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Vaccination au ralenti

Clinique de vaccination dans un centre d'achats de Winnipeg
Clinique de vaccination dans un centre d'achats de Winnipeg vendredi dernier Photo: La Presse canadienne / Winnipeg Free Press/Mike Aporius
Radio-Canada

GlaxoSmithKline doit consacrer une partie de ses efforts à la production de vaccins sans adjuvant destinés aux femmes enceintes, réduisant ainsi le nombre de doses disponibles pour le reste de la population la semaine prochaine.

La ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq, a dû admettre vendredi qu'il y aurait une baisse importante du nombre de vaccins livré aux provinces et territoires, la semaine prochaine.

Le fabricant des vaccins contre la grippe A (H1N1), GlaxoSmithKline, ne pourra livrer que 600 000 vaccins, soit 10 fois moins que les 6 millions de doses qui ont déjà été distribuées au pays. La compagnie devait originalement en expédier deux à trois millions supplémentaires par semaine.

GlaxoSmithKline doit ralentir sa production de vaccins avec adjuvant, destinés à la population en général, après que le gouvernement fédéral lui eut demandé de prioriser la production de vaccins sans adjuvant, destinés spécifiquement aux femmes enceintes. Une des chaînes de production sera en effet utilisée pour produire le vaccin sans adjuvant, ce qui limite la production du vaccin pour le grand public.

Selon le médecin en chef de l'Agence de la santé publique du Canada, David Butler-Jones, le rythme de 3 millions sera atteint après que les vaccins sans adjuvant auront été produits. « Je sais que certaines [autorités provinciales] pensent à ce moment-ci annuler certaines de leurs cliniques de vaccination, au moins pour la semaine prochaine », a-t-il affirmé.

La plupart des provinces ont dit craindre une pénurie de vaccins au cours de la semaine prochaine. Plusieurs d'entre elles, dont le Nouveau-Brunswick et l'Ontario, ont d'ailleurs annoncé qu'elles restreindraient la vaccination aux personnes faisant partie des groupes prioritaires.

Les autorités n'ont pas été pas en mesure d'expliquer pourquoi elles n'avaient pas été mises au courant plus tôt de cette baisse de production. La situation ne leur a été confirmée que jeudi soir, selon le Dr Butler-Jones.

Danielle Grondin, médecin et sous-ministre adjointe à l'Agence de santé publique du Canada, indique toutefois que les autorités provinciales ont rapidement été mises au courant pour qu'elles puissent s'ajuster.

Aussitôt que nous avons été informés qu'il y aurait moins de vaccins la semaine prochaine, les provinces et territoires ont été immédiatement informés pour qu'ils puissent réajuster et cibler leur façon de procéder.

Danielle Grondin, de l'Agence de santé publique du Canada

La ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq, défend le fait que cette campagne d'immunisation - la plus importante dans l'histoire du Canada - est exceptionnelle et que des ajustements sont nécessaires au jour le jour. « Ce n'est pas une tâche facile. C'est un immense défi d'offrir le vaccin à 30 millions de Canadiens et nous en sommes à la cinquième journée », a-t-elle souligné.

Les autorités de la santé publique promettent que tous les Canadiens qui veulent se faire vacciner pourront le faire d'ici Noël.

Popularité problématique

Le Dr Butler-Jones, qui remarque que la demande du public a été très forte lors de la première semaine de cette campagne de vaccination, appelle la population à faire preuve de patience.

C'est important que les doses de vaccins aillent aux groupes à risque en premier lieu. Nous demandons aux gens d'être patients pour que les vaccins aillent aux gens qui en ont le plus besoin.

David Butler-Jones, de l'Agence de santé publique du Canada

Au cours des derniers jours, les cliniques de vaccination ont été submergées par des citoyens qui ne font pas partie des groupes prioritaires. Pour le moment, les femmes enceintes, les jeunes enfants et les malades chroniques sont priorisés.

Des débordements d'un océan à l'autre

Au Canada, les gens désireux de recevoir le vaccin contre la grippe A (H1N1) continuent d'affluer dans les centres de vaccination.

Au Nouveau-Brunswick, la pénurie de vaccins et la forte affluence ont entraîné la suspension de la campagne de vaccination dans le sud-est de la province, vendredi. En Nouvelle-Écosse, l'hôpital pour enfants IWK d'Halifax a annulé toutes les chirurgies non prioritaires pour les femmes et les enfants.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il y a de plus en plus de confusion dans les centres de vaccination. À Québec, une infirmière ayant fait une réaction allergique a suscité une certaine inquiétude.

Le centre de vaccination de Saint-Eustache, au nord de Montréal, assailli depuis jeudi par une foule importante, exige maintenant une preuve de résidence des personnes qui s'y présentent. En Montérégie, les travailleurs de la santé ont bien répondu à l'appel durant la première phase de la vaccination.

Après l'invitation à la patience lancée la veille par le premier ministre Jean Charest, le ministre de la Santé du Québec a indiqué vendredi que le problème de files d'attente dans plusieurs régions serait résolu par l'émission de coupons permettant aux gens de revenir plus tard. De passage à Gatineau, Yves Bolduc a aussi affirmé que les Centres de santé et de services sociaux pouvaient refuser de vacciner les clientèles non prioritaires.

En Ontario également, les autorités ont lancé un appel au calme. À Toronto, le virus H1N1 a fait son apparition à l'Hôpital pour enfants malades.

En Alberta, des centres de triage ont été mis en place à Calgary et Edmonton pour désengorger les hôpitaux.

Révélation étonnante

Le directeur de la santé publique du Québec, le Dr Alain Poirier affirme que le jeune Ontarien de 13 ans, que l'on croyait mort du H1N1, cette semaine, aurait plutôt succombé à une méningite. M. Poirier a fait cette déclaration, vendredi, lors de l'émission 24 heures en 60 minutes, animée par Anne-Marie Dussault.

L'information n'a pu être confirmée auprès des autorités ontariennes. L'adolescent participait à un tournoi de hockey samedi dernier. Il est tombé malade subitement et il est mort deux jours plus tard.

Un adjuvant sécuritaire pour les femmes enceintes

L'Organisation mondiale de la santé a indiqué vendredi que l'utilisation du vaccin avec adjuvant était sécuritaire pour les femmes enceintes, mais qu'elle laissait les autorités des différents pays décider de son utilisation. Au Canada, la version sans adjuvant est privilégiée pour les femmes enceintes de moins de 20 semaines.

L'Agence canadienne de la santé publique recommande par ailleurs d'injecter deux doses, espacées de trois semaines, aux enfants de 6 mois à 10 ans, mais le Dr David Butler-Jones a indiqué que les autorités étudiaient maintenant la possibilité d'adopter une approche de dose unique.

Les autorités canadiennes ont autorisé l'utilisation du vaccin Arepanrix de GlaxoSmithKline, un vaccin auquel on ajoute un adjuvant, l'AS03, dont la Suisse a restreint l'usage.

Bien que l'adjuvant AS03 « n'ait jamais été utilisé dans un vaccin homologué au Canada, des essais cliniques avec cet adjuvant [...] ont donné lieu à un corpus de données sur l'innocuité et l'immunogénicité [capacité d'induire une réaction immunitaire] des vaccins contenant l'AS03 », peut-on lire dans un document (Nouvelle fenêtre) de l'Agence de la santé publique du Canada.

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Avec les informations de La Presse canadienne