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Al-Megrahi est libéré

L'auteur de l'attentat de Lockerbie, Abdelbasset Al-Megrahi en 1992

Abdelbasset Al-Megrahi en 1992

Photo : AFP / Manoocher Deghati

Radio-Canada

Le Libyen Abdelbasset Ali Al-Megrahi, condamné à la prison à perpétuité, est libéré et de retour dans son pays. Les réactions de colère fusent aux États-Unis, tandis que des familles britanniques croient qu'il a été victime d'une erreur.

L'auteur de l'attentat de Lockerbie, le Libyen Abdelbasset Ali Al-Megrahi, qui purgeait une peine de prison à perpétuité, est libéré pour des raisons médicales. Abdelbasset Ali Al-Megrahi, 57 ans, souffre d'un cancer en phase terminale.

Cette décision attendue depuis plusieurs jours a été annoncée jeudi par le ministre écossais de la Justice Kenny MacAskill.

Il y a quelques jours, le ministre a rencontré Al-Megrahi à la prison de Greenock pour discuter de sa demande de libération. Abdelbasset Ali Al-Megrahi a toujours clamé son innocence et avait porté le jugement en appel.

Dans un communiqué lu par son avocat, M. Al-Megrahi a exprimé son soulagement, mais a continué de qualifier sa condamnation de « honte ». « Cette épouvantable épreuve ne prendra pas fin avec mon retour en Libye. Elle pourrait même ne pas prendre fin avant ma mort », a déclaré l'ex-détenu.

M. Al-Megrahi est arrivé mercredi soir en Libye. Accompagné par un des fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, il a été accueilli par des centaines de personnes qui agitaient des drapeaux de la Libye et de l'Écosse, pendant que jouait l'hymne national.

L'attentat de Lockerbie

Le 21 décembre 1988, le vol 103 de la compagnie aérienne PanAm explose en plein vol au-dessus du village écossais de Lockerbie, peu après son décollage de Londres à destination de New York.

L'attentat fait 270 morts, soit les 259 personnes à bord de l'appareil et 11 autres au sol. La plupart des passagers étaient des Américains qui rentraient aux États-Unis pour les fêtes de Noël.

L'opposition des Américains

Washington a rapidement réagi à cette décision. Les États-Unis « regrettent profondément » la libération par les autorités écossaises de M. Al-Megrahi.

Le président Barack Obama a souhaité qu'il ne soit pas accueilli en héros. « Nous voulons être sûrs qu'il n'est pas accueilli chaleureusement, mais au lieu de cela, qu'il sera assigné à résidence », a déclaré M. Obama.

La semaine dernière, une délégation de sénateurs américains, qui se trouvait en Libye, avait signifié aux autorités libyennes l'opposition des États-Unis à la libération de M. Al-Megrahi.

Pour le sénateur indépendant Joseph Lieberman, « si M. Megrahi est libéré, il y aura une réaction très négative du peuple américain », mettant en garde contre les « dommages » que pourraient subir les relations entre Washington et Tripoli.

D'ailleurs, plusieurs familles aux États-Unis ont fait entendre leur colère. Certains ont affirmé que le gouvernement américain aurait pu faire plus de pression pour que le Libyen reste en prison.

Du côté du Royaume-Uni, des familles ont plutôt dit qu'elles croyaient que M. Al-Megrahi avait été victime d'une erreur judiciaire. « À mesure que le temps passera, il deviendra de plus en plus clair qu'il n'avait rien à voir avec tout cela », a déclaré à la BBC le père d'une victime de l'attentat.

La Ligue arabe a aussi salué cette libération. Son secrétaire adjoint, Ahmed Ben Hilli, a dit espérer que cela marque le début d'une nouvelle ère, et que la Libye soit dédommagée pour avoir souffert durant la crise de Lockerbie.

12 ans de tractations

Abdelbasset Ali Al-Megrahi, un ancien agent des services secrets libyens, a été condamné à la prison à perpétuité en 2001 par un tribunal spécial composé de trois juges écossais pour avoir posé une bombe dans l'avion.

Il avait été remis par la Libye à l'ONU en 1999 au terme de longues tractations diplomatiques afin d'être jugé. Son compatriote Amin Khalifa Fhimah avait aussi été remis à l'ONU pour subir son procès. Il a été acquitté.

En 2005, la Libye a reconnu sa responsabilité dans l'attentat de Lockerbie. Dans une lettre envoyée à l'ONU, le gouvernement libyen avait déclaré qu'il acceptait de se porter garant des actions de ses officiels et, par là même, de reconnaître sa responsabilité.

Tripoli avait aussi accepté de verser 2,7 milliards de dollars d'indemnisation aux familles des victimes. Cette décision a facilité la levée de sanctions internationales contre la Libye et permis un réchauffement des relations avec les pays occidentaux.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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