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Une loi rétrograde promulguée

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Selon Human Rights Watch, la loi qui limite les droits des femmes chiites a été signée par le président Karzaï et est entrée en vigueur. Une femme qui refuse les faveurs sexuelles de son mari peut être légalement privée de nourriture.

Le président afghan Hamid Karzaï a finalement promulgué une version modifiée de la controversée loi qui brime les droits des femmes de confession chiite, soutient Human Rights Watch (HRW). L'organisme américain de défense des droits de la personne soutient que la loi a été publiée dans la Gazette officielle le 27 juillet, de sorte qu'elle est bel et bien en vigueur.

Une jeune Hazara tient un drapeau afghan lors d'un rassemblement politique en faveur de Hamid Karzaï.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une jeune Hazara tient un drapeau afghan lors d'un rassemblement politique en faveur de Hamid Karzaï.

Photo : AFP / Massoud Hossaini

La loi en question encadre de façon générale les affaires personnelles des chiites afghans: âge minimum pour le mariage, séparation, divorce, héritage, etc. Selon HRW, elle a été quelque peu modifiée, mais elle contient toujours des dispositions discriminatoires pour les femmes. Ainsi:

  • un mari peut refuser de subvenir aux besoins fondamentaux de sa femme en la privant de nourriture si elle refuse les faveurs sexuelles qu'il demande;
  • le droit de garde des enfants est l'apanage des pères et des grands-pères;
  • les femmes doivent obtenir la permission de leur mari pour travailler;
  • un violeur peut échapper à la justice s'il verse un dédommagement à sa victime.

Ce genre de loi barbare était supposé avoir été relégué aux oubliettes avec l'éviction des talibans du pouvoir en 2001, mais Karzaï les fait revivre et leur donne son sceau d'approbation officiel.

Brad Adams, directeur, Human Rights Watch

L'existence de cette loi avait soulevé un tollé, notamment au Canada, au Royaume-Uni et aux États-Unis. De l'avis général, cette loi constituait une concession du président Karzaï à des personnages influents de la communauté hazara, de confession chiite, afin d'obtenir leur vote lors de la présidentielle, qui aura lieu le 20 août. Les Hazaras comptent pour environ 10 % de la population afghane.

Devant l'opprobre, Hamid Karzaï, installé au pouvoir par les Américains après qu'ils eurent chassé les talibans du pouvoir, avait décidé de soumettre la loi à un processus de consultation populaire, retardant d'autant son entrée en vigueur. L'affaire avait même incité des femmes chiites à manifester.

Certaines dispositions de la loi ont effectivement été expurgées de la version promulguée, selon HRW. Ainsi, les femmes n'ont plus l'obligation d'avoir des relations sexuelles avec leur mari une fois tous les quatre jours. L'article obligeant les femmes à demander la permission de leur mari pour sortir de la maison a été également été abrogé.

Selon HRW, la loi en question est non seulement discriminatoire à l'endroit des femmes, mais elle contrevient à l'article 22 de la Constitution afghane, qui stipule que les hommes et les femmes ont des droits et des devoirs égaux devant la loi, et à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, que l'Afghanistan a signée.

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