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L'éléphant blanc d'Hydro-Québec

La centrale thermique de Bécancour
Radio-Canada

En 2004, la société d'État a fait construire par l'entreprise privée une centrale thermique qui ne produit plus rien depuis janvier 2008.

Bécancour a-t-il son éléphant blanc? La question se pose lorsque l'on se penche sur le sort réservé à la centrale thermique de TransCanada Énergie. En 2004, Hydro-Québec a fait construire par l'entreprise privée cette centrale thermique qui ne produit plus rien depuis janvier 2008. Or, elle coûte toujours des centaines de millions de dollars à Hydro-Québec.

La centrale thermique, qui fonctionne au gaz naturel, peut produire 500 mégawatts d'électricité, une quantité suffisante pour alimenter une ville comme Laval.

L'idée de construire une centrale thermique à Bécancour remonte à 2003. À ce moment, Hydro-Québec et le ministère des Ressources naturelles prédisent que le Québec manquera d'énergie.

Le gouvernement du Québec jongle alors avec deux projets, celui du Suroît et celui de la centrale thermique de Bécancour.

Le projet le plus médiatisé et le plus controversé est celui du Suroît que l'ancien président d'Hydro-Québec, André Caillé, défend bec et ongle.

Le projet fait toutefois l'objet de vives contestations auprès des citoyens de Beauharnois. Un peu plus d'une année après l'annonce du projet du Suroît, la pression populaire force le gouvernement à faire marche arrière.

C'est dans ce contexte que Québec a autorisé le projet de centrale thermique de TransCanada Énergie à Bécancour. L'entreprise y a investi 500 millions de dollars.

La production d'électricité a commencé en 2006, mais a pris fin en janvier 2008, car la crise énergétique annoncée n'a jamais eu lieu.

En additionnant les amendes et les coûts de production prévus au contrat, Hydro Québec a versé à TransCanada Énergie environ 150 millions de dollars en 2008 et en 2009 et paiera la même somme en 2010.

La société d'État ne peut faire autrement, puisqu'elle est liée à TransCanada Énergie par un contrat qui a été approuvé par la Régie de l'énergie du Québec. « La décision de suspendre la production de TransCanada Énergie fait partie de ça, alors la Régie de l'énergie a reconnu que c'était une saine décision », soutient l'actuel président d'Hydro-Québec, Thierry Vandal.

Le contrat est valide jusqu'en 2026. À ce rythme, la centrale thermique à Bécancour pourrait coûter à Hydro-Québec plus de 2 milliards de dollars sans jamais produire d'électricité.