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Un groupe musulman réclame l'interdiction

Des femmes afghanes dans une rue de Kaboul.

Photo : AFP / Alexander Nemenov

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Congrès musulman canadien demande au gouvernement fédéral de bannir le port en public de la burqa et du niqab, des voiles qui cachent tout le visage des femmes musulmanes qui les revêtent.

Le Congrès musulman canadien exhorte le gouvernement fédéral de bannir le port de la burqa et du niqab en public.

L'organisme estime que couvrir les visages des femmes est une pratique « médiévale et misogyne » susceptible d'occasionner des situations dangereuses, citant notamment des vols de banques commis au Canada et ailleurs dans le monde.

La burqa, portée essentiellement en Afghanistan, est un voile qui recouvre le corps de la tête aux pieds, avec une grille en tissu à hauteur des yeux. Le niqab, revêtu surtout en Arabie saoudite, est un foulard qui cache tout le visage, à l'exception des yeux.

Le Congrès musulman canadien estime qu'aucun passage du Coran n'oblige les femmes à se couvrir le visage. « Personne ne peut me [le] prouver », renchérit Tarek Fatah, fondateur et ancien président du groupe. Par contre, ajoute-t-il, « nous savons que c'est ce que veulent les talibans, [...] Al-Qaïda [...] et l'Arabie saoudite ».

Le Congrès musulman canadien ne s'oppose pas au port de tous les voiles, mais seulement de ceux que l'on dit « intégraux », portés ici par une minorité de femmes musulmanes.

L'organisme affirme que la burqa est un symbole de l'islam extrémiste, soulignant au passage que le port de celui-ci est proscrit à la Grande Mosquée de La Mecque, en Arabie saoudite, l'un des sites les plus sacrés du monde musulman.

Il ajoute que le cheik Mohamed Sayed Tantawi, autorité suprême musulmane d'Égypte et doyen de l'Université d'al-Azhar, le plus prestigieux institut musulman sunnite, a même récemment émis une fatwa - un avis juridique donné par un spécialiste religieux islamique - contre le niqab et la burqa.

François Crépeau, professeur de droit public international à l'Université McGill, ne croit pas que bannir le voile intégral soit la solution. Il voit plutôt le libre-choix comme une des règles fondamentales.

Le voile interdit à l'Université d'al-Azhar

Le cheik Mohamed Sayed Tantawi, autorité suprême musulmane d'Égypte et doyen de l'Université d'al-AzharAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le cheik Mohamed Sayed Tantawi

Photo : AFP / Ramzi Haidar

La recommandation de Congrès musulman canadien est venue avant que l'université d'Al-Azhar n'aille plus loin, jeudi. Le cheik Tantawi a carrément interdit aux enseignantes et aux élèves de porter le voile intégral en classe et à l'université, inscrivant sa décision dans la lutte gouvernementale contre l'intégrisme musulman.

La grande majorité des Égyptiennes portent des foulards et très peu revêtent le niqab. La tendance à se couvrir le visage gagne cependant du terrain dans ce pays.

Il y a quelques jours, le cheik Tantawi avait dit que ce type de voile n'avait « rien à voir avec l'islam ». Ses propos avaient suscité la colère des islamistes mais aussi indigné certaines organisations de défense des droits de la personne, qui trouvaient qu'un tel avis bafouait les libertés constitutionnelles. Les femmes et les hommes sont séparés dans cette université.

L'exposition du corps de la femme et de son visage fait toujours l'objet de vifs débats parmi les docteurs de la loi musulmans. La plupart d'entre eux estiment que voiler le visage relève plutôt de la tradition préislamique.

Avec les informations de Associated Press, et La Presse canadienne

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