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Le Collège des médecins montré du doigt

Jean Guimond, chef du service d'interruption des grossesses au CLSC des Faubourgs

Jean Guimond, chef du service d'interruption des grossesses au CLSC des Faubourgs

Radio-Canada

Des nouvelles révélations de Radio-Canada laissent croire que les normes contenues dans la loi 34 et encadrant la pratique de l'avortement dans les cliniques privées sont venues du Collège des médecins, qui s'en est déjà défendu.

Les nouvelles normes contenues dans la loi 34 et encadrant la pratique de l'interruption volontaire de la grossesse (IVG) dans les cliniques privées continuent de susciter le débat. De nouvelles révélations de Radio-Canada laissent croire que les directives, qui risquent de restreindre la pratique de l'avortement, viendraient du Collège des médecins du Québec, qui en a déjà rejeté la paternité.

Jean Guimond, chef du Service d'interruption des grossesses au CLSC des Faubourgs, à Montréal, est sans équivoque. Auteur des normes controversées pour le compte du ministère de la Santé, il soutient que les documents et les directives viennent du Collège des médecins.

Dr Guimond, qui pratique les avortements depuis plusieurs années, affirme que le Collège lui a confirmé que ces règles s'appliquaient à l'avortement.

J'ai appelé le Collège et j'ai demandé est-ce que ces règles-là s'appliquent à l'avortement, parce que c'était crucial. La réponse, c'est oui.

Dr Jean Guimond

Dans les documents du Collège des médecins, on peut lire qu'à cause de la sédation utilisée et du nombre d'avortements, l'intervention doit se faire en bloc opératoire.

« Il y a même de vraies salles de chirurgie au Québec qui n'ont pas ça. Moi, je pense que c'est quelque chose qui n'est pas absolument nécessaire. Mais moi, je ne suis pas capable de vous dire que ce n'est pas nécessaire si dans les documents du Collège, c'est marqué que c'est nécessaire », explique le Dr Guimond.

Des normes plus exigeantes

Une application de la loi 34 dans sa formulation actuelle obligerait les cliniques privées à se conformer aux nouvelles normes d'ici le 30 septembre 2009. Elles doivent notamment être équipées au même titre que les hôpitaux. Un investissement financier que plusieurs cliniques privées, dont l'Alternative, à Montréal, disent être incapables de consentir. Résultat: ces établissements risquent de cesser la pratique de l'IVG.

Erreur d'interprétation, selon le Collège

Au Collège des médecins, le président Yves Lamontagne parle d'une erreur d'interprétation. « Il faut savoir lire ce qui est marqué », dit-il, ajoutant que « cela doit être fait dans une salle spéciale ou dans le bloc opératoire. Ça ne dit pas d'emblée dans un bloc opératoire ».

Yves Lamontagne, président du Collège des médecins du QuébecAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Yves Lamontagne, président du Collège des médecins du Québec

Dans le document du Collège des médecins intitulé La chirurgie en milieu extrahospitalier, il est écrit ceci: « salle réservée à cette fin ou bloc opératoire ». La description des lieux qui suit transformerait toutefois les salles d'intervention actuelles en blocs opératoires. C'est la raison pour laquelle des cliniques ont menacé de fermer leurs portes, de crainte de ne pas pouvoir se conformer aux nouvelles normes.

« C'est comme si, tout d'un coup, le Collège venait de découvrir que ses règles étaient excessives », observe le Dr Guimond.

Yves Lamontagne réplique pour sa part que « malheureusement, dans ce dossier-là, et ce n'est pas le premier dossier, la communication n'a pas été limpide et claire ».

Le départ du ministre Bolduc réclamé

Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, est vivement critiqué dans ce dossier. Le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), Gaétan Barrette, a carrément exigé son départ.

Le Dr Barrette reproche notamment au ministre Bolduc d'avoir affirmé qu'aucun ordre professionnel ne s'était opposé aux nouvelles exigences imposées par la loi 34 aux cliniques d'avortement. Il rappelle que les omnipraticiens et les spécialistes ont critiqué cette décision en commission parlementaire.

Devant le tollé soulevé par les nouvelles directives, le ministre de la Santé s'est dit prêt à assouplir les normes de pratique de l'avortement. Il a précisé qu'il n'était pas question de restreindre l'accessibilité à l'IVG.

D'après un reportage d'Anne Panasuk

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