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L'élan de la Révolution tranquille



À la tête de l'Union nationale depuis 1961, Daniel Johnson prend le pouvoir aux élections de 1966.

Malgré un programme qui revient sur les valeurs traditionnelles des unionistes basées sur la famille, le milieu rural et l'autonomie face à Ottawa, Daniel Johnson se montre favorable au développement de l'entreprise privée.

Appuyé par son slogan « Québec d'abord », il promet également de mettre de l'ordre dans le fouillis de l'administration Lesage.

De son côté, sous le slogan « Pour un Québec plus prospère », le Parti libéral de Jean Lesage promet de consolider les réformes entreprises depuis son arrivée au pouvoir en 1960.

Bien que les libéraux obtiennent plus de voix que l'Union nationale, ils font élire moins de députés et se retrouvent sur les bancs de l'opposition.

Écoutez l'épisode

Daniel Johnson et Charles de Gaulle chantent ensemble le « Ô Canada », le 24 juillet 1967.Daniel Johnson et Charles de Gaulle chantent ensemble le Ô Canada, le 24 juillet 1967, après que le président de la France eut prononcé son fameux « Vive le Québec libre ». Photo : PC / Chuck Mitchell

Contre toute attente, Johnson demande aux hauts fonctionnaires qui ont servi sous Lesage de rester en poste, et d'autres projets d'envergure voient le jour sous l'Union nationale.

Pendant leur mandat, les unionistes créent le réseau de l'Université du Québec, les cégeps, la Société d'habitation du Québec et la Commission d'études Dorion sur les frontières du Labrador. Ils lancent le chantier de Manic-5, mettent en place Radio-Québec, et jettent les bases du régime d'assurance-maladie.

Daniel Johnson meurt subitement pendant son sommeil le 26 septembre 1968, après avoir inauguré le barrage Manic-5, sur la Côte-Nord. « Je m'en vais mourir debout cette semaine », avait-il dit la veille de son départ. Jean-Jacques Bertrand lui succédera jusqu'aux élections générales de 1970, où les libéraux reviennent au pouvoir sous Robert Bourassa.

Le saviez-vous?

Daniel Johnson a été le troisième premier ministre de l'Union nationale à mourir en fonction, après Maurice Duplessis, en septembre 1959, et Paul Sauvé, en janvier 1960.

La mort de Daniel Johnson ne sonne certes pas la fin du développement du Québec. Mais après huit années de consensus autour des grandes réformes, de nouvelles revendications contradictoires apparaissent. De plus, après des années de forte expansion de 1962 à 1967, l'économie québécoise se contracte jusqu'en 1971. Au même moment, on assiste au début d'une période marquée par la montée du mouvement indépendantiste, porté par le Parti québécois à partir de 1968.

Selon l'historien Ronald Rudin, de l'Université Concordia, l'importance accordée aux années 1960 vient notamment du fait que la génération qui a été éduquée pendant cette période a encore beaucoup d'influence dans la société québécoise.
M. Rudin explique les différentes interprétations de la Révolution tranquille.

Le professeur d'histoire ajoute que l'histoire ne se limite pas à une série de faits, mais qu'il s'agit aussi d'une interprétation façonnée par les expériences personnelles.
Regardez l'extrait

L'héritage en question

Pendant les années 1960, le clergé et la minorité anglo-québécoise ont vu leur influence réduite, la majorité francophone a pris confiance en elle, le niveau de scolarité a augmenté, la fonction publique s'est développée et l'État a pris un rôle de plus en plus important dans la vie politique, économique, sociale et culturelle.

Aujourd'hui, un demi-siècle après la mise en place d'un État-providence, le modèle québécois est remis en question.

Quelques jours avant d'annoncer son retrait de la vie politique, le député et ancien ministre péquiste François Legault affirmait qu'il fallait revoir certaines « vaches sacrées », sans quoi la société québécoise laissera une lourde dette à la prochaine génération.

L'augmentation des frais de scolarité, la place du secteur privé dans le système de santé et la privatisation d'Hydro-Québec ne sont que quelques exemples d'enjeux qui animent les débats politiques des dernières années.

À vous la parole

Le Québec a-t-il besoin d'une nouvelle Révolution tranquille? Et si oui, quelles transformations devrait-elle entraîner? Répondez dans la section « Commentaires » au bas de cette page. Certains commentaires seront intégrés ci-dessous.

