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Gilles Taillon accuse

Gilles Taillon, le 18 octobre 2009

Gilles Taillon, le 18 octobre dernier

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Dans une lettre, le chef Gilles Taillon accuse les ténors du parti, Mario Dumont en tête, d'avoir orchestré un putsch contre lui. La diffusion de ce document intervient alors que le député Gérard Deltell songe à prendre la tête du parti.

C'est en transmettant mercredi à certains médias, dont Radio-Canada, une lettre titrée Les masques sont tombés que le chef de l'ADQ, Gilles Taillon, tente de régler ses comptes.

Dans sa lettre, il soutient notamment que les ténors de l'ADQ était contre lui, plus particulièrement les « anciens propriétaires » du parti, dont Mario Dumont.

Mardi, lors d'un point de presse, il a dit avoir découvert « certains aspects un peu troublants » dans la gestion financière de l'ADQ depuis 2003. Il avait aussi ajouté qu'une rencontre avec la Sûreté du Québec (SQ) avait été demandée, laissant ainsi entendre qu'il pourrait s'agir de pratiques illégales. Toutefois, il s'était refusé par la suite à répondre aux questions des journalistes, laissant ainsi toute la place aux spéculations.

Mercredi, dans sa lettre, il est revenu sur ses déclarations de la veille. Il y soutient notamment que les dirigeants du parti, avec Mario Dumont en tête, ont orchestré un putsch contre lui.

De plus, il a fait référence au sénateur Léo Housakos qui entretenait des liens avec l'ADQ. Celui-ci, proche de Mario Dumont, a présidé jusqu'en 2008 la Commission du financement de l'ADQ.

Gilles Taillon mentionne dans sa lettre que l'une de ses déclarations faites au début de la course à la direction de l'ADQ aurait déplu au sénateur. Il avait alors dit qu'il voulait s'assurer que l'ADQ soit complètement autonome du Parti conservateur du Canada.

Or, le sénateur n'aurait pas apprécié cette déclaration. Selon Gilles Taillon, il aurait alors été l'objet d'une « bisbille orchestrée » notamment de la part du parti de Stephen Harper. Ainsi, il affirme que les ténors adéquistes et Mario Dumont ont préféré sacrifier leur nouveau chef plutôt que de le voir briser « une alliance intouchable ».

M. Taillon montre aussi du doigt Gérard Deltell et Éric Caire, qu'il présente comme étant les principaux artisans du « travail de sape ».

Dans la lettre, le chef démissionnaire revient aussi sur ses allégations de la veille concernant le financement du parti. Il indique, sans plus de détails, avoir demandé aux policiers de se pencher sur des « éléments troublants » relevés dans la gestion des finances de l'ADQ « dans les années antérieures ».

Selon les informations obtenues par Radio-Canada, M. Taillon doit rencontrer dans les prochains jours un inspecteur de la SQ pour discuter des présumées irrégularités dans le financement du parti.

En ce qui concerne Gérard Deltell, il a nié les allégations de Gilles Taillon. Sur les ondes du Réseau de l'information, il a affirmé n'avoir jamais manigancé pour obtenir le départ de Gilles Taillon. « Je n'ai jamais fait quelque commentaire [en ce sens] ou quelque travail de sape que ce soit », a-t-il plaidé.

Également visé dans la lettre de M. Taillon, le sénateur Léo Housakos a soutenu, par le biais de son bureau à Ottawa, qu'il ne se sentait pas concerné par ces allégations.

La lettre de Gilles Taillon

Les masques sont tombés.

