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Adil Charkaoui retrouve sa liberté

Adil Charkaoui coupe le bracelet électronique qu'il portait en vertu d'un certificat de sécurité

Jeudi dernier, Adil Charkaoui a coupé le bracelet électronique qu'il portait en vertu du certificat de sécurité.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada

Une juge de la Cour fédérale lève les dernières conditions de remise en liberté imposées au Montréalais d'origine marocaine, visé par un certificat de sécurité depuis six ans. Ce dernier devrait être bientôt révoqué.

Ce sera une journée dont Adil Charkaoui va se rappeler: le Montréalais d'origine marocaine, visé par un certificat de sécurité depuis 2003, est redevenu un homme libre. Jeudi, la juge Danièle Tremblay-Lamer, de la Cour fédérale, a en effet levé les dernières conditions de remise en liberté qui pesaient contre lui.

Résultat: ce dernier a coupé, devant les caméras, le bracelet GPS qu'il était forcé de porter à la cheville depuis 2005. La juge Tremblay-Lamer a également décidé que les 50 000 $ que M. Charkaoui avait versés pour sa caution lui seront remboursés.

Après beaucoup de souffrances, je me sens soulagé d'un grand fardeau.

Adil Charkaoui

La juge Tremblay-Lamer a annoncé aux avocats du gouvernement fédéral que le certificat de sécurité émis à l'endroit d'Adil Charkaoui devrait être révoqué à la fin des audiences de la Cour fédérale, la semaine prochaine. « C'est impossible qu'il ne tombe pas », a déclaré la juge à plusieurs reprises au sujet de cette mesure d'exception utilisée à l'encontre des immigrants considérés comme une menace pour le Canada.

M. Charkaoui et quatre autres personnes - Mohamed Harkat, Mahmoud Jaballah, Mohamed Zeki Mahjoub et Hassan Almrei - font toujours l'objet d'un certificat de sécurité et risquent, à ce titre, la déportation.

En outre, la juge Tremblay-Lamer a opposé une fin de non-recevoir aux avocats du gouvernement fédéral qui tentaient, jeudi matin encore, de déposer de nouveaux documents sur la « dangerosité possible » d'Adil Charkaoui. Ces documents émanent du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).

Adil Charkaoui est maintenant un homme libre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Rappelons qu'en août dernier, le gouvernement fédéral a retiré certains éléments de preuve du dossier d'Adil Charkaoui pour ne pas avoir à les rendre publics. Les avocats du gouvernement canadien ont fait valoir que la divulgation de ces renseignements compromettait la sécurité nationale. Il s'agissait de documents liés à l'écoute électronique dont avait fait l'objet Adil Charkaoui.

En refusant de rendre publics ces documents, Ottawa a affaibli la preuve qu'il disait détenir contre Adil Charkaoui. Conséquemment, la juge Danièle Tremblay-Lamer a estimé que le certificat de sécurité émis contre le Montréalais n'avait plus sa raison d'être.

Établi au Canada en 1995, Adil Charkaoui, 36 ans, a le statut de résident permanent. Le gouvernement fédéral le soupçonnait d'appartenir à un réseau terroriste lié à Al-Qaïda, ce qu'il a toujours nié. Il a été arrêté en mai 2003 en vertu d'un certificat de sécurité.

Après plus de 21 mois d'incarcération, Adil Charkaoui a été remis en liberté en février 2005 par un juge de la Cour fédérale, qui lui a néanmoins imposé de strictes conditions. Ces conditions de remise en liberté ont été assouplies en février dernier, puis levées aujourd'hui par la juge Lamer-Tremblay.

Plusieurs organisations et personnalités publiques, dont Amnistie internationale, la Ligue des droits de l'homme et le député néo-démocrate Ed Broadbent, ont milité pour l'abandon des procédures engagées contre lui.

Obtenir les excuses du gouvernement

Pour Adil Charkaoui, c'est la fin d'un cauchemar. Mais ce n'est pas pour autant la fin de la saga judiciaire dans laquelle il est engagé. « Je ne veux pas me contenter d'une admission des ministres et rester, sans blanchir ma réputation, avec l'étiquette d'un ex-présumé », a affirmé celui qui songe sérieusement à engager une poursuite contre les autorités fédérales.

À ce stade-ci, je suis rendu à la demande d'excuses. J'aimerais que le gouvernement s'excuse à la famille, à moi, à ma communauté.

Adil Charkaoui

Johanne Doyon, l'avocate d'Adil Charkaoui, soutient que le gouvernement fédéral a fait de « l'abus de procédures ». « Le gouvernement doit comprendre qu'il faut faire des enquêtes sérieuses, qu'il faut faire l'application régulière du droit. Lorsqu'on n'a pas de motif raisonnable de croire qu'une personne va faire une infraction criminelle, on s'abstient. La liberté est un droit fondamental », a-t-elle dit.

L'avocate qui représente Adil Charkaoui croit qu'Ottawa n'aurait jamais dû émettre de certificat de sécurité contre lui et que les droits constitutionnels de son client ont, par conséquent, été violés.

Avec les informations de La Presse canadienne

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