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Bilan d'un succès

Bixi

Photo : Luc Lavigne

Radio-Canada

Au terme de la première saison, les Montréalais ont intégré le nouveau vélo en libre-service dans leur mode de déplacement, estime Stationnement de Montréal. Bilan et suggestions des internautes.

Des milliers de Montréalais devront changer de moyen de transport au cours des prochaines semaines. Stationnement de Montréal range graduellement les vélos en libre-service Bixi jusqu'à l'interruption complète du service, de la fin novembre jusqu'au mois de mai.

Chaque jour, de 7000 à 12 000 déplacements sont effectués en Bixi. Depuis le lancement du service en mai dernier, les Montréalais ont pédalé sur ces nouveaux vélos plus de 900 000 fois. Quelque 10 500 personnes se sont abonnées au service.

« L'objectif que nous avions était que les Montréalais s'approprient le Bixi. [...] Je pense qu'on a atteint notre objectif », estime Michel Philibert, directeur des communications de Stationnement de Montréal, qui gère le service.

L'engouement pour le système de vélo en libre-service a été tel que la Ville de Montréal a décidé de lancer la deuxième phase d'implantation un an plus tôt que prévu.

Aujourd'hui, plus de 4100 vélos sont répartis dans les 372 stations installées au centre-ville et dans les quartiers avoisinants.

« On a été un peu surpris du succès de Bixi », confie M. Philibert. « Comme Bixi est le premier système de vélo en libre-service en Amérique, on ne savait pas trop comment les gens allaient [l']accueillir. »

Victime de son succès?

Les points d'ancrage ont été visés par les vandalesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les points d'acrage sont visés par les vandales

Dès les premières semaines, la popularité du Bixi a révélé certaines lacunes du système, dont la fragilité d'un morceau de plastique sur les points d'ancrage qui a incité des vandales à briser plusieurs bornes, au grand dam des usagers devant rapporter leur vélo.

Au cours de cette période, à défaut de trouver un point d'ancrage fonctionnel, certains usagers ont dû rapporter le vélo à la maison pour la nuit, tandis que d'autres ont carrément demandé à ce qu'on vienne ramasser le Bixi sur place.

Ce bref épisode a également entraîné le vol de quelques vélos, mais des ajustements ont rapidement été faits et on n'enregistre à peu près plus d'incidents, selon le porte-parole de Bixi.

« Montréal, contrairement à Paris ou à Lyon, n'a pas de gros problème de vol et de vandalisme. Les gens respectent beaucoup le mobilier urbain », selon M. Philibert, qui souligne que la stratégie de Stationnement de Montréal était précisément de faire en sorte que les citoyens s'approprient le Bixi.

Après avoir demandé aux usagers du Bixi de faire part de leurs suggestions pour améliorer le service, Radio-Canada.ca présente les réactions de Stationnement de Montréal à certaines mesures proposées.

Bornes vides, bornes pleines

Plusieurs usagers ont fait part de leur difficulté à trouver une station où il est possible de louer ou rapporter un vélo, plusieurs stations étant soit vides, soit pleines.

Quiconque a utilisé le service remarque un déplacement massif des vélos vers le centre-ville en matinée, et un retour vers les quartiers résidentiels en fin de journée. Certains hésitent donc à utiliser le Bixi pour se rendre au travail en avant-midi, de peur de ne pas trouver de borne libre. Que faire?

Du côté de Bixi, on explique que les données sur les trajets effectués sont analysées afin d'ajuster l'offre à la demande. Des bornes ont déjà été ajoutées à certaines stations pour minimiser les problèmes de stations pleines et de stations vides. De plus, quatre équipes s'affairent, jour et nuit, à redéployer les vélos dans les différentes stations pour assurer l'équilibre.

Stationnement de Montréal ne prévoit toutefois pas augmenter le nombre de stations au centre-ville au printemps prochain.

