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Fini l'immobilier risqué

Michael Sabia lors de sa nomination à la Caisse de dépôt et placement

Michael Sabia (archives)

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dévoilant d'emblée, fait rare, des pertes sur papier de 5,7 milliards de dollars dans ses placements immobiliers, la Caisse de dépôt et placement du Québec annonce qu'elle recentre ses activités sur des titres protégés.

Le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement (CDP) du Québec, Michael Sabia, a annoncé mardi une restructuration de la division immobilière de l'institution.

La Caisse a du même coup révélé des pertes sur papier de 5,7 milliards de dollars dans ses placements immobiliers. Il ne s'agit pas de pertes réelles, tant que l'institution ne se départit pas de ses actifs. Cela signifie tout de même une baisse de valeur importante, sur une période de six mois, de ses placements immobiliers qui comprennent des titres de dette, des placements et du papier commercial adossé à des actifs.

Le rendement de la CDP a été de 0 % pour le premier semestre de 2009. L'institution, qui a essuyé des pertes totalisant près de 40 milliards de dollars en 2008, n'a donc pas pu profiter du rebond boursier en raison de ses problèmes dans l'immobilier.

Par conséquent, la Caisse a décidé d'intégrer sa division Cadim, spécialisée dans les immeubles multirésidentiels et les hôtels, des placements plus risqués, à sa filiale SITQ, qui oeuvre dans le secteur des immeubles de bureaux et parcs d'affaires, plus sûr.

En plus de ces modifications dans son organisation, la CDP a aussi décidé de cesser ses investissements dans les prêts mezzanine et d'autres prêts dits subordonnés.

Prêts mezzanine et prêts subordonnés

Un prêt mezzanine sert à combler l'écart entre la mise de fonds de l'acquéreur et le prêt hypothécaire obtenu, lors de l'achat d'un immeuble. La baisse de valeur des immeubles a rendu ces prêts plus risqués, puisqu'en cas de défaut de paiement, la récupération des sommes accordées est plus difficile.

Un prêt subordonné dépend du remboursement d'un prêt privilégié, comme par exemple un prêt hypothécaire de premier rang. Le prêt subordonné est plus risqué, et comporte un taux d'intérêt, donc un rendement, plus élevé.

La CDP veut donc maintenant miser davantage sur des titres protégés plutôt que dans l'immobilier risqué. « Le marché immobilier, particulièrement le marché commercial, demeure très précaire. Nous pensons que la tendance va se maintenir en 2010, et peut-être jusqu'au début 2011 », a expliqué Michael Sabia en conférence téléphonique.

M. Sabia a aussi annoncé les nominations de René Tremblay au poste de premier vice-président, Immobilier et président du groupe Immobilier de la Caisse, et d'André Charest à titre de vice-président principal, Gestion des risques - Immobilier.

Une gestion critiquée

Tant le fondateur du Mouvement de défense et d'éducation des actionnaires, Yves Michaud, que l'ancien sous-ministre des Finances Pierre Goyette estiment que la Caisse de dépôt aurait dû se retirer du secteur des prêts subordonnés, plus risqués, bien avant.

En entrevue à RDI, tous deux ont critiqué la gestion du risque qui est depuis longtemps déficiente à la CDP, et qui n'a pas entièrement été expliquée, notamment lors de la commission parlementaire spéciale du printemps dernier. Selon M. Goyette, qui est aussi ex-président et chef de la direction de la Banque Laurentienne, les fusions de divisions immobilières comme la Cadim et la SITQ sont des décisions présentant peu d'intérêt.

Yves Michaud a ajouté que la Caisse de dépôt devrait aussi tenir des conférences de presse au lieu de conférences téléphoniques qui ne permettent pas aux journalistes de poser toutes les questions et d'aller au fond des choses.

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