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12 hectares de forêt coupés à blanc

Exemple d'un milieu boisé à Laval

Exemple d'un milieu boisé à Laval

Photo : Conseil régional de l'environnement de Laval

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Citoyens et environnementalistes sont en émoi après qu'un propriétaire foncier eut illégalement rasé 12 hectares de forêt, comprenant des milieux humides, en moins de deux semaines.

Un propriétaire foncier lavallois a procédé à la coupe illégale de 12 hectares de forêt, dans le Bois St-François, dans l'est de Laval.

Un porte-parole de la municipalité de Laval, Marc Laforge, a confirmé au journal local qu'aucun permis n'avait été émis pour l'ensemble du déboisement. Jusqu'ici, le propriétaire du terrain n'a pas fait de déclaration relativement à cette affaire.

Pour Guy Garand, qui dirige depuis 14 ans le Conseil régional de l'environnement (CRE) de Laval, un organisme sans but lucratif, cette coupe illégale a commencé au début du mois d'octobre, et peut-être même plus tôt. Ce sont des citoyens qui ont alerté le CRE sur ces activités de déboisement.

Et toujours selon des citoyens, l'abattage des arbres se poursuivait encore mardi de cette semaine. La semaine dernière, le propriétaire avait déjà été sommé par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) de cesser ses activités de coupe.

« Des citoyens m'ont rapporté que trois grosses machines bûchent et martèlent sans arrêt, dit Guy Garand. Les gens ont pris des photos, mais ils ne souhaitent pas être identifiés parce qu'ils ne veulent pas d'ennuis. »

Le déboisement est effectué sur des terrains privés de 24 hectares, qui sont enclavés entre la carrière Demix et la Société nationale de ferraille (SNF).

Un boisé riche en biodiversité

La présence de marécages et de marais à cet endroit rend la situation encore plus alarmante, selon Guy Garand.

Ce dernier rappelle que toute intervention dans un milieu humide au Québec nécessite l'obtention d'un certificat d'autorisation. « En général, à Laval, on ne refuse pas pareille certification, allègue Guy Garand qui évalue les pertes à 300 000 arbres, arbustes et tiges dans le Bois St-François depuis le début du mois.

Le secteur dans lequel est pratiquée la coupe à blanc figure pourtant dans la Politique de protection et de mise en valeur des milieux naturels d'intérêt. Une politique que Laval a dévoilée en février dernier.

Dans ce dossier comme dans celui touchant le Bois de l'Équerre ou encore l'ancien dépotoir Gagné, Guy Garand en a contre l'administration du maire Gilles Vaillancourt. Selon le militant environnementaliste, l'administration Vaillancourt n'a pas à coeur l'environnement comme elle le prétend.

Un rapport du ministère datant de 2009 révèle que Laval compte seulement 0,8 % d'aires protégées. C'est moins de 1 %! C'est grave pour la troisième ville en importance du Québec qui se targue d'avoir été la première municipalité, au Québec, à avoir adopté une politique de protection des milieux humides. Cette politique date de 2004... mais il n'y a pas eu de suivi.

Guy Garand, du Conseil régional de l'environnement de Laval

Dans le cas du Bois St-François, le MDDEP a intimé au propriétaire du secteur visé de présenter un plan correctif d'ici le 21 octobre.

Cette demande du ministère ne console pas Guy Garand, qui affirme qu'on ne corrige pas du jour au lendemain des dommages effectués à une forêt de 80 ans. Pour cet homme qui habite Laval depuis sa tendre enfance, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs porte mal son nom à Laval. « Bientôt, la seule chose qui sera durable chez nous sera le béton », raille-t-il.

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