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Ottawa dans l'embarras

La ministre de la Santé du Canada, Leona Aglukkaq
La ministre de la Santé du Canada, Leona Aglukkaq Photo: La Presse canadienne / Fred Chartrand
Radio-Canada

La ministre Leona Aglukkaq ordonne une enquête sur l'envoi, par Santé Canada, de sacs mortuaires dans des communautés autochtones du nord du Manitoba en prévision de la prochaine éclosion du virus.

La ministre de la Santé du Canada, Leona Aglukkaq, s'est dite préoccupée mercredi par l'envoi, par Santé Canada, de sacs mortuaires dans des communautés autochtones du nord du Manitoba.

Tout cela est très perturbant. Il s'agit d'une affaire grave qui me préoccupe beaucoup.

La ministre Leona Aglukkaq

La ministre a ajouté qu'elle avait ordonné à son sous-ministre adjoint de faire immédiatement enquête sur la question. Elle n'a toutefois pas présenté d'excuses officielles.

Au moins quatre Premières Nations ont en effet reçu des dizaines de sacs mortuaires. Ces objets ont été envoyés en même temps que du désinfectant pour les mains et des masques pour le visage en vue d'une deuxième éclosion du virus de la grippe A (H1N1).

La réception de sacs mortuaires a soulevé l'indignation de chefs autochtones, qui estiment que cela envoie un très mauvais message. « Les Premières Nations Wasagamach, Saint Theresa Point et Garden Hill sont horrifiées d'avoir reçu des dizaines de sacs mortuaires envoyés par le ministère de la Santé dans le cadre du plan de prévention contre le H1N1 », indiquent leurs chefs.

« Je me demande si les responsables de la Santé savent des choses que nous ignorons », a dit le grand chef David Harper. Selon lui, ce serait comme d'envoyer des sacs mortuaires aux militaires en Afghanistan.

Ne nous envoyez pas de sacs mortuaires, aidez-nous à nous organiser, envoyez des médicaments.

Le grand chef David Harper

D'autres chefs se demandent eux aussi si cela ne veut pas dire que les communautés autochtones seront laissées à elles-mêmes lors d'une prochaine éclosion du virus.

Ottawa établit ses priorités

Par ailleurs, les autorités sanitaires du Canada ont dévoilé mercredi leur liste de priorités pour la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1) qui aura lieu cet automne.

Ainsi, comme le recommande l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les professionnels de la santé seront parmi les premières personnes à être immunisées, afin qu'ils puissent assurer les services de santé en cas de pandémie du virus.

Les femmes enceintes, les enfants âgés de 6 mois à moins de 5 ans, principalement les jeunes enfants de 6 à 23 mois, feront aussi partie de cette première vague de vaccination.

Toutes les personnes de moins de 65 ans ayant des maladies chroniques seront aussi immunisées en premier, de même que les personnes qui vivent dans des communautés éloignées et qui n'ont pas facilement accès à des services de santé.

Enfin, les personnes qui vivent avec des personnes à risque élevé qui ne peuvent pas être immunisées ou qui pourraient ne pas bien répondre au vaccin, comme les jeunes enfants de moins de 6 mois, seront aussi vaccinées dès le début de la campagne.

Les autorités ont aussi établi un deuxième groupe de personnes qui pourraient bénéficier du vaccin. Il s'agit:

  • des enfants âgés de 5 à 18 ans
  • des premiers intervenants (par exemple les policiers et pompiers)
  • des ouvriers de l'industrie avicole et porcine
  • des adultes âgés de 19 à 64 ans
  • des adultes âgés de 65 ans et plus

Les autorités ont tenu à se faire rassurantes en répétant que tout sera prêt pour commencer la campagne de vaccination au début de novembre. Elles rappellent aussi qu'il y aura assez de doses de vaccins pour immuniser tous les Canadiens qui le souhaiteraient. La ministre Aglukkaq a rappelé qu'Ottawa avait commandé près de 50,4 millions de doses de vaccins.