Si une station n'a aucun point d'ancrage disponible, les usagers peuvent réclamer 15 minutes supplémentaires à la borne électronique afin d'éviter de payer des frais additionnels. De plus, le porte-parole de Bixi indique que les bornes électroniques afficheront prochainement le nombre de vélos et de points d'ancrage disponibles aux stations les plus proches.

Il est également possible de vérifier l'état d'une station à partir de téléphones intelligents, comme le Blackberry ou l'iPhone.

Un service trop coûteux?

L'utilisation unique à 5 dollars coûte près de deux fois le prix d'un ticket d'autobus ou de métro, qui se vend 2,75 $.

En contrepartie, les usagers réguliers payent 78 dollars pour l'abonnement annuel (le service est disponible pendant huit mois), tandis qu'une carte pour prendre le transport en commun coûte 68,50 $ par mois.

Ailleurs dans le monde, et principalement en Europe, certains services sont financés en grande partie par la publicité, une avenue que Stationnement de Montréal a écartée.

Doté d'un budget de 23 millions de dollars, le service devrait s'autofinancer en trois ans.

On s'attend à ce que les prix demeurent inchangés en 2010. « On n'a pas discuté d'augmentation de tarifs », affirme M. Philibert.

Par ailleurs, malgré la demande répétée de créer un titre de transport qui permette une correspondance entre le Bixi et les transports en commun, Stationnement de Montréal explique qu'un tel service ne sera pas disponible en 2010 en raison de sa complexité.

Les usagers qui ne sont pas membres de Bixi doivent faire un dépôt de 250 dollars pour la location du vélo. Stationnement de Montréal explique que ce montant peut être gelé jusqu'à 10 jours, en fonction de l'institution financière qui a émis la carte de crédit. À considérer si vous approchez de votre limite de crédit.

Par ailleurs, le système Bixi a été modifié afin de permettre la location de plus d'un vélo avec une même carte de crédit.

Desservir des lieux stratégiques

Sans déployer un service dans l'ensemble d'un secteur, des internautes proposent de desservir certains trajets bien précis, entre des lieux très fréquentés. Un commentaire reçu par Radio-Canada.ca va dans ce sens:

« Certains points importants de Montréal devraient être desservis, même s'ils ne sont pas dans les zones d'implantation. Par exemple, entre la station de métro Crémazie et le Complexe sportif Claude-Robillard, il y a une certaine distance, il serait donc pertinent d'avoir une borne à chacun de ces emplacements. »

Le porte-parole de Bixi estime qu'il s'agit d'une bonne suggestion qui sera analysée pendant l'hiver. « On va vérifier s'il y a une demande suffisante, et oui, si on peut avoir plus de membres et desservir un plus grand territoire, on va le faire », a-t-il dit.

Un abonnement « plus » pourrait également voir le jour si les usagers réclament plus de temps pour effectuer leurs trajets; une offre pour laquelle il faudrait toutefois payer un supplément, précise-t-on du côté de Bixi.

Casque et autres accessoires

Plusieurs usagers s'interrogent sur la possibilité de mettre des casques à la disposition des usagers. Bien qu'il reconnaisse l'importance du casque, le porte-parole de Bixi explique que pour des raisons de sécurité et d'hygiène, il n'est pas possible d'assurer qu'un casque soit à la disposition des usagers aux stations. Bixi prévoit toutefois ouvrir une boutique en ligne dès l'an prochain. Il sera alors possible d'acheter différents accessoires pour le vélo, dont un casque.

Maximiser l'espace disponible

Pour limiter l'espace occupé par les stations de Bixi, ou éventuellement offrir plus de points d'ancrage, un internaute suggère de surélever un point d'ancrage sur deux, de manière à ce que les guidons soient intercalés et ne représentent plus un obstacle pour rapprocher les points d'ancrage les uns des autres.

« C'est une bonne idée. On l'a soumise à notre département de recherche et développement », répond le porte-parole de Bixi.

Quant au commentaire reçu par Radio-Canada.ca portant sur l'ajout d'une lumière qui permettrait de voir si des vélos sont disponibles ou non, Bixi estime que les coûts liés à une telle demande seraient trop importants.

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