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Contrat annulé, opposition indignée

Gérald Tremblay
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors qu'a débuté la campagne électorale municipale, les réactions sont vives après l'annulation par le maire de Montréal du contrat des compteurs d'eau accordé au consortium GÉNIeau, dans la foulée de l'accablant rapport du vérificateur de la Ville.

Les réactions sont aussi vives que nombreuses au lendemain de l'annonce par le maire de Montréal Gérald Tremblay de l'annulation du contrat de 356 millions de dollars au consortium GÉNIeau pour l'installation de milliers de compteurs d'eau (en milieu institutionnel, industriel et commercial) et d'autres équipements reliés au réseau d'aqueduc.

La mine sombre, le maire Tremblay a fait cette annonce quelques heures à peine après que le vérificateur général de la Ville, Jacques Bergeron, eut expliqué les grandes lignes de son rapport dans une conférence de presse, à Montréal.

Ce rapport constitue une véritable gifle pour l'administration montréalaise. En résumé, le vérificateur de la Ville décrète que le mandat dans l'attribution du contrat des compteurs d'eau a été dénaturé en cours de route et que ledit contrat s'est avéré trop gros et trop cher pour Montréal.

Les Montréalais exigent que je fasse ce qui s'impose. En avril, j'avais fait suspendre ce contrat, aujourd'hui, j'annonce qu'il sera annulé.

Une citation de :Le maire Gérald Tremblay

Le maire de Montréal a reconnu que dans son rapport, déposé lundi soir au conseil municipal, le vérificateur de la Ville avait relevé des « lacunes préoccupantes » dans l'attribution de ce contrat, le plus important jamais accordé par l'administration municipale.

Deux fonctionnaires remerciés

Dans la foulée de ce rapport accablant, le maire a annoncé que deux hauts fonctionnaires de la Ville avaient accepté de remettre leur démission. Il s'agit de Claude Léger, directeur général de la Ville de Montréal, et de Robert Cassius de Linval, directeur principal au service des affaires corporatives à la Ville.

Le maire a demandé à Rachel Laperrière d'assurer l'intérim et de mettre en oeuvre un « plan d'action vigoureux » afin de resserrer les processus d'attribution des contrats au secteur privé et de renforcer les mécanismes de reddition de comptes à la Ville.

« Le vérificateur général l'a dit, les élus n'ont pas été suffisamment informés. J'agis avec l'information que j'ai aujourd'hui, je veux qu'on revoie le rôle du privé », a encore dit le maire de Montréal.

L'opposition peu convaincue

Pour Louise Harel, chef de Vision Montréal et principale rivale de Gérald Tremblay dans la course à la mairie, le vérificateur général n'a pas « absout le comité exécutif et le maire lui-même ». Selon Louise Harel, le maire aurait dû poser plus de questions et il a, de fait, failli aux obligations et aux responsabilités liées à ses fonctions.

De l'avis du chef de l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville, Benoît Labonté, le contrat est toujours en cours, puisqu'il revient au conseil municipal de l'abroger. Benoît Labonté presse le maire Tremblay de convoquer d'urgence une réunion du conseil municipal à cet effet.

Pour Benoît Labonté, les délais liés à cette annulation sont inacceptables, parce qu'ils coûteront cher aux Montréalais. « Combien de millions de dollars le maire va-t-il demander aux Montréalais de payer pour tenter de sauver sa carrière politique? » a-t-il demandé.

De son côté, le président du syndicat des cols bleus regroupés de la Ville de Montréal, Michel Parent, affirme les citoyens de Montréal sont les grands perdants dans toute cette affaire.

Pour la présidente du syndicat des professionnels de la ville de Montréal, Gisèle Jolin, le vérificateur met en lumière un problème de gouvernance.

Quant à la présidente du syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal, Monique Côté, elle s'inquiète que les services internes de la Ville aient été exclus, au profit du privé.

Québec veut plus de transparence

Le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, croit qu'une révision s'impose pour mettre en place des procédures plus transparentes dans le processus d'appel d'offres de la Ville de Montréal.

« Quand il y a des lacunes, il faut les corriger, a déclaré Laurent Lessard. J'écoutais le maire indiquer que, si c'était à refaire, avec les informations dont il dispose grâce au vérificateur général, il le referait autrement. Alors, il doit faire des révisions. »

Le contrat accordé à la firme GÉNIeau comporterait une clause qui prévoit des pénalités advenant l'annulation de cette entente. Le ministre Lessard n'a pas voulu commenter l'annulation du contrat et les éventuelles pénalités qui pourraient y être assorties. Il affirme qu'il s'en remet à l'administration municipale.

Des pénalités liées à l'annulation du contrat

GÉNIeau a fait savoir, par voie de communiqué, qu'elle évaluera les conséquences financières de la résiliation du contrat octroyé en novembre 2007 par la Ville. La firme rappelle qu'elle avait répondu « de bonne foi » à l'appel d'offres lancé par la Ville de Montréal.

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