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Des manifestants maltraités et violés

Mehdi Karroubi

Mehdi Karroubi

Photo : AFP

Radio-Canada

L'ex-candidat à la présidentielle Mehdi Karoubi affirme que des manifestants arrêtés après le scrutin contesté du 12 juin ont été violés en prison. Le chef de la police reconnaît que certains prisonniers ont subi de mauvais traitements.

Mehdi Karoubi, candidat malheureux à la présidence iranienne, affirme que des personnes arrêtées dans la foulée des manifestations qui ont suivi le scrutin contesté du 12 juin avaient été violées en détention. C'est du moins ce que rapporte son site Internet, dimanche.

« De hauts responsables m'ont déclaré que [...] des jeunes hommes en détention avaient été violés [...] et aussi que des jeunes femmes en détention avaient été violées de manière à causer de graves blessures », écrit M. Karoubi dans une lettre envoyée il y a une dizaine de jours à l'ex-président Akbar Hachemi Rafsandjani, aujourd'hui chef du Conseil de discernement, une instance d'arbitrage entre le Parlement et le Conseil des gardiens de la révolution.

Toujours dimanche, le chef de la police iranienne, le général Ismail Ahmadi Moghaddam, a reconnu que des manifestants emprisonnés avaient été victimes de mauvais traitements. Cependant, il a fait valoir que ceux qui sont morts en détention avaient succombé à des virus, et pas à de la torture comme l'affirme le camp réformateur.

Selon plusieurs organisations de défense des droits de l'homme, au moins trois manifestants sont morts après avoir été détenus et torturés à la prison de Kahrizak.

« Ce centre de détention a été construit pour accueillir des criminels dangereux. Accueillir des personnes liées aux récentes émeutes a causé des épidémies », a déclaré le général Moghaddam, cité par l'agence officielle IRNA. « [Les manifestants] sont morts de maladies virales, et pas sous les coups », a-t-il ajouté, selon l'agence semi-officielle Fars.

Un autobus brûle derrière un supporter du candidat défait Mir Hossein Mousavi  lors d'une manifestation à la suite du résultat controversé des élections présidentielles.

Un autobus brûle derrière un supporter du candidat défait Mir Hossein Mousavi lors d'une manifestation à la suite du résultat controversé des élections présidentielles.

Photo : AFP / Olivier Laban

Le directeur de la prison de Kahrizak, dont la fermeture a été ordonnée le mois dernier, a été démis de ses fonctions. Trois gardiens ont également été arrêtés pour des accusations de mauvais traitements sur des prisonniers.

Le procureur général de l'Iran, Ghorban Ali Dorri Najafabadi, a déclaré qu'il fallait juger les auteurs des « violations ». Mais « il est possible qu'il y ait eu des erreurs et des mauvais traitements dus à la surpopulation dans la prison », a-t-il ajouté.

Au moins 30 personnes sont mortes dans les violences qui ont suivi la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad, selon les chiffres d'une commission d'enquête parlementaire iranienne. Les ONG craignent cependant que le bilan ne soit beaucoup plus lourd.

Appel de Shirin Ebadi

De passage en Corée du Sud, l'avocate des droits de l'homme et Prix Nobel de la paix, Shirin Ebadi, a exhorté le gouvernement iranien à libérer toutes les personnes arrêtées. Elle estime que le président Ahmadinejad doit « écouter la voix du peuple ».

« Je veux critiquer le gouvernement pour les avoir arrêtés et torturés alors qu'ils manifestaient pacifiquement », a ajouté Mme Ebadi, qui évoque pour sa part une centaine de morts dans les violences ayant suivi la présidentielle du 12 juin.

Avec les informations de Associated Press, et Reuters