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Une gaie cherche refuge au Canada

Bethany Smith

Bethany Smith

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une militaire homosexuelle ayant déserté l'armée américaine parce qu'elle disait craindre pour sa vie conteste devant la Cour fédérale une décision défavorable prise par la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada.

Une militaire qui a déserté l'armée américaine parce qu'elle se dit persécutée en raison de son orientation sexuelle a plaidé en Cour fédérale, à Ottawa, mardi, que le Canada devrait lui accorder le statut de réfugiée.

Bethany Smith, qui a changé de nom pour Skyler James dans la foulée de son arrivée à Cornwall, en octobre 2007, réclame une révision de la décision prise par la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada. Le tribunal administratif avait rejeté sa requête.

La jeune femme de 21 ans, qui réside maintenant à Ottawa, a déclaré qu'elle avait quitté l'armée parce qu'elle craignait pour sa vie. Mme Smith était basée à Fort Campbell, au Kentucky, la même base où un soldat homosexuel a été battu à mort avec un bâton de baseball en 1999.

Elle a déclaré que plusieurs de ses collègues la traitaient comme si elle était « moins qu'un être humain » après que l'un d'entre eux l'eut surprise en compagnie d'une autre femme à qui elle tenait la main.

Elle affirme avoir été victime de harcèlement verbal et physique quotidiennement et avoir reçu une centaine de messages haineux anonymes, incluant une menace de mort. Elle prétend qu'un des soldats la secouait et la jetait par terre tous les jours.

Mme Smith aurait alors avoué son homosexualité à ses supérieurs, à qui elle aurait demandé d'être libérée de ses obligations militaires. Ils auraient sous-entendu qu'ils allaient accéder à sa demande, puis auraient changé d'idée pour la déployer en Afghanistan.

L'armée accède habituellement à de telles requêtes en vertu de la politique connue officieusement sous le nom « Ne demandez pas, n'en parlez-pas ». Cette politique qui date de 1993 interdit à tout Américain qui « démontre une propension ou qui a l'intention de commettre des actes homosexuels » de servir dans l'armée américaine parce que cela « créerait un risque inacceptable contre les normes morales, l'ordre, la discipline et la cohésion, qui forment le noyau des capacités militaires ».

Bethany Smith croit qu'elle se retrouvera en cour martiale si elle doit retourner aux États-Unis et que le verdict sera plus sévère à cause du sentiment antigai qui aurait cours dans le système judiciaire militaire américain. Selon son avocat, elle devra notamment faire face à des accusations de désertion et d'indécence.

Le procureur a de son côté argué qu'il n'était pas du ressort des tribunaux canadiens de statuer sur le traitement réservé aux déserteurs par la justice militaire américaine.

D'autres déserteurs américains ont perdu leur appel devant les tribunaux canadiens, mais ils avaient fui les États-Unis sous prétexte qu'ils s'opposaient à la guerre en Irak.

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