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Québec ne bronche pas

Claude Béchard rencontrait la presse, vendredi matin.
Claude Béchard rencontrait la presse, vendredi matin.

Malgré les nouvelles déclarations sur l'existence d'un système de ristournes à Montréal, le gouvernement Charest résiste toujours aux appels d'une enquête publique, misant plutôt sur les enquêtes policières et une loi sur le financement électoral.

Les déclarations-chocs de l'ancien bras droit de Louise Harel, Benoît Labonté, selon lesquelles un véritable système de ristournes gangrène l'administration de la Ville de Montréal n'ébranlent pas le gouvernement du Québec, qui n'entend toujours pas lancer une commission d'enquête publique sur le sujet.

« On lance l'opération Marteau. On va voir l'efficacité de cette opération-là », a déclaré à l'Assemblée nationale, vendredi, le ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Claude Béchard. « Bien sûr, on souhaite qu'elle soit efficace, qu'elle donne des résultats. On ne ferme toujours pas la porte à une commission d'enquête publique si les résultats ne sont pas là au cours des prochains mois. »

Interrogé sur les nouvelles révélations de l'ancien chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Claude Béchard a réitéré l'importance de cette escouade policière Marteau, dont la création a été annoncée jeudi, et sur le projet de loi visant à mieux encadrer le financement électoral.

« M. Labonté a parlé aux médias. Maintenant, il a la responsabilité de parler à la police, de donner les noms, de donner les allégations, de dire ce qu'il sait à la nouvelle escouade Marteau », a affirmé M. Béchard. Tout citoyen qui a des informations à ce sujet a également le devoir de faire de même, a-t-il précisé.

Le ministre Béchard a en outre annoncé que le projet de loi visant à modifier la loi électorale du Québec, destiné dans un premier temps à encadrer le financement des partis politiques municipaux et les courses à la direction, ira plus loin que ce qui avait originalement été prévu.

Le projet, qui doit être déposé au cours de l'actuelle session parlementaire, « va s'intéresser sur un ensemble d'éléments du financement des partis politiques, même de l'organisation des partis politiques municipaux, et de regarder l'ensemble des questions du financement ».

Consultation publique d'envergure

Le dépôt du projet de loi sera suivi non seulement de la tenue d'une commission parlementaire, qui sera assortie d'une consultation publique. Cette consultation devrait avoir lieu au cours des mois de janvier, février et mars. « On va donner la chance au plus grand nombre de personnes possible de se faire entendre », a affirmé le ministre Béchard.

« On a une opportunité de revoir une loi fondamentale qui n'a pas été revue de façon aussi large depuis qu'elle a été adoptée par René Lévesque en 76-77. La loi électorale à ce moment-là faisait un certain nombre de constats. Nous, on en fait un certain nombre aussi », a-t-il affirmé.

La chef intérimaire de l'ADQ, Sylvie Roy, affirme que le ministre Béchard veut faire diversion dans ce dossier. « [L'opération] Marteau, c'est une annonce, qu'on veut mettre plus d'effectifs. C'est un nom. C'est un communiqué de presse. C'est une conférence de presse. Mais il me semble que ça aurait dû être fait depuis longtemps », a-t-elle dit.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, continue de réclamer une enquête publique. Elle soutient pour sa part qu'une enquête publique n'empêcherait aucunement le bon déroulement des enquêtes policières.

Le DGE demande des informations

Marcel BlanchetMarcel Blanchet

De son côté, le Bureau du directeur général des élections du Québec (DGE) a lancé un appel à Benoît Labonté, vendredi. Le DGE, Marcel Blanchet, demande à M. Labonté de lui communiquer des informations concrètes sur les allégations de corruption qu'il a faites sur l'ensemble du système politique québécois.

En entrevue à la Presse Canadienne, Denis Dion, porte-parole du DGE, a estimé que Benoît Labonté a formulé des reproches sérieux à la télévision d'État, sans toutefois appuyer ses déclarations de faits concrets qui permettraient au DGE d'intervenir.

M. Dion incite ainsi Benoît Labonté à entrer en contact avec le bureau du DGE dans les meilleurs délais. Il demande de lui révéler toute information qui pourrait éventuellement servir à intenter des poursuites ou à formuler des recommandations.

Par ailleurs, deux des trois ministres soupçonnés d'avoir séjourné sur le bateau de l'homme d'affaires Tony Accurso, Norm MacMillan et Julie Boulet, ont continué de nier en bloc les allégations parvenues aux oreilles du premier ministre Jean Charest. L'ex-ministre du Travail, David Whissell, a déjà démenti ces informations.

Des entreprises appartenant à Tony Accurso avaient remporté le lucratif contrat des compteurs d'eau à Montréal, dont le maire a annoncé la suspension après que le vérificateur général de la Ville eut critiqué le processus. Il a notamment été révélé que l'ex-président du comité exécutif de la Ville, Frank Zampino, avait séjourné sur son bateau, amarré dans les îles Vierges.

Avec les informations de La Presse canadienne

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