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Des femmes au cabinet

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad (archives)
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad Photo: AFP / Behrouz Mehri
Radio-Canada

Deux mois après sa réélection controversée, le président Mahmoud Ahmadinejad a annoncé qu'il proposerait au moins trois femmes pour des postes de ministres.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a annoncé dimanche à la télévision iranienne que son nouveau gouvernement compterait au moins trois femmes, les premières à occuper des postes de ministres dans ce pays depuis les années 1970.

Le chef d'État a indiqué qu'il présenterait Marzieh Vahid Dastjerdi pour le ministère de la Santé et Fatemeh Ajorlu pour le ministère des Affaires sociales, avant de préciser qu'une troisième femme au moins intègrerait son équipe.

Mme Dastjerdi, 50 ans, est gynécologue et professeure d'université, tandis que Mme Ajorlu, 43 ans, est députée.

En Iran, chaque ministre doit recevoir un vote de confiance d'une majorité simple de députés.

Si elles reçoivent un vote de confiance du Parlement iranien, elles deviendront les premières femmes ministres depuis la Révolution islamique de 1979. La dernière femme à occuper les fonctions de ministre (Éducation) en Iran, Farrokh-Rou Parsa, avait été exécutée pour corruption peu après.

Après la réélection controversée de Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin, plusieurs membres de son camp, les conservateurs, lui avaient demandé de consulter le Parlement avant de lui présenter son gouvernement. Le chef ultraradical s'y est refusé et a nommé ses candidats aux postes clefs.

Ainsi, Heydar Moslehi, qui était représentant du guide suprême Ali Khamenei au sein la milice islamique du bassidj (mobilisation), sera nommé ministre des Renseignements. M. Moslehi est surtout connu pour son soutien inconditionnel envers Ahmadinejad.

Le dirigeant iranien, dont la victoire a été obtenue par le biais d'une fraude massive selon ses adversaires, a aussi décidé de maintenir le ministre de l'Industrie, Ali Akbar Mehrabian, et celui de l'Économie, Shamseddine Hosseini.

Des visions divergentes

En faisant référence aux manifestations massives de l'opposition réformatrice et modérée, M. Ahmadinejad a évoqué un cabinet ministériel « conçu [...] en fonction de l'ère nouvelle qui a suivi l'élection présidentielle ».

Celui à qui de nombreux conservateurs ont demandé de choisir ses ministres selon leur compétence, plutôt qu'en fonction de leur fidélité à sa personne, a aussi indiqué que les critères de son choix seraient « la moralité et l'engagement [des candidats], leur efficacité, ainsi que la convergence et l'esprit de coopération » que les membres du futur gouvernement devraient montrer.

Ahmadinejad devra soumettre son gouvernement à l'approbation du Parlement avant le 19 août.

La Justice aux mains de Larijani

Sadeq Larijani (à droite), nommé pour cinq ans, à la tête du puissant ministère de la Justice, écoute le discours de l'ayatollah Ali Khamenei (à gauche).Sadeq Larijani (à droite), nommé pour cinq ans, à la tête du puissant ministère de la Justice, écoute le discours de l'ayatollah Ali Khamenei (à gauche). Photo : AFP / Iranian Supreme Leader's Website

Samedi, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a nommé un religieux conservateur à la tête du pouvoir judiciaire du pays. Sadeq Larijani, nommé pour cinq ans, était jusqu'ici membre du Conseil des Gardiens, l'instance qui a validé la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad.

Dans ses nouvelles fonctions, M. Larijani va gérer les procès des personnes arrêtées lors du mouvement de contestation postélectoral. Il devra aussi répondre aux accusations de l'opposition, qui affirme que des manifestants ont été torturés à mort ou violés dans les prisons du régime.

Suite du procès devant le tribunal révolutionnaire

Ce sont désormais 135 personnes qui ont été traduites devant le tribunal révolutionnaire dans le cadre du procès collectif qui s'est poursuivi à Téhéran. Dimanche, 25 personnes qui ont été ajoutées à la liste des prévenus.

Lors de cette troisième audience devant le tribunal, un film a été projeté montrant des manifestants qui s'en prenaient à des biens publics, des voitures et une mosquée. Le procureur a ensuite lu l'acte d'accusation. Il soutient que les 25 nouveaux suspects ont fomenté l'agitation postélectorale depuis plusieurs années.

Selon les autorités, les manifestations tenues dans le cadre de la contestation de la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin dernier se sont soldées par au moins 30 morts et des centaines d'arrestations. Selon l'opposition et des défenseurs des droits de la personne, ce bilan serait beaucoup plus lourd.

Jusqu'à présent, d'anciens hauts responsables gouvernementaux iraniens proches du mouvement réformiste, des étudiants français et irano-américain, des employés des ambassades de France et de Grande-Bretagne ainsi qu'un journaliste irano-canadien travaillant pour le magazine Newsweek ont comparu.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, Reuters, et la BBC