Peu après l'annonce de ma candidature le 24 avril dernier, encouragé à ce moment par plusieurs dont Mario Dumont, j'ai senti un certain malaise au sein de l'ancien establishment du parti. Comme parti autonomiste, j'ai cru et je crois toujours qu'aucune influence d'un parti fédéral ne devait et ne doit limiter la marge de manoeuvre de l'ADQ. J'ai déclaré, lors du Conseil général de mai, que les distances devaient être maintenues avec le parti conservateur du Canada et aussi, avec tous les autres partis oeuvrant sur la scène fédérale. Ma déclaration a fait l'objet d'un reportage de Pierre Duchesne, de la société Radio-Canada. Celui-ci a clairement fait part de ma prise de position. Lors de ce même reportage le journaliste a aussi identifié le sénateur Housakos comme celui qui jusque-là, à titre de président de la Commission du financement de l'ADQ, faisait le pont entre les conservateurs au fédéral et l'ADQ au Québec.

Cette prise de position publique sur la nécessaire autonomie de l'ADQ, vis-à-vis les partis politiques fédéraux, m'a valu plusieurs réprimandes de membres influents du parti. J'ai donc décidé de rencontrer le sénateur Housakos et de lui faire part de vive voix de ma prise de position. Dans les jours suivants, la rencontre a bel et bien eue lieu dans un restaurant d'Ottawa. J'ai alors clairement dis au Sénateur Housakos, que je n'avais rien contre les conservateurs ou lui-même. Mais aussi, que sous mon éventuel leadership, l'ADQ travaillerait aux seuls intérêts du Québec et ce, sans aucune attache à quelque parti fédéral que ce soit. Je lui ai aussi fait part que comme membre de l'ADQ, il était le bienvenu et pouvait contribuer au financement de ma campagne selon les règles établies par le parti.

Je comprends aujourd'hui, avec les sorties publiques des anciens « propriétaires » du parti, Mario Dumont en tête, que mon élection à la tête de l'ADQ signifiait pour ces gens, la fin d'une alliance intouchable. A partir de ce moment, Gilles Taillon ne pouvait plus demeurer à la tête de l'ADQ et ce, malgré le choix démocratique des militants. Le travail de sape a alors commencé et n'a jamais cessé depuis. Je vous laisse le soin de juger les événements des derniers jours et du rôle qu'ont joué Eric Caire et Gérard Deltell.

Je me suis lancé en campagne avec l'intention d'offrir aux Québécois une alternative aux vieux partis. Ma plate-forme était limpide quant aux axes de développement et mon intention de faire le ménage dans les finances publiques pour éviter aux Québécois de passer à la caisse. Avec le gaspillage et les malversations mises à jour par les médias, plus personne ne peut se fermer les yeux. On m'a rapporté des éléments troublants concernant le financement de notre parti dans les années antérieures. Comme chef de ce parti, j'ai donc décidé de prendre mes responsabilités et de demander aux autorités policières de faire la lumière sur la situation.

Avant le caucus de mardi matin, j'ai compris que seul mon départ mettrait fin à la bisbille 'orchestrée'. Je me devais de partir. Au moment de l'annonce de mon départ, j'étais persuadé que par respect pour les quelque 2000 militants qui ont voté pour moi, qu'on pourrait attendre que le chef élu au suffrage universel soit remplacé lors d'une élection tenue conformément à nos statuts. Je souhaite ardemment qu'il en soit ainsi. Les militants méritent cette marque de respect.

Gilles Taillon

Chef de l'Action démocratique du Québec

Le député adéquiste de Chauveau, Gérard DeltellAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le député adéquiste de Chauveau, Gérard Deltell

Gérard Deltell entrouvre la porte

À l'heure où l'ADQ se cherche un nouveau chef, tous les yeux sont tournés mercredi vers le député de Chauveau, Gérard Deltell, pour voir si celui-ci décidera de se porter candidat à la succession de Gilles Taillon. Le principal intéressé n'exclut pas cette possibilité, mais il se donne un peu de temps pour y penser.

En point de presse, mercredi, Gérard Deltell a dit avoir entendu l'appel lancé la veille par l'ancien chef Mario Dumont en sa faveur.

Je ne peux pas rester insensible à la situation actuelle. Je ne peux pas rester insensible à l'appel qui a été lancé pour que je me présente et que je succède [à Gilles Taillon] et que j'assume le leadership de l'ADQ. Je suis en réflexion actuellement là-dessus.

