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Tremblay malgré tout

Radio-Canada

Les scandales et les allégations de corruption et de collusion n'auront pas réussi à déboulonner le maire sortant de Montréal: avec 37,5 % des votes, il coiffe Louise Harel et Richard Bergeron au fil d'arrivée et décroche un troisième mandat.

Les allégations de conflits d'intérêts, de collusion, de corruption et de malversations, pas plus que les liens occultes entre élus, hauts fonctionnaires et magnats de la construction, n'auront pas suffi à entraîner un changement de garde à la maire de Montréal.

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, célèbre sa troisième élection à la mairie, le 2 novembre 2009.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, célèbre sa troisième élection à la mairie, le 2 novembre 2009.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Profitant de la division du vote entre ses deux principaux adversaires, Louise Harel et Richard Bergeron, le maire sortant Gérald Tremblay a réussi à décrocher un troisième mandat à la tête de la métropole du Québec.

Avec plus de 141 000 voix, Gérald Tremblay a obtenu 37,5 % des suffrages, un résultat suffisant pour qu'il soit élu, mais qui n'en demeure pas moins beaucoup plus faible qu'il y a quatre ans. En 2005, il avait obtenu 53,5 % des appuis.

Sa principale adversaire, l'ex-ministre péquiste Louise Harel a récolté un peu plus de 124 000 votes (32,86 %), tandis que Richard Bergeron, longtemps relégué loin derrière, a été le choix d'environ 97 000 électeurs, soit un sur quatre.

Selon Élections Montréal, 391 788 des 1 100 206 électeurs inscrits se sont prévalus de leur droit de vote, pour un taux de participation de 35,61 %. À 11h, lundi, Élections Montréal était toujours incapable de donner les résultats en provenance de 431 des 4517 bureaux de vote, soit près de 10 % d'entre eux.

M. Tremblay fera face à une opposition d'une force qu'il n'a pas encore connue, mais son parti, Union Montréal, devrait demeurer majoritaire à l'hôtel de ville, composé des 46 conseillers municipaux et de 18 maires d'arrondissement.

Trois des poids lourds de l'équipe Tremblay ont subi la défaite, soit Michel Labrecque, président de la Société de transport de Montréal et candidat à la mairie d'arrondissement du Plateau Mont-Royal, André Lavallée, candidat à la mairie d'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie et Marcel Tremblay, frère du maire, qui briguait la mairie de l'arrondissement Villeray/Saint-Michel/Parc Extension.

Sammy Forcillo, membre du comité exécutif et conseiller dans l'arrondissement Ville-Marie, de même que Claude Dauphin, maire de Lachine et président sortant du comité exécutif, ont toutefois été réélus, tout comme Luis Miranda, maire d'Anjou. Ce dernier avait été égratigné, lui aussi, par des révélations du quotidien La Presse la semaine dernière.

« Ce n'est pas le temps des grands discours. »

« Les Montréalais m'ont réitéré leur confiance, a déclaré le maire Tremblay, la voix éraillée et la mine fatiguée. J'ai une pensée particulière pour les candidats défaits d'Union Montréal. Je connais votre engagement et votre dévouement, merci d'avoir fait équipe avec nous. »

Le maire Tremblay a remercié sa femme et ses deux enfants, dont l'amour, a-t-il précisé, lui a été d'un grand secours durant cette campagne. Gérald Tremblay a aussi remercié son frère, Marcel Tremblay, candidat défait dans l'arrondissement Villeray-St-Michel-Parc-Extension.

Gérald Tremblay a reconnu que le plus grand défi de ce troisième mandat sera de redonner confiance aux Montréalais dans leur administration municipale.

« Les Montréalais ont été fortement secoués par les événements des derniers mois et particulièrement des dernières semaines, a déclaré Gérald Tremblay. Leur confiance a été mise à rude épreuve. Les citoyens veulent des changements et nous incarnons ce changement. »

Montréal doit être exemplaire à tous les égards, notamment en ce qui touche l'intégrité de ses institutions et de ses élus.

