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Trépanier défend son intégrité

Bernard Trépanier
Radio-Canada

Bernard Trépanier, ancien directeur du financement d'Union Montréal, le parti du maire Gérald Tremblay, compte adresser une mise en demeure à Benoît Labonté pour les propos qu'il a tenus dans une entrevue accordée à la télévision de Radio-Canada.

Bernard Tépanier réplique aux accusations-chocs faites par Benoît Labonté dans l'entrevue exclusive accordée à la télévision de Radio-Canada.

Dans cet entretien, diffusé jeudi soir, M. Labonté affirme que M. Trépanier était au coeur d'un système de ristournes au profit du parti du maire sortant de Montréal, Gérald Tremblay. Bernard Trépanier a été directeur du financement du parti Union Montréal, entre 2004 et 2006.

Dans un communiqué émis vendredi par son avocat, M. Trépanier soutient que les allégations de Benoît Labonté ne sont que « des rumeurs et des ragots provenant de ouï-dire ». Il entend faire parvenir une mise en demeure à M. Labonté.

M. Trépanier ajoute qu'il n'a pas l'intention de faire de commentaires aux médias et qu'il a mandaté son avocat d'étudier la possibilité de porter plainte en vertu de l'article 193 du Code criminel, concernant la divulgation de communications privées.

Il met ainsi en garde les médias de diffuser tout extrait des enregistrements obtenus par le journaliste André Noël, de La Presse. « Toute personne ou tout média qui diffuserait de tels extraits s'expose à d'éventuelles démarches judiciaires de la part de monsieur Trépanier et de son avocat », lit-on dans le communiqué.

Le quotidien La Presse rapporte que M. Trépanier a bel et bien tenu le rôle d'intermédiaire entre le parti du maire Tremblay, des dirigeants de la Ville et des firmes de génie-conseil ayant obtenu de lucratifs contrats.

Directeur du financement ou Monsieur 3 %?

Selon Benoît Labonté, qui était autrefois membre d'Union Montréal et membre du comité exécutif de la Ville, de nombreux intervenants du milieu culturel montréalais avaient baptisé « Bernard Trépanier 3 % ».

Le titre faisait référence, explique-t-il, à un système de ristournes grâce auquel des entrepreneurs obtenant de lucratifs contrats versent en contrepartie des sommes d'argent destinées à la caisse d'Union Montréal.

Benoît Labonté soutient avoir prévenu le maire Tremblay de ces rumeurs à l'été 2007. Il soutient que le maire Tremblay a alors blêmi et qu'il lui a déclaré après un long silence qu'en politique municipale, « c'est juste de ça ».

Le maire Tremblay, qui doit affronter le verdict des électeurs dans moins de deux semaines, nie que son parti réclame des ristournes en échange de contrats. « J'ai fait toutes les vérifications et on m'a assuré qu'on n'avait pas de problèmes de ce côté-là », a dit celui que Benoît Labonté a qualifié de faux naïf ».

Un système mafieux

Benoît Labonté précise qu'un véritable « système mafieux » d'attribution des contrats existe à la Ville de Montréal et que la collusion est érigée en système. Union Montréal, dit-il, a établi des listes permettant de déterminer qui obtiendra des contrats de la Ville.

« C'est un système organisé. Il y a quatre listes qui ont été faites par le parti au pouvoir. La liste A, B, C, D. [...] Si on fait partie de la liste A, on a beaucoup plus de contrats », explique M. Labonté. « Quelqu'un passe faire le tour des entreprises, la collecte présumée, avant que les contrats ne soient octroyés, et c'est comme ça que le système fonctionne », précise-t-il.

Il soutient que tous les partis politiques à Montréal, y compris Vision Montréal, font du financement sectoriel, c'est-à-dire qu'ils sollicitent des dons électoraux de la part d'entreprises, une pratique illégale, mais que les partis arrivent à couvrir en contournant les lois.

La corruption ne date pas d'hier

Dans une entrevue au quotidien Le Devoir, Jean Fortier, qui a été président du comité exécutif dans l'administration de l'ex-maire Pierre Bourque, affirme qu'un promoteur, qui s'est avéré liée à la mafia, selon lui, a offert 100 000 $ pour obtenir un terrain de la Ville de Montréal. Il s'agissait d'une terrain de 115 hectares sur lequel se trouvait la pépinière de Montréal, située à Terrebonne.

M. Fortier n'a pas donné suite à cette offre et dit avoir effectué des démarches auprès du maire Bourque, du directeur général de l'époque, Guy Coulombe, et du premier ministre péquiste Lucien Bouchard, mais en vain. « Les gens croyaient que je fabulais pour me rendre intéressant », déplore-t-il.

Le terrain a finalement été vendu à une société en commandite, Côte de Terrebonne, qui appartient au fonds immobilier du Fonds de solidarité du Québec. Le fonds dit avoir l'intention de développer le terrain.

M. Fortier soutient que la corruption existait déjà à son époque, mais il dit n'avoir jamais réussi à savoir si ce sont des hommes politiques ou des fonctionnaires qui en profitaient. Selon Benoît Labonté, les uns sont aussi coupables que les autres.

MM. Fortier et Labonté demandent tous deux au gouvernement Charest de créer une commission d'enquête publique pour faire la lumière sur ces affaires de corruption. Québec refuse toujours de donner suite à cette requête.

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