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Yves Bolduc reste inflexible

Le ministre de la Santé, Yves Bolduc
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc
Radio-Canada

Le ministre de la Santé du Québec n'entend pas modifier les dispositions controversées de la loi 34, qui impose de nouvelles normes contraignantes aux cliniques qui pratiquent des avortements.

Malgré les critiques formulées par le milieu médical et l'opposition officielle, le ministre de la Santé du Québec n'a aucunement l'intention de modifier les nouvelles normes auxquelles les cliniques effectuant des avortements doivent se conformer en vertu de la loi 34.

De passage à Sainte-Thérèse, dans les Laurentides, pour le Congrès des jeunes libéraux, le ministre Yves Bolduc a affirmé que tous les établissements concernés par cette loi devront se soumettre aux nouvelles normes.

Il a tout au plus entrouvert la porte à un délai dans l'application de la loi, de manière à permettre aux cliniques privées et communautaires de financer les équipements requis ou de les implanter.

Je suis un défenseur de la qualité et de la sécurité et pour ce faire, il faut avoir des normes minimales auxquelles il faut répondre.

Yves Bolduc

Le ministre Bolduc reste sourd aux nombreuses voix qui se sont élevées pour dénoncer les nouvelles dispositions de la loi 34. L'opposition officielle, le Conseil du statut de la femme et l'Association des obstétriciens et gynécologues ont tous jugé ces nouvelles mesures démesurées.

Selon ces normes, qui entreront en vigueur le 30 septembre, tous les établissements qui pratiquent l'avortement devront se doter d'installations qui correspondent à celles d'un bloc opératoire: changement d'air toutes les heures, tenues de chirurgiens pour les médecins et accès ambulatoire.

Accès restreint?

Les nouveaux standards du gouvernement s'appliqueront aux établissements des secteurs public, privé et communautaire. Mais ce sont surtout les cliniques et les centres de santé pour femmes qui risquent d'en souffrir.

Plusieurs d'entre elles craignent devoir fermer leur service d'avortement, parce qu'elles ne seront pas en mesure de répondre aux nouveaux critères. Dans certaines régions du Québec, cela pourrait s'avérer catastrophique.

En Outaouais, explique Le Devoir, les six hôpitaux et les cinq CLSC de la région ne font pas d'avortement. Les femmes qui souhaitent interrompre leur grossesse doivent donc se rendre à la Clinique des femmes de l'Outaouais.

À Montréal, la clinique L'Alternative a déjà annoncé qu'elle cessera de pratiquer des interruptions de grossesses dès cet automne en raison des nouvelles normes, qu'elle juge excessives. Quelque 1000 femmes devront donc se trouver un nouvel endroit où se faire avorter.

La situation qui se dessine fait craindre à plusieurs groupes et associations que l'accès à l'avortement soit restreint et que les listes d'attente s'allongent.

Près de 20 % des 30 000 avortements faits au Québec chaque année sont pratiqués dans des cliniques privées.

Le ministre Bolduc rétorque que les hôpitaux pourront prendre la relève, même s'ils sont déjà débordés. Il ajoute que l'Agence de santé et de services sociaux de Montréal va tenir une conférence de presse, lundi, pour expliquer comment elle entend pallier le manque de place.

Pas de consultation?

Selon la Dre Francine Léger, de la clinique Morgentaler, la décision de modifier les normes a été prise sans que le Collège des médecins soit consulté. Elle croit que ce n'est pas ce que les médecins veulent, puisqu'ils considèrent qu'il s'agit d'une chirurgie mineure techniquement.

« Nous respectons déjà de très hauts standards », ajoute-t-elle, en spécifiant que les cliniques respectent les normes du Collège des médecins. « Il semble y avoir une volonté de tout ramener dans le système public. »

Le ministre Bolduc réplique que ce sont le Collège des médecins et l'Ordre des infirmières du Québec qui ont demandé au gouvernement d'inclure l'avortement à la liste des interventions chirurgicales encadrées par la loi 34.