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Bush suscite de vives réactions

Manifestation contre la venue de George W. Bush à Montréal

Manifestation contre la venue de George W. Bush à Montréal

Radio-Canada

L'ex-président américain George W. Bush prononce un discours à l'hôtel Reine-Élizabeth, où il est à la fois applaudi par un millier de convives et conspué par des centaines de manifestants.

« Non, je ne regrette rien. » Voilà comment aurait pu s'intituler le discours du 43e président des États-Unis, proononcé jeudi à l'hôtel Reine Elizabeth, à Montréal.

Dans son allocution de 45 minutes, et dans la discussion de 45 minutes qui a suivi avec le nouveau délégué général du Québec à New York, John Parisella, George W. Bush a surtout défendu la guerre au terrorisme qui a caractérisé ses deux mandats.

« J'ai pris les décisions qui devaient être prises », a-t-il dit, martelant à plusieurs reprises qu'il n'avait jamais dérogé à ses principes, au risque d'être impopulaire. « À chaque jour, je me demandais comment protéger notre territoire. »

Il a, au passage, remercié les Canadiens qui paient un tribut qu'il a qualifié de « disproportionné » en Afghanistan. « Mais cela en vaut-il la peine? Oui » a-t-il répondu à sa propre question.

« Je n'ai jamais fait campagne pour être président en temps de guerre », s'est-il défendu, faisant allusion aux attentats du 11 septembre 2001, là où tout a commencé. Et il a raconté une anecdote qui fera partie du livre qu'il est en train de rédiger.

Ce jour fatidique, il a reçu un appel téléphonique du premier ministre japonais d'alors, Junichiro Koizumi, l'assurant de son appui et de son amitié dans cette épreuve. « Moins de 60 ans auparavant, mon père combattait le Japon. C'était notre ennemi juré. Aujourd'hui, c'est notre allié contre le terrorisme. »

Cet exemple montre, selon M. Bush, combien les idéaux de démocratie et de liberté peuvent se répandre. Il a ajouté avoir confiance que ces idéaux domineront, un jour, au Moyen-Orient et que la région cessera d'être un terreau fertile aux extrémistes.

Dans l'échange qui a suivi le discours, John Parisella a demandé à l'ex-président républicain à quoi ressemblerait le monde si l'invasion de l'Irak n'avait pas eu lieu. Selon George W. Bush, on aurait assisté, en ce moment, à une dangereuse course à l'arme nucléaire entre l'Iran chiite et l'Irak sunnite. Toujours selon M. Bush, le gouvernement de Saddam Hussein aurait mis sur pied des organisations armées sunnites, à l'instar de l'Iran qui finance le Hezbollah.

Dans son discours, l'ex-président a également défendu le libre-échange. C'est en dénonçant la clause Buy American du plan de relance de l'actuel président Barack Obama qu'il a déclenché les applaudissements les plus nourris dans l'auditoire, composé d'un millier de gens d'affaires montréalais et d'Américains vivant dans la métropole.

Il a aussi appelé l'administration Obama à se retirer le plus rapidement possible de l'industrie automobile. « Les mesures temporaires doivent être temporaires. Le secteur privé est le moteur qui va nous sortir de là », a-t-il ajouté, en parlant de la crise économique qui continue de sévir aux États-Unis.

Cette crise, selon lui, n'a pas été causée par la cupidité, mais par une exubérance incontrôlée des marchés financiers.

Wall Street s'est saoûlée, et c'est nous tous qui avons le mal de tête.

George W. Bush

Il a admis qu'il ne comprenait rien aux produits financiers qui étaient mis au point ces dernières années. « Et je m'y connais, en finance », a-t-il ajouté.

Il a indiqué que, pour redémarrer, l'économie américaine avait besoin d'énergie bon marché. Il a provoqué d'autres applaudissements en disant qu'il préférait le pétrole canadien à celui de pays « qui nous détestent ».

Il s'est également félicité du fait que le Canada exportait de l'uranium vers les États-Unis. L'énergie nucléaire sera un élément important du « cocktail énergétique » de l'avenir dans son pays. « Et ça n'émet pas un iota de gaz à effet de serre », a-t-il ajouté.

Sur une note plus personnelle, l'ex-président a fait rire l'auditoire en parlant de sa nouvelle vie de « regular Joe », d'homme ordinaire. « En me rendant dans une quincaillerie, l'autre jour, un homme m'a abordé en me disant que je ressemblais drôlement à George W. Bush. Je lui ai répondu qu'on me dit ça tous les jours! Et il a dit: "Oh! Ça, ça doit vous fâcher!" »

Il a également surpris par sa candeur. John Parisella lui a demandé ce qu'il regrettait le plus de ses huit années à la présidence: « Ma gestion de [l'ouragan] Katrina, a-t-il admis. Mes échecs dans la réforme de la sécurité sociale », a-t-il ajouté.

Dans les dernières minutes de la prestation, il a commis un intéressant lapsus en parlant d'un discours qu'il a livré le 1er mai 2003 à bord du porte-avions Abraham Lincoln. L'ex-président a dit regretter « m'être rendu sur ce porte-avions en disant "Mission impossible" ». Son message, en fait, ce jour-là, était plutôt: mission accomplie.

Le millier de personnes qui s'étaient déplacées pour l'occasion ont payé 400 $ le couvert. Tous les invités ont dû passer au détecteur de métal avant d'être admis à l'intérieur de l'hôtel.

Un texte de Jean-Hugues Roy

Les manifestants au rendez-vous

Des centaines de manifestants se sont rassemblés devant l'hôtel Reine Elizabeth pour dénoncer la venue de l'ex-président Bush à Montréal. Ils brandissaient des affiches le dépeignant comme un criminel de guerre.

Les protestatires étaient encadrés par des dizaines de policiers à cheval et des membres de l'escouade anti-émeute. Ces derniers ont procédé à des arrestations.

L'appel à la manifestation a été lancé par le Collectif échec à la guerre. Des représentants de la Ligue des droits et libertés, d'ATTAC-Québec, de la Fédération des femmes du Québec, du Conseil régional FTQ-Montréal étaient notamment présents, dont le député de Québec solidaire, Amir Khadir.

Après Edmonton, mardi, environ 200 détracteurs de George W. Bush ont manifesté mercredi à Saskatoon lors de sa visite dans la ville des ponts. Ils n'ont toutefois pas pu le voir en raison de la forte protection policière dont bénéficie l'ex-président.

Des manifestations semblables ont eu lieu lors des visites de M. Bush à Calgary et à Toronto, plus tôt cette année.

Des policiers mobilisés devant l'hôtel Reine Elizabeth

Des policiers mobilisés devant l'hôtel Reine Elizabeth

Avec les informations de La Presse canadienne