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La compassion à guichets fermés

Image tirée de la webdiffusion montréalaise

Image tirée de la webdiffusion montréalaise

Photo : learnquebec.org

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le chef spirituel tibétain a conclu son périple pancanadien à Montréal. Il y a rencontré de futurs enseignants et a par la suite prononcé une allocution au Centre Bell, devant quelque 14 000 personnes.

Après Vancouver et Calgary, le dalaï-lama était samedi à Montréal, dernière étape de sa tournée canadienne.

Il a rencontré en matinée 500 étudiants en éducation qui donneront bientôt le cours d'éthique et de culture religieuse.

Le contenu du cours, au programme des élèves québécois depuis 2008, a suscité l'enthousiasme du chef spirituel tibétain.

La rencontre avec les étudiants, qui ont été choisis parmi les universités francophones et anglophones du Québec, a été diffusée en direct sur le web.

« Toutes les religions envoient un message d'amour et de compassion, et elles ont toutes le potentiel pour apporter la paix intérieure », leur a-t-il fait valoir.

Pour conclure sa visite, il a prononcé en après-midi au Centre Bell, devant quelque 14 000 personnes, une allocution intitulée L'éducation du coeur: la puissance de la compassion.

Il a plaidé pour que la compassion et l'altruisme soient davantage cultivés dans nos sociétés.

Le chef spirituel tibétain a par ailleurs démenti, lors d'une rencontre avec les médias, s'être opposé à la tenue des Jeux olympiques en Chine en 2008.

Le dalaï-lama quittera ensuite le Canada pour aller à New York.

Reçu tel un chef d'État à Calgary

En conférence de presse à Calgary jeudi, le chef spirituel tibétain a commenté les guerres en Afghanistan et en Irak. Il a déclaré que certaines interventions militaires passées ont eu des conséquences bénéfiques alors que d'autres ont été des échecs.

Le dalaï-lama a précisé qu'il est difficile pour le moment de classer les guerres en Afghanistan et en Irak dans l'une ou l'autre de ces catégories. Toutefois, il a affirmé que si les milliards de dollars dépensés dans les interventions militaires par le Canada et les États-Unis avaient servi à améliorer les systèmes d'éducation et de santé dans ces pays, les choses seraient peut-être différentes en ce moment.

Le chef spirituel est arrivé dans la métropole albertaine mercredi pour une première dans cette ville depuis près de 30 ans. Le dalaï-lama a participé à une conférence de deux jours organisée par l'Université de Calgary. En après-midi mercredi, il a aussi prononcé une allocution au Saddledome.

Dalaï-lama et le chapeau blanc de la Ville de CalgaryAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le dalaï-lama reçoit le chapeau blanc de la Ville de Calgary des mains du maire.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Le dalaï-lama a d'ailleurs reçu des mains du maire Dave Bronconnier le cadeau traditionnel de la Ville de Calgary: un chapeau de cow-boy blanc.

Lors de sa précédente visite dans la métropole albertaine, en 1980, le maire de l'époque ne lui avait pas réservé cet honneur prétextant qu'il n'était pas un chef d'État. Depuis, les règles ont changé et le maire Bronconnier a voulu saisir l'occasion pour reconnaître l'oeuvre du chef spirituel et son engagement envers l'éducation, la philanthropie et la paix.

Premier arrêt à Vancouver

Le dalaï-lama est au pays depuis dimanche, notamment pour participer au Sommet de la paix qui se tenait à Vancouver. Lors d'une table ronde, il a notamment fait l'éloge des femmes pour leur grande capacité à faire preuve de compassion, et critiqué les médias, qui entretiennent une vision pessimiste du monde. Mardi, il a participé à trois autres événements dans le cadre de ce sommet à Vancouver.

La visite du 14e dalaï-lama se déroule sous très haute surveillance. Le chef tibétain est considéré comme un dangereux séparatiste par le gouvernement chinois et il reçoit régulièrement des menaces de mort.

Entrevue exclusive à Radio-Canada

Le chef spirituel tibétain réitère sa condamnation de la violence dans une entrevue exclusive accordée au Téléjournal de Radio-Canada.

Celle des Chinois envers les Tibétains d'une part, mais aussi celle qu'on retrouve dans le langage de certains Tibétains de la jeune génération, qui remettent en question son approche pacifiste, même s'il minimise leur nombre.

Avec les minorités, affirme le dalaï-lama, les Chinois « devraient rechercher l'unité, la stabilité et la prospérité ». Mais pour cela, il faut un lien de confiance. « L'usage de la force vient détruire cette confiance. La violence engendre la peur. »

Même si plusieurs voix se sont élevées en faveur d'une action plus musclée à l'endroit de la Chine, le dalaï-lama soutient que « l'organisation de la jeunesse tibétaine soutient entièrement [la non-violence], même chez ceux qui prônent l'indépendance totale. Il est bien possible qu'il y en ait un ou deux qui fassent des menaces de violence, on s'entend, minimise-t-il, mais l'organisation elle-même, comme sûrement 90 % des Tibétains même à l'intérieur du pays, s'en tient à la non-violence ».

Ma mission, c'est la promotion des valeurs humaines, de l'harmonie religieuse. Dans ces matières, le peuple est plus important que les leaders politiques [qui me serrent la main, mais qui concluent des affaires avec la Chine.]

Le dalaï-lama

La situation actuelle le préoccupe. « Dans Lhassa, la plus grande ville [du Tibet], les deux tiers de la population sont des Han [la nationalité majoritaire]. La population chinoise occupe tout l'espace par la langue, le commerce et les restaurants: tout est chinois. Dans la ville même, la population tibétaine doit se débrouiller en langue chinoise. La langue tibétaine ne sert plus à rien. Il y a quelques mois à peine, des dirigeants chinois qui rencontraient des étudiants insatisfaits, réclamant davantage de classes en tibétain, leur ont affirmé: "ce n'est plus la peine d'apprendre le tibétain." »

Le dalaï-lama regarde vers l'avenir avec confiance. « L'avenir de cette cause ne repose pas que sur mes seules épaules », dit-il, expliquant que le dalaï-lama n'est plus le chef politique et le chef spirituel de la nation tibétaine comme cela a été le cas pendant 400 ans. Évoquant l'élection démocratique du gouvernement, il dit ne se faire « aucun souci sur le plan politique ». Il éprouve le même optimisme au sujet de la tradition religieuse tibétaine. « Parmi les 20-30 ans, [on trouve] un grand nombre de jeunes leaders spirituels équilibrés du côté de l'Inde, alors je n'ai pas d'inquiétude. »

Un ambassadeur, mais plus unique

Manifestation à Pékin du groupe Students for a Free TibetAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Manifestation à Pékin du groupe Students for Free Tibet

Photo : Students for Free Tibet

Le dalaï-lama symbolise comme nul autre la lutte du peuple tibétain depuis des décennies. Mais une nouvelle génération de militants protibétains, plus radicaux face à la Chine, est en train d'émerger.

Contrairement au dalaï-lama, qui revendique l'autonomie du Tibet au sein de la Chine, eux prônent son indépendance pure et simple.

L'une des organisations les plus connues est Students for a Free Tibet, « Étudiants pour un Tibet libre ». Présente dans 35 pays, elle s'est notamment fait remarquer par ses coups d'éclat durant les derniers Jeux olympiques de Pékin. Et c'est une canado-tibétaine, Lhadon Tethong, qui la dirige.

Avec les informations de La Presse canadienne

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