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Les citoyens répondent à l'appel

Bureau de scrutin municipal.
Bureau de scrutin municipal.
Radio-Canada

Les scandales qui secouent le monde municipal depuis quelques semaines n'ont pas découragé les électeurs. Le taux de participation lors du vote par anticipation a frôlé les 5 %, près de 2 % de plus qu'il y a quatre ans. La région de Québec fracasse un record de participation de 8,7 %.

Les électeurs du Québec ont pu voter par anticipation, dimanche, dans les villes du Québec en vue des élections municipales du 1er novembre.

Dans toutes les municipalités, les bureaux de scrutin étaient ouverts jusqu'à 20 h. Le vote se poursuivra aujourd'hui dans certaines villes.

Les électeurs devaient présenter une pièce d'identité, comme leur carte d'assurance-maladie ou encore leur permis de conduire, avant de se prévaloir de leur droit de vote.

À Montréal, ce scrutin marquait le retour du système de vote traditionnel, avec crayon et un papier, à la suite des ratés qu'avait connu le vote électronique en 2005.

Il semble bien que les scandales qui ont secoué la ville n'aient pas découragé la population d'aller voter, bien au contraire.

Le taux de participation a atteint 5,25 % dans la métropole, presque deux fois plus qu'en 2005.

À Gatineau, on a enregistré un taux de participation record de 7,52 %, tandis qu'à Québec, on atteignait un autre record de 8,7 %.

Le taux de participation frôlerait les 5 % dans la province, alors qu'il était de moins de 3 % en 2005.

Une invitation à voter

Au centre, le président de l'Union des municipalités du Québec, Robert Coulombe. À sa gauche, Marc Gascon, 1er vice-président, et à sa droite, Lucie Roussel, mairesse de La PrairieAu centre, le président de l'UMQ, Robert Coulombe. À sa gauche, Marc Gascon, 1er vice-président, et à sa droite, Lucie Roussel, mairesse de La Prairie

Samedi, à la veille du vote par anticipation, l'Union des municipalités du Québec (UMQ) a appelé les citoyens à se rendre aux urnes le 1er novembre, malgré les récentes révélations qui touchent le secteur municipal.

« Le cynisme et la désaffection ne seraient pas une réponse adéquate à la présente crise de confiance », a déclaré Robert Coulombe, président de l'UMQ et maire de Maniwaki, en conférence de presse.

À son avis, les allégations de corruption, de malversation et de collusion véhiculées par les médias au cours des derniers jours touchent principalement l'industrie de la construction.

Il croit que le monde municipal est affecté « par ricochet », puisque les villes fournissent plusieurs contrats aux entrepreneurs.

« Faisons le partage entre ceux qui donnent l'ouvrage et ceux qui réalisent les travaux », dit-il.

Le monde municipal est fortement concerné, même si des accusations sont parfois faites à l'emporte-pièce et que des présomptions de culpabilité sont injustement formulées envers des individus.

Robert Coulombe

Pas d'enquête publique

Selon lui, le présent contexte électoral rend extrêmement difficile de tracer la fine ligne entre le vrai et le faux.

L'UMQ se positionne donc en faveur d'une enquête policière, rejoignant ainsi la position du gouvernement de Jean Charest.

« On veut une enquête policière, parce que ça va être en place rapidement. Et si jamais, pour toutes sortes de raisons, elle frappe un mur, on souhaite une commission pour faire toute la lumière sur le dossier actuel. »

Au-delà de Montréal

Questionné sur l'impact des récentes révélations à l'extérieur de Montréal, le premier vice-président de l'UMQ, Marc Gascon, déplore qu'on généralise le problème à l'ensemble des municipalités au Québec. « C'est ahurissant, lance-t-il. Tout ce qui a été fait depuis des années est balayé par une situation qui est présentée par les médias et qui fait boule de neige », déplore-t-il.

Il croit aussi qu'il est dommage que les enjeux municipaux des autres villes et villages du Québec soient mis de côté par tout ce qui se passe à Montréal.

L'UMQ se donne maintenant comme défi de rétablir la confiance des citoyens envers la politique municipale. Questionné sur les moyens concrets d'y parvenir, Robert Coulombe a peu de réponses. « Pour y arriver, il faut que les citoyens aillent voter », martèle-t-il.

L'UMQ croit que les citoyens se méfient de la politique municipale parce qu'ils ne la connaissent pas, et elle souhaite remédier à la situation.

En outre, une formation de deux jours sur l'éthique et la loi sera offerte aux élus à compter du 2 novembre. Lucie Roussel, mairesse de La Prairie, est convaincue que les citoyens seront rassurés de voir que leurs élus se donnent la peine de s'informer.

Elle reconnaît toutefois que « le chemin sera long pour arrêter le cynisme envers les politiciens ». Et même si la participation aux élections municipales est très faible, les municipalités espèrent que plus d'un électeur sur deux ira voter.

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