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Le journaliste Taoufik Ben Brick emprisonné

Le journaliste Taoufik Ben Brick lors d'une conférence de presse au Parlement européen en 2006

Le journaliste Taoufik Ben Brick lors d'une conférence de presse au Parlement européen en 2006

Photo : AFP / Franck Fife

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le journaliste et dissident Taoufik Ben Brick est incarcéré pour une présumée agression. Son avocat estime qu'il paye pour ses articles lors des élections présidentielles.

Le journaliste et dissident tunisien Taoufik Ben Brick a été incarcéré jeudi soir pour une présumée agression contre une femme.

Selon son avocat, Me Nejib Chebbi, le journaliste a été présenté au parquet en l'absence de ses avocats et de sa famille, puis écroué à la prison de Mornaguia, à 30 km de Tunis. Il risque jusqu'à cinq ans de prison. Le jugement est fixé au 19 novembre.

M. Ben Brick a été inculpé à la suite d'une « plainte pour agression, atteintes aux bonnes moeurs et dégradation de biens, déposée par une femme avec laquelle il a eu une altercation », selon la justice tunisienne.

Vendredi, le ministère français des Affaires étrangères a fait savoir que les capitales européennes discutaient de la situation du journaliste.

Reporters sans frontières (RSF) et le Parti des verts, à Paris, estiment que cette affaire est « une manipulation » du régime tunisien à l'égard duquel le journaliste s'est montré critique. Selon Me Chebbi, « la seule explication [à cette affaire] se trouve dans la série d'articles publiés récemment par le journaliste dans la presse française ».

Le frère du journaliste a expliqué dans une entrevue au quotidien algérien El Watan que « le régime [tunisien] a décidé de ne plus faire de procès politique contre ses opposants. Il a trouvé un moyen indirect de les faire taire. On leur colle des procès de droit commun pour les mettre en prison. »

Taoufik Ben Brick est devenu célèbre en 2000 lorsqu'il s'était mis en grève de la faim pour protester contre le régime tunisien. Sa grève avait duré six semaines et mobilisé les ONG internationales. Le régime, à l'époque, a accepté de délivrer un passeport au journaliste pour qu'il se rende en France.

Un autre journaliste agressé

Par ailleurs, RSF fait état de l'agression contre un autre journaliste, Slim Boukhdhir, par « cinq hommes en civil dans le quartier du Bardo, à Tunis, alors qu'il descendait de taxi pour rentrer à son domicile ». Une agression qu'ont également rapportée l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme et le Réseau euroméditerranéen des droits de l'homme, en exprimant leur « plus vive inquiétude » à la suite de ces « actes de harcèlement ».

« L'arrestation de Taoufik Ben Brik et l'agression contre Slim Boukhdhir constituent des violations inacceptables de la liberté d'expression », a estimé Reporters sans frontières, appelant la communauté internationale à « réagir face à ces agissements dignes d'un régime mafieux, au lendemain de la réélection de Zine el-Abidine Ben Ali » à la tête du pays.

Au pouvoir depuis 22 ans, M. Ben Ali, 73 ans, a été réélu dimanche pour un nouveau mandat de cinq ans, obtenant 89,62 % des voix.

Lundi, les États-Unis ont qualifié de « préoccupante » cette réélection, mettant en avant l'absence d'observateurs internationaux durant le scrutin. Des partis d'opposition ont dénoncé mercredi des « irrégularités ».

Les autorités tunisiennes parlent d'élections dans « un climat de liberté et de transparence », suivies par 31 « observateurs indépendants ».

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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