•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Climat de méfiance dans plusieurs pays

En France, une infirmière vaccine une travailleuse de la santé.

En France, une infirmière vaccine une travailleuse de la santé.

Photo : AFP / Francois Guillot

Radio-Canada

La campagne de vaccination contre le virus H1N1 qui débute un peu partout sur la planète est accueillie avec réticence en Grande-Bretagne, comme dans plusieurs pays européens et aux États-Unis.

La Grande-Bretagne met en branle sa campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1) mercredi. Comme dans plusieurs pays, tels la France, la Belgique, l'Allemagne et les États-Unis, la méfiance est omniprésente en sol britannique.

D'ailleurs, le gouvernement de Gordon Brown hésite encore à faire vacciner toute sa population, même s'il a commandé assez de doses pour tout le monde. Pour le moment, l'inoculation est limitée au personnel de la santé, aux femmes enceintes et autres personnes à risque.

Selon un sondage réalisé auprès de 17 000 infirmières britanniques, près de la moitié disent ne pas avoir l'intention de se faire vacciner, la plupart invoquant des doutes sur la sécurité du vaccin. Une infirmière citée par le site web nursingtimes.net, qui a réalisé le sondage, estime que le vaccin « n'a pas été testé correctement ».

La Chine au garde-à-vous

La campagne de vaccination a aussi commencé mercredi dans les écoles de Pékin et elle se poursuivra jusqu'à la fin décembre dans tout le pays. La priorité sera donnée aux groupes considérés à risque: les étudiants, les personnes âgées et les travailleurs de la santé.

La Chine a déjà recensé plus de 26 000 cas de H1N1 depuis le printemps. Avec l'arrivée prochaine de la saison froide, les autorités s'attendent à une flambée de nouveaux cas. « Nous avons appris beaucoup d'autres situations semblables, dit la directrice du Centre de prévention des maladies de Pékin, Pang Xinghuo. La population étudiante est un groupe critique qu'il faut suivre de près. »

La Chine a encore en mémoire l'épisode du SRAS, alors qu'elle avait été critiquée pour avoir tardé à rapporter l'épidémie. Avec la grippe A (H1N1), c'est tout le contraire. Le gouvernement prend des mesures draconiennes qui vont jusqu'à la quarantaine préventive pour limiter la propagation de la grippe.

Polémiques autour du monde

En France, où la campagne a débuté mardi, les craintes par rapport au vaccin sont aussi bien présentes.

Près de deux infirmières sur trois refusent de se faire vacciner, selon une consultation du Syndicat national du personnel infirmier. La moitié des médecins rejettent aussi la vaccination, d'après un sondage Ipsos. Et plus de 60 % de la population n'a pas l'intention de se prémunir contre le virus, selon des enquêtes compilées par l'AFP.

Ces statiques se rapprochent de celles du Québec. Selon un sondage du Journal de Montréal, publié mardi, seulement 33 % des Québécois comptent se faire immuniser; 25 % sont toujours indécis.

En Allemagne, la vaccination a dégénéré en controverse politique avant même le début de la vaccination. La presse a révélé que les hauts fonctionnaires, les militaires et les responsables de la santé notamment bénéficieront d'un vaccin sans adjuvant, aux effets secondaires moindres que celui réservé au reste de la population.

Ces révélations ont scandalisé l'opinion allemande. Redoutant les maux de tête et les poussées de fièvre associées au vaccin avec adjuvant, seulement 12 % des Allemands ont l'intention de se faire vacciner contre la grippe H1N1, rapporte Le Figaro.

Pour calmer la tempête médiatique, la chancelière Angela Merkel a annoncé mardi qu'elle se fera administrer le vaccin avec adjuvant, comme le commun des mortels.

En Belgique, la campagne entamée lundi a entraîné le dépôt d'une plainte devant les tribunaux. Une centaine de citoyens se sont regroupés pour poursuivre le ministère de la Santé. Ils soutiennent que le vaccin n'a pas été suffisamment testé et que l'ajout d'un adjuvant peut être dangereux.

La suspicion sévit aussi aux États-Unis, où certains soignants ont intenté une action en justice contre la vaccination « forcée » du personnel de la santé. Par ailleurs, seulement 40 % des adultes se disent prêts à se faire vacciner, selon une étude de la Harvard School of Public Health. Un parent sur deux prévoit faire vacciner son enfant.

Dans d'autres pays, la vaccination n'a pas créé de remous. En Suède, par exemple, où la campagne a débuté le 12 octobre, de 50 % à 70 % de la population projette de se faire vacciner.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, Reuters, Le Monde, et Le Figaro