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  • Le prix du porc plombe les résultats

    Porcs
    Porcs (archives) Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz
    Radio-Canada

    Les contribuables doivent éponger une partie du déficit record de 1,5 milliard de la Financière agricole du Québec, surtout causé par la chute des prix dans l'industrie porcine.

    Le déficit de la Financière agricole atteint cette année un niveau historique de 1,5 milliard de dollars. La situation est en grande partie attribuable à la chute des prix dans l'industrie porcine.

    La grippe H1N1, d'abord appelée grippe porcine, a fait chuter les prix du porc. Entre 1395 et 3000 producteurs de porc assurés par la Financière agricole (selon les chiffres respectifs de la Financière agricole et de la Fédération des producteurs de porc), ont été dédommagés.

    Cette mesure a coûté 560 millions l'année dernière, sur un déficit cumulé de près de 634 millions de dollars. Les deux tiers de la facture ont été assumés par les contribuables.

    La part du lion pour les gros producteurs

    Bruno Larue, professeur titulaire à l'Université Laval, croit que le programme pourrait coûter moins cher si l'aide était modulée. Comme la prime est attribuée à l'animal, les gros producteurs reçoivent une très grande part de cette assurance.

    Les très très gros producteurs ramassent la plus grosse partie des subventions, c'est eux qui au niveau des coûts de production sont les plus efficaces, qui ont les coûts les plus bas. C'est eux qui en ont le moins besoin, c'est en bonne partie pourquoi on produit autant de porcs parce que, à quelque part, il y en a qui font de l'argent avec ça, c'est pas tout le monde.

    Bruno Larue, professeur à l'Université Laval

    Un détail qu'évite d'aborder la Fédération des producteurs de porcs. Son président, Jean-Guy Vincent, précise que la production porcine est une activité économique importante présente dans toutes les régions de la province. « Le consommateur le sait et veut que l'on puisse soutenir l'agriculture au Québec », précise-t-il.

    Un programme remis en question

    Au-delà du porc, la Financière agricole, qui gère le programme d'assurance, s'enlise dans les déficits. Au total, 73 % du fonds d'assurance stabilisation des revenus agricole a servi à compenser les producteurs agricoles.

    « Est-ce qu'on paye trop? Moi, je pense que oui. Il y aurait moyen de faire un peu de ménage dans ça, rendre le programme plus efficace », affirme Bruno Larue.

    Il estime que le programme, mis en place dans les années 70, est désuet. La commission sur l'avenir de l'agriculture propose une réforme complète du régime. Le gouvernement étudie le rapport depuis près de deux ans.

    Québec, qui éponge les déficits, pense de son côté que la note est élevée. « Ça coûte très cher. L'UPA demande 650 millions dans la réforme de la Financière agricole », a déclaré Claude Béchard, ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.

    Si on veut continuer à avoir de l'agriculture ici, et pas juste se fier aux autres pays pour se nourrir, on a un choix à faire.

    Christian Lacasse, président de l'UPA

    Selon Jean-Guy Vincent, la crise est ponctuelle. L'expert Bruno Larue dit plutôt qu'elle perdure et croit que le lobby de l'Union des producteurs agricoles paralyse le gouvernement. La direction de la Financière agricole a refusé de commenter.