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Un avant-goût olympique

Radio-Canada

Bonjour à tous,

Après trois semaines d'entraînement intensif, me voilà en mode tapering. Taper quoi, vous demandez-vous? C'est la période où nous diminuons l'entraînement afin de mieux remonter par la suite. Cette période ne nous laisse guère toutefois le temps d'ankyloser... elle ne dure qu'une semaine.

Donc, dès la semaine prochaine, on recommence un cycle intensif. Juste à temps pour les deux dernières, mais plus importantes, Coupes du monde de la saison à Montréal (5 au 8 novembre) et à Marquette, au Michigan (12 au 15 novembre).

Ces deux compétitions détermineront le nombre d'athlètes par distance aux Jeux olympiques. Chaque pays est assuré d'avoir au moins un patineur par épreuve, mais le but est évidemment d'atteindre le maximum de trois.

Pour ce faire, le pays doit classer 3 athlètes parmi les 32 premiers sur chacune des distances à Montréal et à Marquette. Les points accumulés lors de ces deux compétitions feront donc foi de tout pour Vancouver.

Disons que les Canadiens n'ont pas de quoi trop s'inquiéter. Parce qu'à Pékin et à Séoul, nous n'avons pas obtenu de très bons résultats et toutes les Canadiennes se sont classées parmi les 32 premières. En fait, je pense que la seule façon de ne pas atteindre notre but serait qu'une patineuse soit disqualifiée dès le tour préliminaire.

C'est certain qu'une compétition à Montréal apporte une certaine pression supplémentaire, mais aussi une bonne dose d'adrénaline. Parfois, c'est justement le genre de pression dont on a besoin pour mieux s'en sortir. Pour ma part, j'adore patiner devant la famille et les amis.

D'ailleurs, j'espère que les gens se déplaceront en grand nombre pour venir nous encourager. Ça pourrait être en quelque sorte un petit avant-goût des Jeux olympiques de Vancouver. Certes, ça ne se compare pas au gigantisme des JO, mais ça pourrait servir de bonne préparation.

Tania Vicent

Tania Vicent

Photo : La Presse canadienne / CP PHOTO/Andrew Vaughan

Cependant, je tiens absolument à préciser qu'il ne faudra pas se fier aux résultats des Coupes du monde de Montréal et de Marquette pour déterminer ce que l'on vaut.

Nos entraînements n'ont pas été planifiés pour qu'on soit au sommet de notre forme pour ces deux compétitions. Notre entraîneur blague en disant que nous allons nous présenter à Montréal reposées.

C'est certain qu'on veut obtenir de bons résultats pour notre confiance personnelle. En Asie, nous étions déçues de nos performances. En tant qu'athlète, tu penses toujours que tu vas t'en sortir même quand ça va mal. Mais nous étions trop fatiguées pour y arriver.

Travailler notre relais

L'important pour nous au cours des deux prochaines compétitions sera d'améliorer notre relais. Un de nos objectifs, c'est la médaille d'or au relais à Vancouver. On se mesure à des filles, les Coréennes et les Chinoises, qui sont tout le temps ensemble.

C'est une bonne chose que les sélections olympiques soient déjà réglées parce qu'on peut pratiquer et travailler sur la chimie entre les filles. Tu peux avoir quatre filles très fortes qui, individuellement, peuvent battre tout le monde, mais si tu les mets ensemble au relais, c'est non fonctionnel parce qu'elles n'ont jamais travaillé ensemble. C'est un aspect du patinage de vitesse que les gens ne connaissent pas.

Nous en avons eu une belle preuve en Asie. Je n'avais jamais fait de relais de ma vie avec Marianne et Valérie, donc c'est important de vivre ces épreuves-là pour pouvoir dire: voici les erreurs que l'on a faites et voici où on veut s'en aller.

En Asie, on a manqué des échanges, on a eu des problèmes de communication. On faisait un relais et personne ne disait: celui-là était bien, celui-là ne l'était pas. C'est du raffinement, mais qui est important parce que les autres le font déjà.

Depuis le 13 octobre, Jessica (Gregg) s'entraîne avec nous à Montréal et on voit déjà une grosse différence. À l'entraînement, nous avons obtenu notre meilleur temps en 4 min 14 s. Le Canada a déjà fait mieux, mais en tant qu'équipe, nous les cinq filles, c'est notre meilleur chrono. Je suis agréablement surprise des progrès que nous avons accomplis en si peu de temps.

À bientôt.