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David Whissell démissionne

Le ministre du Travail ne siégera plus au Cabinet Charest, dans la foulée de révélations sur des contrats gouvernementaux attribués sans appel d'offres à une entreprise dans laquelle il détient des actifs. Sam Hamad lui succède.

David Whissell et Jean CharestDavid Whissell et Jean Charest Photo : PC / Jacques Boissinot

Aux prises avec la controverse entourant l'attribution de contrats gouvernementaux à une entreprise dans laquelle il détient des actifs, David Whissell a annoncé mercredi après-midi qu'il démissionne de son poste de ministre du Travail du Québec.

M. Whissell a confirmé cette information à l'issue d'un conseil des ministres tenu à Québec. Il restera toutefois député d'Argenteuil.

Le ministre Whissell a dû répondre à plusieurs questions à la suite des révélations de Radio-Canada concernant deux contrats d'asphaltage attribués sans appel d'offres à ABC Rive-Nord par Transport Québec. Ces contrats concernaient des travaux qui devaient être réalisés dans la circonscription représentée par M. Whissell à l'Assemblée nationale.

Le Syndicat de la fonction publique du Québec a notamment demandé une enquête du vérificateur général sur l'attribution de ces contrats.

En conférence de presse, M. Whissell a rappelé qu'il avait placé ses intérêts dans ABC Rive-Nord dans une fiducie sans droit de regard lorsqu'il a été nommé ministre, en 2007. Il affirme en avoir parlé à l'époque avec le jurisconsulte de l'Assemblée nationale, qui avait confirmé que cela le mettrait à l'abri de conflits d'intérêts en tant que député.

Toutefois, le jurisconsulte avait spécifié que des directives différentes s'appliqueraient au Conseil des ministres, ce qu'a reconnu David Whissell.

M. Whissell a résumé le choix qui s'offrait donc à lui: servir comme ministre ou liquider le patrimoine familial.

ABC Rive-Nord est en effet une entreprise que la famille Whissell a contribué à bâtir. Le député d'Argenteuil est actif depuis plusieurs années dans le secteur de la construction, dans la région des Laurentides.

M. Whissell a notamment été directeur général de Whissell inc., une entreprise de Lachute, au début des années 1990, puis a été propriétaire et président de Béton 344 inc., à Saint-André-d'Argenteuil, de 1994 à 2002.

Retour en arrière

Jean Charest a annoncé par ailleurs qu'il revient en arrière et interdira dorénavant à ses ministres d'être actionnaires de compagnies privées ou de sociétés fermées qui font affaire avec le gouvernement. Le premier ministre avait adopté des règles plus souples en mars dernier, qu'il avait dû défendre.

Quelques ministres détenaient en effet des actifs dans des entreprises privées.

Selon des informations obtenues par Radio-Canada, le ministre des Relations internationales, Pierre Arcand, a toutefois vendu ses actions dans Metromedia Plus au principal propriétaire de l'agence de publicité, dont il était auparavant actionnaire. M. Arcand a fait cette transaction en juin dernier.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, est propriétaire d'une polyclinique privée et de l'immeuble l'abritant, dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. On ne sait pas s'il a l'intention de s'en défaire, mais cette clinique n'aurait, de toute manière, aucun lien d'affaires avec le gouvernement du Québec.

En conférence de presse, le premier ministre Charest a continué de défendre David Whissell. Il a affirmé qu'il n'y avait aucun indice de favoritisme, a rappelé que les intérêts de M. Whissell se trouvaient dans une fiducie sans droit de regard et a indiqué qu'il avait toujours eu confiance en son ministre.

Jean Charest a réitéré que toute personne qui arrive en politique a un passé et un avenir. Il a toutefois ajouté qu'il avait le devoir de s'assurer qu'il n'y ait aucune perception possible de conflit d'intérêts.

M. Charest a affirmé que c'est pour cette raison que son gouvernement a déposé le projet de loi 48 sur le Code d'éthique et de déontologie des membres de l'Assemblée nationale. Ce projet de loi prévoit entre autres la création d'un poste de commissaire à l'éthique. Le premier ministre a soutenu que cela permettrait d'éviter d'avoir lui-même la responsabilité d'appliquer les règles.

Sam Hamad au Travail

Le nouveau ministre du Travail est déjà choisi: il s'agit de Sam Hamad, qui détient déjà les portefeuilles de l'Emploi et de la Solidarité sociale, ainsi que celui de ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale. Le Conseil des ministres compte maintenant 14 hommes et 12 femmes.

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