoit son rôle de chef de file en Amérique du Nord.

André Bélisle porte-parole de QuébecKyoto et président de l'AQLPA

André Bélisle estime que le Québec pourrait atteindre une cible de 25 %.

Virginie Lambert-Ferry, de Greenpeace Canada, a salué un « effort notable » de la part du Québec, tout en déplorant que l'objectif affiché ne franchisse pas la barre fixée par les scientifiques, à savoir 25 % de réduction. « C'est un peu décevant », a-t-elle dit.

Les groupes environnementaux estiment aussi que la province doit « abandonner l'idée d'acheter des crédits hors Québec ». « Le gouvernement mise sur l'achat de crédits carbone à l'extérieur plutôt que de concentrer la totalité des efforts de réduction au Québec », écrivent-ils.

Mais ils « saluent toutefois l'intention de Québec de faire comme l'Europe, qui s'est engagée à faire passer ses réductions à moins 30 % dans l'éventualité où les autres pays industrialisés feraient des efforts comparables ». Ils réclament aussi un plan d'action sur le transport couvrant la période 2013-2020.

Par ailleurs, les États-Unis sont disposés à se présenter à la conférence sur le climat de Copenhague en ayant en main des objectifs de réduction de leurs émissions de GES, a fait savoir lundi un haut responsable de l'administration Obama.

Un engagement avant Copenhague

Le gouvernement Charest s'était engagé à prendre position avant la conférence internationale de Copenhague, au Danemark, qui doit avoir lieu du 7 au 18 décembre prochain.

Lors de consultations préliminaires, la ministre de l'Environnement, Line Beauchamp, avait suggéré quatre scénarios de réduction des GES: 10 % par rapport à 1990, 12 %, 15 % comme le préconise l'Ontario, ou 20 % à l'image des pays européens.

M. Charest a souligné qu'en réduisant les émissions de 20 %, le Québec émettra 8 tonnes de GES par habitant, comparativement à 9 tonnes pour l'Europe.

Ce scénario est toutefois en deçà des objectifs recommandés par les Nations unies, soit une réduction de 25 % à 40 % d'ici 2020.

Avec les informations de La Presse canadienne

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