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Le déclin de l'Église et la libération de la femme

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.



Sous le régime de Maurice Duplessis, le paternalisme imprègne la société québécoise. La femme n'a pas d'égalité juridique et ne peut même pas signer un bail de logement.

Au début des années 1960, le Québec entre dans une phase de mutation sociale.

L'influence du clergé diminue

L'Église catholique se modernise dans la foulée du concile Vatican II, mais elle voit son autorité fondre après la parution de l'encyclique Humanae Vitae, qui condamne la contraception. À partir de ce moment, la pratique religieuse chute et les rangs du clergé s'éclaircissent.

« Enfin, on peut comprendre ce qui se passe! », répond un fidèle à la journaliste de Radio-Canada qui lui demande ce qu'il pense de la messe désormais dite en français. (L'abandon de la messe en latin: Archives de Radio-Canada.ca (Nouvelle fenêtre))

Écoutez l'épisode

Le pape Paul VI s'adresse à l'équipe de hockey olympique du Canada en 1964.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le pape Paul VI s'adresse à l'équipe de hockey olympique du Canada en 1964.

Photo : La Presse canadienne / AP PHOTO/files

Concile Vatican II

Le deuxième concile oecuménique du Vatican, communément appelé Vatican II, s'ouvre à Rome le 11 octobre 1962, sous l'égide du pape Jean XXIII. II vise à adapter l'Église catholique aux transformations de la société, aux progrès technologiques et à la sécularisation croissante. Après la mort du pape Jean XXIII, le 3 juin 1963, Paul VI poursuit les travaux conciliaires jusqu'en 1965.

Entre Vatican II et la Révolution tranquille: Archives de Radio-Canada.ca (Nouvelle fenêtre)

La femme prend sa place

Pendant la même période, les femmes revendiquent de plus en plus leur place. En 1961, Claire Kirkland-Casgrain est élue lors d'élections partielles, devenant ainsi la première femme à siéger à l'Assemblée législative (devenue l'Assemblée nationale du Québec en 1968). En 1962, elle devient la première femme à occuper des fonctions ministérielles.

En 1964, Claire Kirkland-Casgrain présente un projet de loi pour mettre un terme à l'incapacité juridique de la femme mariée.

La loi 16 adoptée le 1er juillet 1964 transforme le statut légal des femmes mariées qui accèdent à l'égalité juridique avec leur conjoint. Une femme n'est plus tenue de présenter la signature de son mari pour effectuer des transactions courantes. Toutefois, dans la pratique, les notaires ou les directeurs de banque continuent à réclamer la signature du mari.

Dès 1960, une petite pilule est commercialisée. Très vite, son utilisation se répand malgré la réprobation de l'Église catholique. Il faudra néanmoins attendre neuf années pour que son utilisation, à des fins contraceptives, soit admise par la loi. Découverte fondamentale du XXe siècle, la pilule contraceptive permet à la femme de se réapproprier son corps et de redéfinir son rôle au sein de la société.

En avril 1966, à l'initiative de Thérèse Casgrain, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) est créée afin de défendre les intérêts et les droits des femmes.

Du côté d'Ottawa, en juillet 1968, on légalise et on rend plus simple le divorce, qui peut être obtenu pour raison d'échec du mariage.

En juillet 1973, peu de temps avant d'être nommée juge de la cour provinciale, Claire Kirkland-Casgrain soumet le projet de loi 63, à l'origine de la création du Conseil du statut de la femme.

D'une Casgrain à l'autre

Thérèse Casgrain a dirigé le mouvement pour le vote des femmes au Québec à partir de 1921, jusqu'à ce qu'elle atteigne son objectif en 1940. Pendant les années 1930, elle a animé Fémina, une émission de Radio-Canada qui visait à informer les femmes sur divers sujets. En 1951, Thérèse Casgrain est devenue la première femme chef de parti politique au Québec, à la tête de la branche québécoise du Parti social démocratique du Canada, l'ancêtre du Nouveau Parti démocratique. Elle a tenté, en vain, de se faire élire aux élections provinciales et fédérales à neuf reprises.

La jeunesse dorée de Thérèse Casgrain: Archives de Radio-Canada.ca (Nouvelle fenêtre)

Les Québécoises obtiennent le droit de vote: Archives de Radio-Canada.ca (Nouvelle fenêtre)

Claire Kirkland-Casgrain, elle, a été la première femme élue à l'Assemblée législative du Québec et la seule à siéger au Parlement jusqu'en 1973, année où elle quitte la vie politique à la suite de sa nomination à titre de juge de la cour provinciale.

Claire Kirkland-Casgrain, première femme au Parlement: Archives de Radio-Canada.ca (Nouvelle fenêtre)

Révolution politique ou mutation culturelle?

La Révolution tranquille est souvent associée aux grands courants culturels des années 1960. Mais l'historien Éric Bédard explique que c'est l'ensemble des sociétés industrialisées qui subissent des transformations en raison du mouvement de libéralisation des femmes, de l'avènement de la pilule anticonceptionnelle, de la chute de la natalité, de la révolte conte l'autorité, de l'adhésion d'une certaine frange de la jeunesse à une contre-culture et de la contestation des valeurs libérales classiques. Selon lui, la Révolution tranquille doit davantage être associée aux réformes institutionnelles et politiques de l'État québécois dictées par des décisions politiques.

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