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La quête de Claude Robinson

C'est en 1982, alors qu'il est âgé de 30 ans, que Claude Robinson commence à travailler sur Robinson Curiosité, un personnage à son image dont même les dessins lui ressemblent.

Quelques années plus tard, en 1986, il approche, sans succès, Cinar pour promouvoir son projet de dessin animé, notamment auprès de producteurs et de diffuseurs américains.

Claude RobinsonClaude Robinson

C'est alors qu'il se tourne vers l'Europe. Il rencontre à Cannes, au printemps de 1987, le producteur français Christophe Izard, encore une fois sans succès.

Tout bascule en septembre 1995, quand l'auteur reconnaît son personnage sur les ondes de Canal Famille sous le nom de Robinson Sucroé. Ce dessin animé est signé par ce même Christophe Izard, rencontré 8 ans plus tôt. Il envoie alors une mise en demeure à Cinar l'accusant de plagiat.

C'est à ce moment-là que Claude Robinson commence son combat contre Cinar et des producteurs européens en faisant sa propre enquête. Il porte plainte à la police pour contrefaçon de droits d'auteur. Il intente alors une poursuite civile pour plagiat. Cet affrontement juridique avec les avocats de Ronald Weinberg et de Micheline Charest sera très long.

L'auteur Claude RobinsonL'auteur Claude Robinson

À l'automne 1999, Radio-Canada fera découvrir le scandale des prête-noms utilisés par Cinar pour obtenir d'importants crédits d'impôt et des subventions. Avant que ce scandale n'éclate, Claude Robinson était incapable de retrouver les scénaristes qui signaient les textes de la série.

Claude Robinson persistera pendant des années dans sa quête pour reprendre les droits sur son oeuvre. Ainsi, il a dû attendre au 2 septembre 2008 pour que commence le procès, après 14 ans de péripéties juridiques.

Le 26 août 2009, Claude Robinson remporte une victoire marquante en Cour supérieure du Québec contre Cinar et d'autres maisons de production.

Dans un jugement de 240 pages, le juge Claude Auclair accorde 5,2 millions de dollars à l'auteur de Robinson Curiosité, dont 400 000 $ pour les préjudices psychologiques endurés, 1 million de dollars en frais exemplaires et 1,5 million de dollars pour frais d'avocats.

L'animation « Robinson Sucroé », réalisée par Cinar

La conduite des affaires de Charest, Weinberg et Izard est basée sur la tricherie, le mensonge et la malhonnêteté. [...] L'objectif de l'octroi de dommages punitifs est de prévenir des cas semblables et de punir ces bandits à cravate ou à jupon, afin de les décourager de répéter leur stratagème et sanctionner leur conduite scandaleuse, infâme et immorale.

Le juge Claude Auclair

L'avocat de Cinar, Pierre Lefebvre, s'est dit déçu et surpris de cette décision. Les clients qu'il représente avaient trente jours pour porter la cause en appel. En septembre, Cinar, Ronald Weinberg, Christian Davin de France Animation, Christophe Izard et les compagnies France Animation et Ravensburger ont décidé de porter leur cause en appel, invoquant des erreurs de droit.

En juillet 2011, la Cour d'appel du Québec confirme que ces entreprises ont bel et bien plagié l'oeuvre de Claude Robinson, mais elle réduit le montant des dommages accordés à l'auteur à 2,7 millions de dollars. Sa longue bataille juridique lui a coûté jusqu'à présent 2,4 millions de dollars en frais d'avocats.

À l'automne 2011, les maisons de production tentent de ne pas verser la somme accordée en appel à M. Robinson, sous prétexte qu'elles pourraient ne pas revoir la couleur de leur argent si elles gagnaient en Cour suprême.

La Cour d'appel les oblige finalement à verser une somme de 3,25 millions de dollars dans un compte en fidéicommis, en attendant que la Cour suprême entende l'affaire. Cinar a versé 750 000 $, mais les autres maisons de production n'ont pas versé leur part, qui s'élève à 2,5 millions de dollars. Claude Robinson demande à la Cour suprême de forcer la main des producteurs à ce sujet, mais il n'a pas gain de cause.

En mai 2012, la Cour suprême annonce qu'elle entendra la cause de M. Robinson, qui conteste la décision de la Cour d'appel du Québec de réduire le montant des dommages que les entreprises doivent lui verser.

Le plus haut tribunal du pays entendra aussi la cause des maisons de production, qui contestent quant à elles le jugement de la Cour supérieure ayant conclu en août 2009 que les maisons de production en cause ont violé les droits d'auteur de M. Robinson.

Jusqu'à présent, les anciens dirigeants de Cinar ont toujours réussi à éviter des accusations criminelles.

Société