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Québec lance l'escouade Marteau

Jacques Dupuis
Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis
Radio-Canada

Québec annonce qu'il met sur pied une équipe de 60 personnes qui sera chargée d'enquêter sur les allégations de collusion dans le milieu de la construction et les liens possibles avec le crime organisé.

Québec veut faire le ménage dans l'industrie de la construction.

Jeudi, le gouvernement Charest a lancé l'opération Marteau, une escouade policière spécialisée qui sera chargée d'enquêter sur le milieu de la construction, notamment les allégations de collusion et les liens possibles avec le crime organisé.

Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, en a fait l'annonce en compagnie du ministre du Travail, Sam Hamad, du ministre du Revenu, Robert Dutil, ainsi que le directeur de la Sûreté du Québec (SQ), Richard Deschesnes.

L'escouade comprendra 60 personnes, y compris les 20 membres de l'équipe mixte sur la malversation mise en place le 13 septembre dernier. Ce sont donc 40 personnes additionnelles, dont 24 policiers de la Sûreté du Québec, qui seront assignées à l'escouade.

Sept nouveaux procureurs de la Couronne se joindront aussi à l'escouade. Deux agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) travailleront également avec l'escouade en raison de leur expertise sur le crime organisé.

Le Bureau de la concurrence du Canada, les ministères des Transports, du Travail, ainsi que la Régie du bâtiment du Québec et la Commission de la construction du Québec collaboreront avec l'escouade.

Québec met également sur pied une ligne téléphonique pour que les gens qui auraient des informations puissent les transmettre aux policiers en toute sécurité. Le numéro est le 1-888-444-1701.

100 % des Québécois souhaitent que nous fassions la lumière sur ces allégations, que si on doit punir des individus, qu'ils puissent être punis, qu'ils soient démasqués et que les systèmes cessent. C'est donc dans la volonté du gouvernement que ça se fasse.

Jacques Dupuis
Des maisons en constructionDes maisons en construction. (archives)

Resserrer les règles pour les entrepreneurs

Le ministre Hamad a ajouté que Québec comptait aussi resserrer les règles dans les processus d'appels d'offres.

Désormais, a-t-il expliqué, « tous les entrepreneurs devront avoir un dossier sans tâche pour obtenir une licence et pour se qualifier à des appels d'offres afin d'obtenir des contrats du gouvernement et des municipalités ».

La Régie du bâtiment du Québec va aussi mettre en place, avec la SQ, un mécanisme pour vérifier les antécédents judiciaires des entrepreneurs en construction.

Le ministre Hamad a ajouté vouloir présenter à l'Assemblée nationale des modifications législatives afin de donner le pouvoir à la Régie de retirer la licence d'un entrepreneur si un de ses actionnaires ou créanciers a été condamné pour une infraction criminelle dans les cinq années précédentes.

Selon le ministre Dupuis, ces mesures mises en place par Québec sont le meilleur moyen d'assainir le milieu de la construction. Il écarte ainsi encore une fois la possibilité de tenir une enquête publique sur la question.

Rappelons que, depuis la série de révélations de Radio-Canada sur la collusion qui règne dans le milieu de la construction, l'opposition réclame la tenue d'une enquête publique afin d'éclaircir la question. Jusqu'à maintenant, le gouvernement a toujours refusé, disant préférer laisser les policiers mener leurs enquêtes. Le climat est particulièrement tendu à l'Assemblée nationale, où des allégations adéquistes ont d'ailleurs provoqué des remous, jeudi.

Aussi, le quotidien La Presse de jeudi rapporte qu'à la suite de son enquête sur certains liens entre l'industrie de la construction et le crime organisé, la Sûreté du Québec a remis ses conclusions au bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales. D'après ce qu'a appris La Presse, des accusations formelles devraient être déposées « d'ici peu ».

Les Québécois veulent une enquête publique

Cette annonce survient alors qu'un sondage Léger Marketing mené pour le Journal de Montréal et le réseau TVA semble indiquer que les Québécois veulent une commission d'enquête publique pour démêler les faits.

En fait, selon cette enquête réalisée, il faut le souligner, par Internet, ce qui en relativise quelque peu les résultats, 76 % des Québécois veulent que le gouvernement tienne une enquête publique sur les allégations de corruption, de truquage d'appel d'offres ou financement illicite touchant au monde municipal.

L'enquête réalisée auprès de 505 personnes dénote un certain cynisme chez les citoyens: 73 % des personnes sondées croient que les cas de corruption, de truquage d'appel d'offres et de financement illicite à Montréal ou dans les autres municipalités sont généralisés au Québec; et 65 % n'ont pas confiance en la capacité du gouvernement du Québec à régler les problèmes d'éthique dans le monde municipal.

Méthodologie: cette enquête par Internet a été réalisée auprès de 505 personnes de 18 ans et plus. Sa marge d'erreur est de plus ou moins 4 %, 19 fois sur 20.

Avec les informations de La Presse canadienne