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Caire et Picard partent

Marc Picard et Éric Caire annonçant qu'ils quittent l'Action démocratique du Québec

Marc Picard et Éric Caire

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

En désaccord avec le nouveau chef adéquiste Gilles Taillon, les deux députés annoncent qu'ils siégeront dorénavant en tant qu'indépendants. Le chef de l'aile parlementaire de l'ADQ, François Bonnardel, défend la pertinence de son parti.

Rien ne va plus à l'Action démocratique du Québec.

En conférence de presse, vendredi, les députés Éric Caire, candidat défait dans la course à la direction du parti, et Marc Picard ont annoncé qu'ils quittaient les rangs adéquistes pour siéger comme indépendants à l'Assemblée nationale.

MM. Caire et Picard, représentant respectivement les circonscriptions de La Peltrie et de Chutes-de-la-Chaudière, ont expliqué que la vision du nouveau chef de l'ADQ, élu avec seulement une voix de majorité, n'était pas la leur.

[Gilles Taillon] m'a demandé de ne pas lui nuire dans son travail de sape de l'ADQ, ce que je refuse de faire.

Éric Caire

Émotif, M. Caire a laissé entendre qu'il s'agissait d'une décision difficile. « C'est tough, ça fait 10 ans que je suis à l'ADQ. [pause] Mais ce n'est plus le parti auquel j'ai adhéré. En mon âme et conscience, je ne peux pas continuer », a-t-il déclaré.

Éric Caire a lancé un appel aux « lucides », un groupe de réflexion de droite comprenant notamment les ex-péquistes Lucien Bouchard et Joseph Facal, pour qu'ils « se réveillent ».

Marc Picard a déclaré que malgré la perte de deux députés, ce qui porte sa représentation à quatre, l'ADQ pourrait conserver son statut de deuxième groupe parlementaire et les fonds qui l'accompagnent.

François Bonnardel, député de l'ADQ

François Bonnardel

En point de presse, le chef de l'aile parlementaire de l'ADQ, François Bonnardel, a déclaré qu'il trouvait « extrêmement dommage » que les deux députés annoncent leur défection, mais qu'il fallait regarder en avant.

M. Bonnardel a affirmé que l'ADQ était une alternative politique nécessaire pour le Québec. Il a assuré qu'il s'agissait toujours d'un parti reconnu qui continuerait de poser des questions à l'Assemblée nationale et se battrait pour préserver l'héritage laissé par son fondateur Jean Allaire et son ex-chef Mario Dumont.

Toutefois, rien n'est décidé à l'avance quant au statut futur de l'ADQ, puisqu'il n'y a pas de précédent à cette situation. Le bureau de l'Assemblée nationale devra trancher sous peu.

En vertu des règles actuelles, un parti, pour avoir un statut officiel, doit avoir obtenu 20 % du vote ou fait élire 12 députés. Un projet de loi actuellement à l'étude ferait passer ces critères à 15 % et 6 députés.

Pour sa part, le chef Gilles Taillon n'a pas voulu faire de commentaires dans l'immédiat. Notons que M. Taillon doit subir des traitements pour un cancer de la prostate.

Le choix du président

Le clan Caire, comme on appelle l'entourage de l'ex-candidat à la direction, avait d'abord demandé la démission du président de l'ADQ, Mario Charpentier, après qu'il eut été révélé que celui-ci a appuyé et contribué financièrement à la campagne de Gilles Taillon.

TVA avait diffusé jeudi l'enregistrement d'une conversation téléphonique de M. Charpentier, dans laquelle on l'entend dire qu'il avait remis deux dons de 3000 $ chacun à « Frank », pour appuyer M. Taillon.

Or, selon un avis du comité exécutif du parti annoncé en mars dernier, le président de l'ADQ devait s'abstenir de soutenir un candidat dans la course à la direction.

Dans une déclaration écrite, M. Charpentier a affirmé qu'il avait toujours eu l'intention de faire un don à Gilles Taillon, comme le lui permettait son « devoir de réserve ».

François Bonnardel, qui appuyait la candidature de Gilles Taillon, a confirmé qu'il était bien le « Frank » cité dans l'appel, mais « dans une certaine mesure ». Bombardé de questions, il a martelé que Mario Charpentier et son épouse n'avaient pas officiellement émis de chèques à l'intention de M. Taillon, et que les frais de celui-ci avaient été remboursés à même son fonds de campagne.

Cité par La Presse canadienne, l'autre candidat à la direction, Christian Lévesque, a estimé que ces nouvelles révélations jetaient le discrédit sur son parti, ce qui lui faisait remettre en question son adhésion.

Rappelons que l'émission Infoman a révélé récemment que Gilles Taillon avait bénéficié d'un vote bidon du défunt président gabonais Omar Bongo pour obtenir le poste de chef de l'ADQ. De deux voix, sa majorité a donc été réduite à une.

M. Taillon a par la suite nommé François Bonnardel pour diriger l'aile parlementaire de l'ADQ, confirmant du même coup qu'il avait refusé un système de cogestion du parti proposé par Éric Caire.

À l'issue des élections générales du 8 décembre 2008, l'ADQ s'est retrouvé avec seulement 7 sièges, lui qui en avait remporté 41, le 26 mars 2007, pour alors former l'opposition officielle.

Avec les informations de La Presse canadienne