Les parents de la Révolution tranquille

« La Révolution tranquille a été faite par une demi-douzaine d'hommes politiques, une douzaine de hauts fonctionnaires et une cinquantaine de chansonniers et de poètes », aime dire Jacques Parizeau.

Mais existe-t-il un véritable père de la Révolution tranquille? Incapables de donner tout le crédit à un acteur précis, des experts avancent tout de même certains noms.

  • Maurice Duplessis (1890-1959):
    Maurice Duplessis
    Maurice Duplessis

    Pour Lucia Ferretti, historienne à Université du Québec à Trois-Rivières, le premier père de la Révolution tranquille est Maurice Duplessis, « non seulement parce qu'il a incarné des blocages qu'on voulait dépasser, mais parce qu'il a accumulé les conditions qui ont rendu possible la Révolution tranquille ».
    La réponse de Lucia Ferretti



  • René Lévesque
    René Lévesque

    René Lévesque (1922-1987): Éric Bédard, de l'Université du Québec à Montréal, croit plutôt que c'est René Lévesque qui, soutient-il, avait tout à fait conscience de ce qui se passait, était proactif et avait une forte intuition.



  • Paul Gérin-Lajoie
    Paul Gérin-Lajoie

    Paul Gérin-Lajoie (1920- ): De leur côté, Stéphane Paquin de l'Université de Sherbrooke et Jocelyn Létourneau de l'Université Laval estiment que Paul Gérin-Lajoie a peut-être été encore plus important que René Lévesque. Ils soulignent que Paul Gérin-Lajoie a été au coeur de la création du ministère de l'Éducation, qui a permis à des dizaines de milliers de Québécois de s'instruire pour ensuite servir dans la fonction publique.
    La réponse de Stéphane Paquin
    La réponse de Jocelyn Létourneau



  • Jean Lesage
    Jean Lesage

    Jean Lesage (1912-1980): Bien que plusieurs grandes réformes aient été menées sous le gouvernement de Jean Lesage, aucun historien ne le considère comme le véritable père de la Révolution tranquille. Plutôt conservateur, il s'est souvent opposé aux idées de son entourage, telles que la nationalisation de l'électricité et la syndicalisation des fonctionnaires. Sa principale qualité, selon plusieurs experts, aura été de bien s'entourer et d'accepter, ultimement, les projets de ses ministres.



  • Georges-Émile Lapalme
    Georges-Émile Lapalme

    Georges-Émile Lapalme (1907-1985): Chef du Parti libéral de 1950 à 1958 et chef de l'opposition de 1953 à 1960, Georges-Émile Lapalme est l'un des réformistes les plus en vue au cours des années précédant l'arrivée au pouvoir des libéraux en 1960. En 1959, il rédige Pour une politique, un document dans lequel il rassemble plusieurs idées nouvelles en vue des prochaines élections. Il sera ensuite procureur général (1960-1963), vice-premier ministre (1960-1964) et ministre des Affaires culturelles (1961-1964). Lapalme a également été un acteur central dans la création de la Délégation du Québec à Paris en 1961.
    Georges-Émile Lapalme explique le rôle qu'il a joué dans la création du programme de la Révolution tranquille: Archives de Radio-Canada.ca



  • Un courant de pensée: Jacques Rouillard de l'Université de Montréal est plutôt d'avis que la Révolution tranquille a davantage été façonnée par un courant de pensée qui a influencé un certain nombre de politiciens et d'intellectuels à partir des années 1950.


  • Un long processus: Selon Ronald Rudin, de l'Université Concordia, la Révolution tranquille fait partie d'un processus très long auquel on ne peut pas attribuer de paternité. L'historien estime que si la Révolution tranquille est un cas de croissance de la modernité au Québec, nous pouvons trouver des racines bien avant les années 1960, par exemple lorsqu'Alphonse Desjardins a fondé en 1900 la première caisse populaire pour ceux qui n'avaient pas accès aux banques traditionnelles.
    La réponse de Ronald Rudin

Le mythe du rôle des baby-boomers

Contrairement à la croyance populaire, les baby-boomers ne sont pas les maîtres d'oeuvre de la Révolution tranquille. Étant à l'adolescence ou au début de l'âge adulte pendant les années 1960, ils ont influencé le mouvement artistique et culturel, mais ils n'étaient pas dans les lieux de pouvoir. Selon Stéphane Paquin, professeur à l'Université de Sherbrooke, les baby-boomers sont plutôt les premiers bénéficiaires des réformes des années 1960, et même les premiers à remettre en question le modèle québécois développé au cours de cette période. (Les propos de Stéphane Paquin)

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