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L'enthousiasme libyen pour Al-Megrahi critiqué

Abdelbaset Ali Mohamed Al-Megrahi, à son arrivée à l'aéroport de Tripoli, jeudi, avec le fils de Mouammar Kadhafi, Seif Al-Islam (20 août 2009)
Abdelbaset Ali Mohamed Al-Megrahi, à son arrivée à l'aéroport de Tripoli, jeudi, avec le fils de Mouammar Kadhafi, Seif Al-Islam Photo: AFP / STR
Radio-Canada

Washington et Londres dénoncent l'accueil chaleureux réservé au responsable de l'attentat de Lockerbie lors de son arrivée à Tripoli après sa libération. Al-Megrahi, atteint d'un cancer, jure de prouver son innoncence avant de mourir.

Londres n'a pas du tout apprécié l'accueil chaleureux réservé à Mohamed Al-Megrahi lors de son retour en Libye, jeudi.

M. Al-Megrahi a été accueilli par des centaines de personnes qui agitaient des drapeaux libyens et écossais, lors de sa descente d'avion, à Tripoli.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a qualifié cet accueil de « profondément affligeant, profondément pénible [...] pour les familles [...] et pour quiconque a un gramme d'humanité en lui ».

Selon lui, « il est très important que la Libye sache [...] que le comportement du gouvernement libyen dans les prochains jours [...] sera capital dans la manière dont le monde considèrera le retour de la Libye dans la communauté civilisée des nations », a-t-il ajouté, sur les ondes de la BBC.

Abdelbaset Ali Mohamed Al-Megrahi en 1992 en LybieAbdelbaset Ali Mohamed Al-Megrahi en 1992 en Lybie Photo : AFP / MANOOCHER DEGHATI

M. Miliband ne s'est toutefois pas prononcé sur la décision de l'Écosse, dont le système judiciaire est indépendant du système britannique, de libérer Al-Megrahi pour des raisons de santé.

Le premier ministre écossais Alex Salmond, lui, a défendu cette décision. « Le message international [...] est que le système judiciaire en Écosse garantit un châtiment, mais que ce châtiment est tempéré par la clémence quand c'est approprié et juste. »

Le président américain Barack Obama a qualifié la réaction libyenne de répréhensible. Un porte-parole de la Maison-Blanche a parlé pour sa part d'un spectacle scandaleux et dégoûtant. Jeudi, le président Obama avait dit que la libération d'Al-Megrahi était une erreur, et demandé à Tripoli de le placer en résidence surveillée.

La presse américaine, elle, est encore plus féroce. Le Wall Street Journal, par exemple, parle d'un « second Lockerbie » pour les familles des victimes de l'attentat qui a tué 270 personnes en 1988.

Le Boston Globe estime, de son côté, que la décison de la justice écossaise est un « acte de sympathie déplacée ». « Contrairement à un simple meurtre, une attaque terroriste doit être méticuleusement préparée, étudiée dans les moindres détails et soigneusement calibrée pour infliger le plus grand dommage possible à la société », peut-on lire dans le journal.

Une victoire, selon Seif Al-Islam

Dans une entrevue tournée dans l'avion qui menait M. Al-Megrahi en Libye, diffusée vendredi soir sur la chaîne Al-Motawassit, Seif Al-Islam, l'un des fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, en a rajouté. Assis à côté de l'ex-prisonnier, M. Al-Islam lui a dit: « Ta libération est une victoire que nous offrons à tous les Libyens ».

Seif Al-Islam a ajouté que la libération d'Abdelbaset Al-Megrahi était au coeur de toutes les négociations de contrats commerciaux avec le gouvernement britannique. Une information rapidement démentie par le ministère britannique des Affaires étrangères.

Mouammar Kadhafi a lui-même reçu vendredi soir Al-Megrahi, saluant au passage le « courage » et « l'indépendance » du gouvernement écossais à l'origine de sa libération.

« En ce moment, je souhaite adresser un message à nos amis en Écosse [...] et les féliciter pour leur courage et pour avoir prouvé leur indépendance malgré les pressions non acceptables et non raisonnables auxquelles ils ont fait face », a déclaré le colonel Kadhafi cité par l'agence officielle Jana.

Cette étape « servira les relations entre les deux pays, la Libye et la Grande-Bretagne, ainsi que l'amitié personnelle qui nous lie et aura sûrement des répercussions positives sur tous les aspects de la coopération entre les deux pays », a-t-il assuré.

Al-Megrahi jure de prouver son innocence avant sa mort

Dans une interview parue samedi dans le Times de Londres, l'ancien agent libyen promet de présenter, avant sa mort, de nouveaux éléments qui prouveront qu'il n'était pas impliqué.

« Mon message aux communautés britannique et écossaise est que je montrerai des éléments [pour me disculper] et leur demanderai d'être mon jury », a déclaré Al-Megrahi sans autres détails.

« S'il y a une justice en Grande-Bretagne, je serai acquitté ou le verdict sera annulé parce qu'il n'est pas solide. C'est une erreur judiciaire », a-t-il dit au Times, ajoutant à l'adresse du président Obama qu'il ne lui restait que trois mois à vivre. Al-Megrahi est atteint d'un cancer de la prostate.

Le Boeing 747 de la compagnie américaine Pan Am a explosé le 21 décembre 1988 au-dessus de Lockerbie, en Écosse. L'attentat a fait 270 morts, majoritairement des Américains. Abdelbaset Ali Mohamed Al-Megrahi est la seule personne à avoir été jugée dans cette affaire. Il a été condamné à la prison à vie pour sa responsabilité dans cette attaque.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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