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Délégation canadienne rabrouée à Bangkok

Une centrale américaine

Une centrale américaine

Photo : AFP / David McNew

Radio-Canada

Un groupe de 77 pays en voie de développement a quitté la salle dans laquelle se déroulait une conférence internationale, la semaine dernière, lorsque le Canada a avancé l'idée de ne récupérer que certains éléments du protocole de Kyoto dans le traité qui doit lui succéder.

La position que défend Ottawa en matière de lutte contre le réchauffement climatique est si controversée qu'un groupe de 77 pays en voie de développement a décidé de quitter une importante réunion sur le sujet la semaine dernière, à Bangkok, avant même que la délégation canadienne n'ait eu la possibilité de la faire valoir.

Selon les notes prises par des délégués d'au moins deux pays en voie de développement et consultées par la Presse canadienne, les pays du G77 ont massivement quitté la salle après que la délégation eut avancé que l'accord de Kyoto pouvait être inclus en tout ou en partie dans un tout nouvel accord international.

L'Afrique du Sud, qui a mené la fronde, soutient que cette position risque de miner les acquis du protocole de Kyoto. « Selon nous, certaines conversations ont lieu à l'extérieur du périmètre légal du mandat », a expliqué une négociatrice sud-africaine, Joanne Yawitch. Le G77 a continué à prendre part aux négociations le lendemain.

Si cette façon de faire n'entraîne pas de conséquences concrètes au quotidien, elle n'en a pas moins valeur de symbole sur la scène internationale. Lors de l'assemblée générale annuelle des Nations unies, le fait que les pays occidentaux quittent la salle lors des discours du président iranien Mahmoud Ahmadinejad ne passe jamais inaperçu.

L'affaire est en outre de mauvais augure pour la rencontre de Copenhague, où des délégués de tous les pays du monde doivent normalement trouver un nouvel accord de lutte contre le réchauffement planétaire qui succédera au protocole de Kyoto à compter du 1er janvier 2013.

Selon Mme Yawitch, il est impensable de procéder à un copier-coller d'un précédent accord international. « Il faut alors le rouvrir et négocier ce qu'on supprime et ce que l'on conserve. Nous pensons qu'il y a des risques que l'on se retrouve avec quelque chose qui est considérablement plus faible », ajoute-t-elle.

Le ministre canadien de l'Environnement, Jim Prentice, a refusé de commenter l'affaire.

L'inaction canadienne en question

Le bras de fer de Bangkok s'inscrit dans le cadre plus large d'un différend entre pays riches et pauvres au sujet de la voie à privilégier. Si le Canada et d'autres pays souhaitent adopter un tout nouvel accord, les pays en voie de développement préféreraient une entente complémentaire au protocole de Kyoto.

Le Canada a ratifié le protocole de Kyoto, mais n'a rien fait pour atteindre les objectifs qui sont les siens. Le gouvernement Harper oblige plutôt les grandes entreprises à réduire l'intensité de leurs émissions de GES de 18 % d'ici 2010, par rapport à leur niveau de 2006. Elles devront par la suite les réduire annuellement de 2 % de plus, jusqu'en 2020.

Ce plan est vertement décrié par les environnementalistes. En choisissant cette approche, le gouvernement impose une diminution des GES émis par unité de production. Une entreprise parvenant à l'objectif fixé par le gouvernement pourrait tout de même rejeter plus de GES dans l'atmosphère en chiffres absolus, si sa production devait augmenter.

Le protocole de Kyoto, entré en vigueur en 2005, prévoit que 37 pays industrialisés doivent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 5,2 % en moyenne d'ici 2012, par rapport aux niveaux de 1990. Le Canada doit réduire ses émissions de 6 %.

Selon le dernier inventaire annuel des gaz à effet de serre (GES) présenté par le Canada à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), 747 mégatonnes de GES ont été rejetés dans l'atmosphère en 2007, ce qui représente une hausse de près de 26 % par rapport au niveau de 592 mégatonnes observé en 1990. Ces émissions dépassent donc de 33,8 % l'objectif que doit respecter le pays en vertu du protocole de Kyoto.

Avec les informations de La Presse canadienne

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