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Exclusif

Un voyage suivi d'une démission

Robert Marcil, ancien directeur du service de la réalisation des travaux à la Ville de Montréal

Robert Marcil

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Radio-Canada et La Presse ont appris que l'ancien directeur du service de la réalisation des travaux à la Ville de Montréal Robert Marcil a fait un voyage avec un entrepreneur, quelques mois avant de démissionner.

Une enquête interne est en cours à la Ville de Montréal sur les agissements de l'ancien directeur du service de la réalisation des travaux Robert Marcil.

Celui qui était responsable de l'ensemble des travaux de construction à Montréal a démissionné le 26 juin dernier pour relever de nouveaux défis, selon sa lettre de démission. Il travaillait pour la Ville de Montréal depuis 18 ans.

Selon ce que Radio-Canada et le quotidien La Presse ont appris, Robert Marcil a démissionné après avoir été interrogé par des enquêteurs de la Ville au sujet d'un voyage en Italie qu'il a fait en octobre dernier avec l'entrepreneur Joseph Borselino, le président de Garnier Construction, un gros joueur dans les travaux d'infrastructures à Montréal. C'est le maire Gérald Tremblay lui-même qui a reçu une lettre anonyme l'informant de ce voyage.

« Alors on a rencontré Marcil pour obtenir sa version des faits et dans le processus d'enquête, M. Marcil a décidé de démissionner », a expliqué le directeur des services professionnels à la Ville de Montréal, Jean-Yves Hains.

En plus de Robert Marcil, Joseph Borselino avait aussi invité Yves Lortie, vice-président de la section Infrastructures municipales chez la firme de génie-conseil Genivar, ainsi que Jocelyn Dupuis, l'ex-directeur de la FTQ-Construction dont Radio-Canada a révélé les énormes comptes de dépense au printemps dernier.

Les quatre hommes étaient accompagnés de leurs conjointes. Du 15 au 24 octobre, ils ont notamment visité Rome, Sienne et Florence.

Selon un décompte partiel, Garnier, l'entreprise de Joseph Borselino, a obtenu en 2008 et 2009 au moins 20,5 millions de dollars en contrats de la Ville de Montréal, surtout pour la réfection de conduites d'eau. L'enquête interne de la Ville de Montréal tentera de déterminer si cette invitation en Italie a pu jouer un rôle quelconque dans l'attribution de contrats. Chose certaine, Robert Marcil a clairement contrevenu au code d'éthique des employés de la Ville.

Yves Lortie a aussi contrevenu au code d'éthique de Genivar en acceptant ce voyage. « Comme entreprise, Genivar, nous ne sommes pas très à l'aise avec ça », a déclaré la directrice des communications de l'entreprise, Marlène Casciaro.

Genivar examinera la conduite de son vice-président Infrastructures municipales. « Il pourrait y avoir apparence de conflit d'intérêts. Maintenant, je pense que c'était maladroit de sa part d'accepter, mais on ne peut pas retourner dans le passé », a ajouté Mme Casciaro.

Même si Robert Marcil a déjà démissionné, la Ville poursuivra son enquête interne et n'exclut pas de demander à la police de faire la lumière sur cette affaire.

Le maire réagit

En entrevue à Radio-Canada, le maire Gérald Tremblay a déclaré que la lettre qu'il avait reçue l'informant du voyage était signée, et non anonyme. Il affirme qu'une fois mis au courant, il a demandé une enquête interne. Robert Marcil a démissionné par la suite.

Le maire soutient que la population lui fait encore confiance. « [Les gens] savent que, quand j'ai de l'information, j'agis et, partant de là, je fais les enquêtes nécessaires, et les congédiements ou les démissions se font », a déclaré M. Tremblay.

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