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Firefox souffle cinq bougies

Le logo de Firefox
Florent Daudens

Le navigateur revendique 330 millions d'utilisateurs dans le monde, ce qui en fait le principal concurrent d'Internet Explorer, édité par Microsoft.

Le navigateur Internet Firefox souffle lundi ses cinq bougies. Mais malgré son jeune âge, il revendique 330 millions d'utilisateurs dans le monde, ce qui en fait le principal concurrent d'Internet Explorer, édité par Microsoft.

Le 9 novembre 2004 naissait Firefox 1.0, sur les cendres de Netscape en quelque sorte. En effet, AOL abandonne ce navigateur devant la concurrence de Microsoft. Quelques employés licenciés fondent alors la fondation Mozilla et reprennent le code source de Netscape disponible librement depuis 1998.

Cet aspect de code source fait toujours partie de son ADN, puisqu'aujourd'hui encore, Firefox demeure un logiciel libre (utilisable et modifiable par tous). Une communauté de développeurs et de testeurs oeuvrent ainsi à améliorer le produit bénévolement.

Onglets, bloqueur de fenêtres...

Après un Mozilla 1.0, les développeurs misent sur un navigateur plus léger, initialement baptisé Phoenix et qui deviendra Firefox. « Outre le fait qu'il soit à code source ouvert et qu'on puisse donc le faire fonctionner sur à peu près n'importe quelle plateforme, il est rapide et exige peu de mémoire de l'ordinateur », estime Michel Dagenais, directeur du département de génie informatique et logiciel de l'École polytechnique de Montréal.

Et dès le départ, le navigateur suscite l'enthousiasme avec des fonctionnalités, comme la navigation par onglet, un anti pop-up, un lecteur RSS, etc. Plusieurs y voient aussi une bouffée d'air frais face à la concurrence d'Internet Explorer, devenu seul sur le marché.

Il y avait beaucoup moins de trous de sécurité sur Firefox. En terme de vitesse, Internet Explorer avait vraiment laissé aller les choses. Il était beaucoup plus gros, beaucoup plus lourd et beaucoup moins rapide. Aujourd'hui, Microsoft est en train de se rattraper tranquillement.

Michel Dagenais, directeur du département de génie informatique et logiciel de l'École polytechnique de Montréal

Cela pour atteindre 24 % des parts de marché fin 2009. La version 3.0 de ce navigateur, lancée en juin 2008, a d'ailleurs été téléchargée plus de 8 millions de fois en une journée. Une version 3.6 est prévue bientôt.

Vers un dixième anniversaire?

Reste à voir comment Firefox évoluera. En plus d'un Internet Explorer amélioré dans ses dernières versions et d'Opera, le navigateur au renard doit maintenant affronter la concurrence de Safari (conçu par Apple) et de Chrome (signé Google). Fait à noter, ce dernier finance à 85 % la fondation Mozilla.

Aujourd'hui, il y a Safari pour Windows, Microsoft s'est réveillé et maintenant, Google. À côté de nous, ce sont des monstres en termes de capitalisation boursière, de réserve en cash, d'employés, etc. C'est une concurrence asymétrique, et ce n'est pas reposant! Même si on l'a voulu. Maintenant, notre objectif n'est pas de dominer le marché. On est au service d'une mission: faire qu'Internet, qu'on considère comme un bien commun, s'épanouisse et soit au service des gens.

Le président de Mozilla Europe, Tristan Nitot, à Libération

Le marché des navigateurs pour les téléphones intelligents constitue aussi un défi de taille. Mozilla planche actuellement sur Fennec, un navigateur dédié. Ce dernier n'aura toutefois pas l'avantage d'être installé par défaut sur les téléphones, contrairement à ceux d'Apple, Microsoft et Google, qui se sont tous lancés dans la conception de systèmes d'exploitation pour ce type de téléphone. « En 2004, cela n'avait cependant pas empêché Firefox de devenir graduellement le numéro deux du secteur », note Le Monde.