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La guerre des festivals

Le maire de Québec, Régis Labeaume, lors du point de presse

Le maire de Québec, Régis Labeaume, lors du point de presse

Radio-Canada

Répliquant au maire de Québec, qui l'accuse de mettre en péril la survie du Festival d'été de Québec, le gestionnaire des FrancoFolies de Montréal, Alain Simard, affirme que la décision d'avancer la date du festival est purement économique et qu'il y a de la place pour tous les festivals.

La vieille rivalité Québec-Montréal refait surface. Lundi, les responsables des FrancoFolies de Montréal ont annoncé qu'ils déplaçaient l'événement à la période du 9 au 19 juin l'an prochain, pour des raisons de rentabilité. Une décision immédiatement condamnée par le maire de Québec, Régis Labeaume, qui juge que les FrancoFolies font ainsi preuve de mépris envers la capitale nationale.

Le maire Labeaume en colère

Le maire Labeaume et les organisateurs du Festival d'été affirment que ce changement d'horaire risque de nuire au festival de musique de Québec. Ces derniers craignent que les FrancoFolies ne fassent dévier l'attention médiatique et que plusieurs grandes vedettes de la chanson francophone ne puissent participer à l'événement, faute de disponibilité. Cet été, les groupes français IAM, Indochine et Archimède sont montés sur les scènes du festival.

Le maire admet également douter des véritables motifs qui ont incité le responsable des FrancoFolies à avancer l'événement, qui selon lui n'est certainement pas déficitaire.

Pourtant, lundi, dans leur bilan, les responsables de l'édition 2009 des FrancoFolies de Montréal rapportaient un déficit de 50 000 $. Lire l'article.

Régis Labeaume déplore aussi le manque de transparence entourant cette décision. Le maire se dit irrité du geste du président de Spectra (principal responsable des FrancoFolies), Alain Simard, qu'il compare à une déclaration de guerre au Festival d'été.

Alain Simard réplique au maire Labeaume

Alain Simard, le cofondateur des FrancoFolies et président de l'Équipe Spectra, a répliqué au maire Labeaume lors d'une conférence de presse en fin d'après-midi.

M. Simard a d'entrée de jeu affirmé que la décision de déplacer les FrancoFolies au mois de juin était purement économique et que ce n'était pas du tout une question de déclarer la guerre au Festival d'été de Québec. Selon lui, les FrancoFolies ne sont pas viables au mois d'août, alors que les éditions présentées en juin ont été un succès financier.

Il dit ne pas comprendre pourquoi le maire Labeaume peut voir les FrancoFolies comme une menace au Festival d'été.

Alain Simard affirme ainsi que les Francofolies servent à promouvoir la chanson francophone, alors qu'au fil des ans le mandat du Festival d'été s'est considérablement élargi. Il donne en exemple le fait que le Festival d'été accueille des grandes vedettes internationales non francophones comme Sting, Kiss et Placido Domingo, et ne présente plus qu'une dizaine d'artistes francophones par année.

Même si M. Labeaume s'est emporté, l'objectif premier, c'est que les festivals s'entendent pour défendre le Québec face à l'international. L'époque des guerres de clochers, il faut qu'elle soit terminée.

Alain Simard

Au sujet des craintes du maire Labeaume concernant la disponibilité de certaines grandes vedettes si les deux événements étaient rapprochés, M. Simard s'est voulu rassurant. Il a affirmé qu'il ne demandera d'exclusivité à aucun artiste et qu'il est prêt à discuter afin de partager les vedettes. M. Simard a précisé que cela se faisait déjà. Il dit aussi que les deux festivals cohabitent depuis une vingtaine d'années et qu'en général cela ne cause pas de problèmes.

M. Simard a ajouté que la décision avait pour but de maximiser l'impact culturel des FrancoFolies et de maximiser le Quartier des spectacles. Selon lui, en rapprochant le Festival international de jazz et les FrancoFolies, cela permettra des économies de gestion, car les scènes pourront être montées et démontées une seule fois au lieu de deux.

Il en profite pour répondre aux allégations du maire Labeaume, qui l'accuse de vouloir ainsi « mettre de l'argent dans ses poches ». M. Simard souligne que les subventions des FrancoFolies sont gérées par une organisation sans but lucratif et que tous les profits, le cas échéant, sont réinvestis dans des événements, comme des spectacles gratuits.

Alain Simard affirme aussi être prêt à vivre avec la baisse de subvention de 200 000 $ qu'entraînerait, selon lui, le déplacement des FrancoFolies au mois de juin.

Québec pourrait revoir son aide

La ministre du Tourisme du Québec, Nicole Ménard, a en effet indiqué que le gouvernement pourrait revoir le montant alloué aux FrancoFolies.

« Notre financement est modulé en fonction de la tenue de l'événement au mois d'août. S'il se tient en juin, il faudra revoir les données et apporter les ajustements en conséquence », a-t-elle déclaré.

La ministre a appelé les deux parties à discuter et à trouver un terrain d'entente.

Le maire de Montréal se dit « surpris »

Le maire Gérald Tremblay s'est adressé aux médias quelques heures plus tard, visiblement mécontent des propos tenus par le maire Labeaume en avant-midi.

Le maire Gérald Tremblay lors d'un point de presseAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le maire Gérald Tremblay lors d'un point de presse

M. Tremblay s'est dit « surpris » des raisons invoquées par le maire de la Vieille Capitale et a déploré la tournure « personnelle » de ces attaques. Il a déclaré qu'il fallait « être à court d'arguments » pour s'en prendre directement à des personnes, [le co-fondateur des FrancoFolies et président de Spectra, Alain Simard].

Le maire de Montréal a répliqué à son homologue de Québec en disant ne pas être intervenu lors du déplacement du festival du Grand Rire de Québec à la fin du mois de juillet. Il a qualifié l'événement de « copier-coller du festival Juste pour rire ».

Il a également tenu à souligner que Régis Labeaume, lui, ne se gêne pas pour modifier la date de certains événements qui ont lieu dans la Vieille Capitale sans consulter qui que ce soit.

Malgré la controverse, Gérald Tremblay s'est voulu rassembleur. Il considère que l'offre de festivals de la province laisse de la place à tout le monde et qu'il s'agit d'une situation « gagnante-gagnante ». L'objectif est d'attirer le plus de touristes possible au Québec, dans un esprit de collaboration et non de compétition entre les festivals.

Questionné au sujet d'un déplacement éventuel des FrancoFolies 2010, Gérald Tremblay est intraitable. Les FrancoFolies auront bien lieu en juin prochain.

Le conseil d'administration du Festival d'été de Québec s'est réuni d'urgence lundi. Ses responsables devraient faire le point sur la situation mercredi.

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