Gérald Tremblay
Richard Bergeron, chef de Projet MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Richard Bergeron, chef de Projet Montréal

Louise Harel et Richard Bergeron, deux candidats, deux défaites différentes

Pour Richard Bergeron, cette défaite a des allures de victoire, puisque le chef de Projet Montréal remporte 25 % des voix. En 2005, il n'avait eu droit qu'à 9 % des suffrages.

Cette stupéfiante remontée permet à l'équipe de Richard Bergeron de prendre la direction, notamment, de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, avec Luc Ferrandez comme maire. Luc Ferrandez a eu raison d'un gros canon du maire Tremblay, Michel Labrecque.

« J'aimerais féliciter Gérald Tremblay pour sa victoire, a déclaré Richard Bergeron dans son discours. La population a parlé. Elle nous a donné 25 % des voix et probablement une dizaine d'élus. Gérald Tremblay a gagné cette élection et je l'en félicite. »

Avec un sourire, Richard Bergeron s'est dit quelque peu vexé de terminer troisième derrière Louise Harel, qu'il a tenu cependant à féliciter pour sa campagne.

Jamais plus la population montréalaise n'acceptera que se reproduise ce qu'on a vécu ces quatre dernières années, et ça, c'est une contribution de Projet Montréal.

Richard Bergeron, de Projet Montréal

« Une campagne propre, avec un financement populaire », a lancé Louise Harel

C'est une Louise Harel tout de vert vêtue et combative, malgré la défaite, qui s'est présentée devant ses partisans, accompagnée de ses petits-enfants.

« Nous pouvons être légitimement déçus du taux de participation à cette campagne, qui était un rendez-vous important pour les Montréalais. J'aurais beaucoup aimé que les Montréalais optent pour le changement. Mais constatons qu'ils n'ont pas voté pour le statu quo, puisque les deux tiers des électeurs ont refusé le statu quo », a-t-elle déclaré avant de lancer un bref message en anglais.

Louise Harel concède la défaite, mais elle affirme que ses troupes doivent rester vigilantes pour que les changements qu'elles réclament se réalisent. « Mettre fin à la corruption, à la collusion, à la sous-traitance trop chère, à ce système que nous devons démanteler. Nous allons continuer et vous allez continuer », a-t-elle dit dans son discours.

Je félicite Gérald Tremblay de cette victoire et j'assure Richard Bergeron, puisqu'il a l'intention de le faire aussi, que nous allons nous retrouver à l'hôtel de ville pour réclamer ces virages importants.

Louise Harel, chef de Vision Montréal

L'éthique et encore l'éthique

Tout au long de la campagne, les manchettes ont volé la vedette aux candidats, qui devaient promptement réajuster leur discours respectif. Au bout du compte, tant Gérald Tremblay que ses rivaux, Louise Harel et Richard Bergeron, n'auront parlé essentiellement que d'une chose: l'éthique.

En plus des multiples révélations concernant des conflits d'intérêts, de la collusion et de la corruption, le rapport du vérificateur général de la Ville de Montréal sur le contrat de remplacement des compteurs d'eau est aussi venu ponctuer la campagne.

Trop vite, trop gros, trop cher, avait tranché en substance le vérificateur sur ce contrat de 356 millions de dollars accordé au consortium GENIeau, dont faisait partie le controversé entrepreneur Tony Accurso.

Le 23 septembre dernier, le maire Tremblay se résignait à annuler ce contrat, le plus important accordé dans l'histoire de la Ville de Montréal.

Et le maire Tremblay, maintenant reporté au pouvoir à l'hôtel de ville, n'a pas fini d'aborder ces sujets épineux, car des enquêtes policières sont en cours. L'issue éventuelle de ces enquêtes pourrait de nouveau le mettre sur la sellette.

De plus, deux défis attendent le maire: l'imposant déficit de la ville et le renouvellement du contrat de travail avec le puissant syndicat des cols bleus. M. Tremblay a tenu la ligne dure jusqu'ici devant le syndicat.

Avec les informations de La Presse canadienne