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L'héritage du jugement Marshall

Port de pêche

Port de pêche (archives).

Radio-Canada

Il y a 10 ans, la Cour suprême du Canada reconnaissait le droit des Micmacs et des Malécites de participer à la pêche. Après un début difficile, les Autochtones et les Acadiens travaillent aujourd'hui ensemble.

Il y a 10 ans aujourd'hui, la Cour suprême du Canada rendait une décision qui a changé la pêche le long de la côte est du pays. Cette décision, l'arrêt Marshall, a reconnu aux Micmacs et aux Malécites un droit de participation aux différentes pêches et le droit de vendre leurs captures.

Cette décision a provoqué des conflits entre les Autochtones et des pêcheurs blancs, particulièrement à Burnt Chuch, dans la région de Miramichi, au Nouveau-Brunswick. Les membres de cette communauté aussi appelée Esgenoôpetitj et les pêcheurs des villages avoisinants se sont affrontés, parfois violemment.

Comme le jugement Marshall ne précisait pas les saisons de pêche, les Autochtones se sont immédiatement mis à l'oeuvre, ce qui a soulevé la colère des pêcheurs blancs, qui étaient soumis à des règles précises et des quotas.

Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis 10 ans et les relations entre Acadiens et Autochtones se sont grandement améliorées.

« Je pense qu'on peut dire que la région de la Miramichi est l'exemple au pays où tu peux intégrer des Autochtones dans une activité commerciale en harmonie avec des gens qui étaient déjà là. C'est sûr que ç'a été difficile au début, mais la manière que ça s'est fait, la manière que ça se déroule actuellement, je pense que c'est l'exemple au pays », estime Réginald Comeau, porte-parole de l'Union des pêcheurs des Maritimes.

Sur le quai de Richibouctou, au sud de Miramichi, la cohabitation est également pacifique aujourd'hui. Le pêcheur acadien Léopold Guimond est le capitaine d'un navire autochtone d'Elsipogtog.

« Je ne suis pas le seul gars qui fait ça ici. Il y a des gars pas mal dans tous les ports. On a eu des problèmes entre les deux groupes, mais maintenant ça va mieux », souligne M. Guimond.

Il y a des signes de progrès. La communauté d'Elsipogtog est maintenant propriétaire de sa propre usine.

La lutte des Micmacs n'est pas terminée

Burnt Church

Burnt Church (archives)

Toutefois, bien des difficultés persistent. Curtis Bartibogue, de Burnt Church, dit que peu de pêcheurs autochtones ont connu de succès et que la pêche décline. Il ne voit guère de différence entre la situation d'aujourd'hui et celle d'il y a 10 ans.

L'Assemblée des chefs micmacs de la Nouvelle-Écosse, rassemblée à Halifax, fait le même constat. Le chef Terry Paul affirme qu'il croyait que le jugement Marshall procurerait l'autonomie financière aux communautés autochtones, mais que ce n'est toujours pas le cas.

Les Micmacs de la Nouvelle-Écosse disent que leur accès à la pêche est insuffisant. Les chefs expliquent que les limites imposées à la pêche empêchent leurs communautés de s'enrichir.

Les chefs micmacs pressent le gouvernement fédéral de donner à leurs communautés une plus grande place dans l'industrie de la pêche.