Gérard Deltell

Il juge qu'il y a un avenir pour une formation qui propose un gouvernement « responsable, réaliste et qui n'a pas peur de prendre des décisions difficiles ».

Le nom de Deltell circule

L'un des deux pères du parti et ancien chef Mario Dumont se prononce en effet en faveur d'un ralliement autour de Gérard Deltell, un « candidat talentueux », selon lui.

Jean Allaire, cofondateur de l'ADQ avec M. Dumont, abonde dans le même sens. En entrevue à RDI, M. Allaire affirme que l'unité du parti est « refaisable », car le parti a « survécu à des pronostics comme ceux-là, depuis 15 ans, au moins une fois par année ».

L'ex-candidat à la direction du parti Christian Lévesque souhaite aussi le couronnement de Gérard Deltell, afin d'arrêter ce « mauvais vaudeville ».

Élu, M. Deltell a, selon Christian Lévesque, le respect des adéquistes et une compréhension du domaine journalistique. Il a en effet travaillé pendant deux décennies sur la colline Parlementaire.

L'ADQ en déclin

ADQ
Le 8 décembre 2008, lors des élections générales, l'Action démocratique du Québec perd son statut d'opposition officielle et se retrouve avec seulement sept députés à l'Assemblée nationale. Le parti en comptait 41 après le scrutin général précédent, le 26 mars 2007.

Le soir même, le chef de l'ADQ, Mario Dumont, annonce sa démission comme chef qui sera officialisée le 24 février 2009. Une course à la direction sera lancée par la suite.

Le 22 juin 2009, l'ADQ perd la circonscription de Rivière-du-Loup, l'ancien fief de M. Dumont, aux mains du Parti libéral du Québec, représenté par l'ancien maire de la ville, Jean D'Amour. L'ADQ compte six députés à l'Assemblée nationale.

Le 18 octobre 2009, à l'issue d'une course à la direction marquée par un affrontement très dur entre l'ex-député Gilles Taillon et le député Éric Caire, M. Taillon est élu chef de l'ADQ avec seulement deux voix de majorité.

Le 22 octobre 2009, un reportage de l'émission Infoman révèle que l'animateur Jean-René Dufort a enregistré un faux vote pour Gilles Taillon, au nom du défunt président gabonais Omar Bongo. De deux votes, la majorité de M. Taillon passe à une seule voix.

Le 28 octobre 2009, Gilles Taillon, qui ne siège pas au Parlement, choisit le député François Bonnardel pour diriger l'aile parlementaire de l'ADQ, donc pour être son représentant à l'Assemblée nationale.

Coup d'éclat le 6 novembre 2009, les députés Éric Caire et Marc Picard annoncent qu'ils quittent l'ADQ pour siéger comme indépendants à l'Assemblée nationale. Le même jour, on apprend que le président de l'ADQ, Mario Charpentier, a soutenu financièrement la campagne de Gilles Taillon.

L'ADQ ne compte plus que quatre députés à l'Assemblée nationale, soit François Bonnardel, Sylvie Roy, Gérard Deltell et Janvier Grondin.

Le 9 novembre 2009, le Parti libéral et le Parti québécois se disent prêts à accueillir MM. Caire et Picard dans leurs rangs, tandis que le député Gérard Deltell laisse planer un certain doute sur son avenir, en assistant à une présentation du premier ministre Jean Charest dans sa circonscription de Chauveau. Le soir même, Mario Charpentier annonce qu'il démissionne de la présidence de l'ADQ.

Le bureau de l'Assemblée nationale devra trancher sous peu sur le statut de l'ADQ. En vertu des règles actuelles, pour avoir un statut officiel, un parti doit avoir obtenu 20 % du vote ou fait élire 12 députés. Un projet de loi à l'étude ferait passer ces critères à 15 % et 6 députés.

Avec les informations de La Presse canadienne

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