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Déblocage majeur

La Presse
Photo: La Presse canadienne / Paul Chiasson

Le quotidien montréalais et les syndicats de la rédaction, des employés de bureaux et de l'informatique conclut une entente de principe. La direction poursuit ses négociations avec le syndicat de la distribution.

La Presse a conclu une entente de principe avec trois de ses syndicats affiliés à la CSN, soit ceux de la rédaction, des employés de bureau et de l'informatique. La direction du quotidien montréalais en a fait l'annonce tôt vendredi matin à l'issue d'une séance de négociations marathon qui s'était amorcée jeudi matin.

Ce déblocage est susceptible de sauver le quotidien montréalais, en affaires depuis 125 ans, de la fermeture. L'employeur et les représentants des employés parlent d'une entente « globale ».

Les syndicats conviennent qu'elle règle plusieurs des points qui restaient en suspens. L'horaire de travail des journalistes est par exemple réaménagé sur cinq jours plutôt que quatre. Les deux parties se sont également entendus sur les questions relatives au régime de retraite, aux assurances collectives, à la durée de la nouvelle convention collective, aux congés fériés ainsi qu'aux autres congés.

La Presse réclamait des concessions d'environ 13 millions de dollars à ses employés. Le porte-parole intersyndical CSN, Rudy Le Cours, a révélé que les négociations avaient permis d'abaisser ce montant à environ 10 millions de dollars. Les journalistes du quotidien montréalais ne subiront toutefois pas de réduction de salaire.

La récession économique et les difficultés que connaît le secteur des médias ont mis une lourde pression sur les épaules des syndiqués, admet M. Lecours, qui dit avoir eu l'impression de négocier avec « un couteau sous la gorge ». Il a néanmoins déclaré être « soulagé » par cette entente.

Nous avions à faire une négociation extrêment serrée de part et d'autre. Je pense aussi que la direction est soulagée. Maintenant, il faut comprendre que ce sont des concessions importantes que nous faisons. Nous avons battu en retraite de façon ordonnée.

Rudy Le Cours, porte-parole de l'intersyndicale CSN

Dans un communiqué, le président et éditeur de La Presse, Guy Crevier, estime qu'il s'agit d'une « excellente nouvelle ».

Les deux parties en étaient à leur troisième rencontre en présence du conciliateur, la précédente ayant eu lieu samedi dernier. Les syndiqués se prononceront sur la nouvelle entente de principe vers la fin de la semaine prochaine. Entre-temps, l'assemblée générale commune d'information qui devait avoir lieu samedi a été annulée.

Si la direction de La Presse, toujours en négociations avec un autre syndicat, ne suspend pas sa publication, l'entente entrera en vigueur le 3 janvier prochain.

Quatre des huit syndicats, soit ceux représentant la publicité, la préparation, l'imprimerie interne et la chaufferie, affiliés à la FTQ, ont déjà conclu une entente avec La Presse le 28 octobre.

Dernier sprint de négociations

La Presse poursuit maintenant les négociations avec le syndicat des employés de la distribution, qui dispose d'un mandat de grève qu'il peut utiliser au moment jugé opportun, sur des clauses sectorielles. Une rencontre entre les deux parties devait avoir lieu à 15 h vendredi.

Le syndicat des employés de la distribution, affilié lui aussi à la CSN, a déjà dit craindre que 102 des 225 postes de distributeurs et d'assistants-distributeurs de La Presse soient supprimés.

Le 3 septembre, la direction a menacé de mettre fin à ses activités, sur papier et sur Cyberpresse, dès le 1er décembre si aucun accord n'était conclu avec ses quelque 700 employés.

La direction affirmait alors que le « modèle d'affaires actuel n'a aucune chance de survivre » et que le quotidien allait enregistrer des pertes de 100 millions de dollars en 2013 si rien n'était fait. La diminution des revenus publicitaires et la popularité toujours croissante d'Internet expliquent entre autres ce phénomène.

La Presse disait vouloir économiser 26 millions de dollars par année, dont 13 millions en coûts de main-d'oeuvre. L'employeur demandait notamment l'abolition de la semaine de travail de quatre jours, dont bénéficient plusieurs catégories d'employés. Le déficit du régime de retraite faisait également l'objet de négociations.

Depuis le début de l'année, La Presse a pris plusieurs mesures pour réduire ses coûts. La taille du quotidien a été réduite, un programme de départs volontaires a été créé, et l'édition du dimanche a été abandonnée le 28 juin.

Si la menace de fermeture du quotidien n'est pas complètement écartée, elle est maintenant nettement amoindrie, estime M. Le Cours.

Gesca en bref

Le groupe Gesca détient sept quotidiens au Québec et en Ontario, dont La Presse, à Montréal, et Le Soleil, à Québec. L'entreprise appartient à Power Corporation, propriété de la famille Desmarais. En 2008, Power Corporation a déclaré un bénéfice net de 868 millions de dollars, en baisse par rapport à celui de 2007 qui s'élevait à 1463 millions.