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L'opposition se fait accusatrice

Michael Ignatieff
Michael Ignatieff Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Radio-Canada

À la demande des libéraux, les députés des Communes se sont réunis d'urgence lundi en soirée pour débattre des moyens d'aborder cette situation exceptionnelle. L'opposition accuse le gouvernement de mal gérer la crise.

Tandis qu'une deuxième vague de grippe A (H1N1) a débuté, que les files d'attente s'allongent et que certaines provinces font face à une pénurie de vaccins, la Chambre des communes s'est réunie d'urgence, lundi soir, pour débattre de la gestion de la campagne de vaccination.

Le président de la Chambre, le libéral Peter Milliken, a donné le feu vert à cette procédure exceptionnelle, acquiesçant à la requête de la porte-parole du Parti libéral en matière de santé, Carolyn Bennett, qui était appuyée par le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocrate.

L'opposition impute au gouvernement Harper les ratés de cette campagne de vaccination, parfois chaotique, qui s'est amorcée la semaine dernière.

« Ce gouvernement a échoué depuis le début de la crise », a soutenu le chef libéral, Michael Ignatieff, allant jusqu'à parler d'incompétence. « Au lieu d'assumer ses responsabilités, le gouvernement blâme tout le monde, il blâme la compagnie pharmaceutique [...], il blâme les provinces et les territoires, disant que la responsabilité des soins de santé n'est pas de son ressort. [...] Les épidémies ne se préoccupent pas des juridictions. »

La ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, a répliqué que des milliers de Canadiens se faisaient vacciner, que tous ceux qui le désireraient le seraient également et que le plan de vaccination était basé sur « plusieurs années de collaboration avec les provinces, les territoires et la communauté médicale.

Peu avant, la libérale Carolyn Bennett avait pour sa part dénoncé la décision du gouvernement conservateur d'avoir décidé de produire le vaccin sans adjuvant, c'est-à-dire celui destiné aux clientèles prioritaires comme les femmes enceintes, retardant ainsi la production du vaccin avec adjuvant qui servira à l'ensemble de la population.

Bob Rae, député libéral de Toronto-Centre

Mardi matin, en entrevue avec René Homier-Roy à l'antenne de Radio-Canada, le libéral Bob Rae a ajouté de l'eau au moulin des critiques en répétant que bien que les provinces aient un rôle majeur à jouer dans la stratégie de vaccination, le fédéral demeure ultimement responsable de l'approvisionnement des doses. En optant pour le recours à une firme pharmaceutique unique, juge Bob Rae, Ottawa a causé des problèmes de retards.

En après-midi lundi, la grippe A (H1N1) avait déjà monopolisé la période de questions. Certains députés ont déploré le fait que des cliniques privées permettaient à des gens fortunés d'avoir le vaccin. « Pourquoi les femmes enceintes devraient-elles attendre debout pendant des heures pendant que des riches peuvent accéder à une clinique privée de Toronto? », a demandé la députée néo-démocrate Judy Wasylycia-Leis. Ce sont les provinces et non Ottawa qui sont responsables des soins de santé, a rétorqué la ministre.

Répondant aux critiques adressées à sa collègue, le ministre des Transports, des Infrastructures et des Collectivités, John Baird, a soutenu qu'il était « très heureux de rapporter que, sur une base per capita, le Canada compte plus de vaccins H1N1 que tout autre pays dans le monde ». La ministre Aglukkaq a par la suite assuré que « tous les Canadiens qui veulent le vaccin pourront le recevoir d'ici Noël ».

Depuis le printemps dernier, le virus H1N1 a causé la mort de 95 personnes au Canada.

Trop peu de vaccins

Le fabricant québécois du vaccin, GlaxoSmithKline, a indiqué qu'il ne livrerait cette semaine à Ottawa que quelque 620 000 doses de vaccins, comparativement aux deux millions de doses offertes de façon hebdomadaire depuis trois semaines, ce qui fait amène l'opposition à craindre une pénurie.

L'Alberta fait face à une pénurie de vaccins qui l'a obligée à suspendre temporairement toutes les cliniques de vaccination. La semaine dernière, la province avait décidé de vacciner tous ceux qui le voulaient même s'ils ne faisaient pas partie des groupes jugés à risque.

Le Manitoba a de son côté dû suspendre temporairement ses programmes de vaccination à Winnipeg et dans certaines autres régions de la province.

Les autorités de Saskatchewan disent avoir suffisamment de vaccins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, mais pas pour les autres groupes à risque.

