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Victime de sa page Facebook

Une photo prise dans un bar et publiée sur sa page Facebook.
Une photo de Nathalie Blanchard prise dans un bar et publiée sur sa page Facebook

Une Québécoise, en congé de maladie depuis un an et demi pour cause de dépression majeure, affirme avoir perdu ses indemnités après que son assureur eut découvert sur Facebook ses photos prises en vacances.

Une Québécoise en congé de maladie depuis plusieurs mois pour une grave dépression affirme avoir été privée de ses indemnités quand son assureur a découvert des photos d'elle sur Facebook.

L'histoire de Nathalie Blanchard a fait le tour du monde. En Europe comme aux États-Unis, les médias s'intéressent à ce cas qui révèle une fois de plus les limites de la vie privée en cette ère des médias sociaux.

Nathalie Blanchard souffrait d'une grave dépression et recevait des indemnités mensuelles de sa compagnie d'assurance, Manuvie. Les versements ont cessé subitement cet automne et elle a donc contacté son assureur. On lui a répondu qu'elle pouvait reprendre le travail à en juger par les photos publiées sur sa page du réseau social Facebook, affirme-t-elle.

L'agent d'assurance lui aurait décrit plusieurs des photos, dont certaines prises dans un bar lors d'un spectacle des danseurs nus Chippendales et d'autres lors de vacances au soleil. Selon cet agent, ces photos démontraient qu'elle était sortie de sa dépression.

Nathalie Blanchard est choquée. Elle assure que c'est son médecin qui lui a conseillé de se changer les idées. « Sur le moment, je suis heureuse, mais avant ou après, j'ai les mêmes problèmes », se défend-elle.

Elle a sollicité les services d'un avocat et réclame le rétablissement de ses indemnités.

Par ailleurs, Nathalie Blanchard ne comprend pas comment son assureur a pu avoir accès à ses photos sur Facebook, puisque son profil est accessible uniquement aux personnes qu'elle autorise.

« Pratique inappropriée »

Facebook

Selon son avocat, Tom Lavin, l'enquête menée par Manuvie était tout simplement inappropriée. « Je ne crois pas que Facebook permette de bien juger de l'état psychologique d'une personne », plaide-t-il.

« Ce n'est pas comme si une personne avait des problèmes de dos et qu'une photo la montrait en train de transporter des briques, ajoute-t-il. On a diagnostiqué une dépression majeure à ma cliente. Il y a des photos d'elle à un party et d'autres où elle s'amuse, mais cela peut seulement vouloir dire qu'elle essayait de s'évader. »

La compagnie d'assurance Manuvie n'a pas voulu commenter ce cas précis, mais elle a envoyé un commentaire par écrit à CBC, dans lequel elle affirme qu'elle « ne [mettra] pas un terme à une réclamation valide seulement sur la base d'informations publiées sur des sites Internet comme Facebook ».

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