Campagne publicitaire au Québec

Publicités à l'appui, le gouvernement du Québec amorce lundi sa campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1) dans plusieurs régions du Québec.

Déjà disponible sur Internet, la liste des centres de vaccination a été publiée dans les grands quotidiens, des messages sont diffusés à la radio et des dépliants seront distribués dans les foyers québécois.

Des centres de vaccination ont notamment ouvert leurs portes dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Montérégie, pour les clientèles prioritaires, soit:

  • les femmes enceintes de plus de 20 semaines et celles souffrant d'une maladie chronique
  • les enfants de 6 mois à 4 ans et 11 mois
  • les personnes immunosupprimées
  • les parents d'enfants de moins de 6 mois et les proches de personnes immunosupprimées
File d'attente devant un centre de vaccination de l'arrondissement de Saint-HubertDes personnes attendent devant un centre de vaccination de l'arrondissement Saint-Hubert, à Longueuil.

En point de presse à Montréal, le premier ministre Jean Charest et le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, ont déclaré que l'opération de vaccination se déroulait de façon satisfaisante, malgré certaines disparités entre les régions.

À Montréal, par exemple, la vaccination des personnes à risque ne débutera que vendredi. Le ministre Bolduc a expliqué qu'il y avait beaucoup plus de travailleurs de la santé à vacciner dans la métropole comparativement aux autres régions. M. Bolduc a dit qu'il était confiant que Montréal réussisse à rattraper son retard.

Le ministre Bolduc a défendu la décision de Québec d'assumer la pleine responsabilité de la campagne de vaccination. Il a estimé que les récentes pénuries de vaccins en Alberta et en Ontario, et la décision des autorités de ces provinces de se limiter aux clientèles prioritaires lui donnaient raison.

Samedi, le ministre Bolduc, et le directeur de la Santé publique, le Dr Alain Poirier, ont lancé un appel au civisme et au respect de l'ordre de priorité dans la vaccination au Québec.

Un appel réitéré lundi par le premier ministre. « Je constate que partout il y a des difficultés, compte tenu de la tâche et du coefficient de difficulté. Alors au Québec, on demande aux gens de suivre les consignes et de respecter le fait que nous y allons d'abord avec les groupes prioritaires », a déclaré Jean Charest.

Controverse en Ontario

En Ontario, la ministre de la Santé enquêtera pour savoir pourquoi une clinique privée de Toronto a reçu des vaccins, alors qu'il n'y a pas suffisamment de doses pour les groupes à risque.

La clinique MedCan, où les coûts d'adhésion sont élevés, a reçu 3000 doses du vaccin contre la grippe H1N1.

La ministre de la Santé n'a pas l'intention d'empêcher la distribution du vaccin dans les cliniques privées. Elle explique ne pas vouloir contredire la décision de la médecin en chef de la province au moment où la pression est forte sur les autorités de la santé, mais elle promet de faire la lumière sur la pratique une fois que la situation se sera calmée.

L'opposition à Queen's Park a dénoncé la situation.

Un peu partout au Canada

À Terre-Neuve-et-Labrador, les autorités ont confirmé un premier décès lié à la grippe A (H1N1), celui d'une femme de 36 ans qui souffrait déjà de problèmes de santé.

La mort, liée à la grippe, d'une femme de 26 ans souffrant de problèmes de santé chroniques a été confirmée en Outaouais. Toujours dans la même région, la définition des groupes prioritaires a été élargie à Gatineau.

Dans le Bas-Saint-Laurent, la vaccination débutera mercredi dans la MRC de Rimouski-Neigette. À Saguenay, des centaines de personnes attendaient l'ouverture du centre de vaccination du hangar du Vieux-Port dans le secteur Chicoutimi, lundi.

Le Manitoba met l'accent sur les clientèles à risque, en raison d'une pénurie de vaccins.

Les enfants de 6 mois à 5 ans et les femmes enceintes peuvent maintenant être vaccinés en Saskatchewan.

En Alberta, les centres de vaccination devraient rouvrir mardi, une pénurie de vaccins ayant forcé leur fermeture samedi. En Colombie-Britannique, la campagne a repris lundi, après une pause durant le week-end.

Pour s'informer sur la grippe A (H1N1) au Québec, consulter le site www.pandemiequebec.gouv.qc.ca (Nouvelle fenêtre). Pour évaluer si vous devez vous rendre à l'urgence, contacter Info-Santé, au 8-1-1. Pour des renseignements sur la vaccination, composer le numéro de Services Québec, soit le 1 877 644-4545.

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Avec les informations de La Presse canadienne