•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Mohammed Cherfi de retour au pays

Mohammed Cherfi

Mohammed Cherfi

Radio-Canada

Expulsé du Canada en 2004, Mohammed Cherfi revient au pays en tant que résident permanent, après cinq ans d'attente.

Cinq ans. C'est le temps qu'il aura fallu à Mohammed Cherfi, expulsé du Canada en 2004, pour obtenir sa résidence permanente et pouvoir revenir vivre au Canada.

Je rouvre la boîte où j'ai mis mes rêves pendant un certain temps et je recommence à rêver de projets. Et je pense que maintenant j'ai plus de chance de les réaliser.

Mohammed Cherfi

Expulsé en 2004, accueilli aux États-Unis

Arrivé au pays en 1999, il défendait la cause de sans-papiers algériens, avant que le Canada ne lui refuse son propre statut de réfugié.

Immigration Canada estimait que Mohamed Cherfi n'était pas parvenu à s'intégrer, et qu'il n'avait pas d'emploi rémunéré. Ce dernier était alors porte-parole des sans-papiers algériens au Québec.

En 2004, il était allé trouver refuge à l'Église unie de Québec, avant d'être arrêté pour bris de probation et d'être déporté aux États-Unis. Là, il passera 16 mois en détention, avant d'obtenir le statut de réfugié américain.

Le gouvernement du Québec lui avait aussi délivré un certificat de sélection en 2005, étape préalable à la résidence permanente.

Sa conjointe savoure son retour

C'est là que souhaitait vivre Mohammed Cherfi, afin d'être auprès de sa conjointe Louise. C'est chose faite, après cinq ans de démarches et d'exil américain.

Tu ne peux pas t'imaginer comment on a fait pour vivre. Passer à travers ça, quand on t'arrache ton amoureux, quand on l'emprisonne, tu es déchiré à l'intérieur.

Louise Boivin, conjointe de M. Cherfi

Et d'ajouter: « Sans la solidarité et l'amitié, je ne serais pas passé à travers ».

Ses proches aussi

À Québec, ceux qui s'étaient mobilisés pour faire avancer sa cause célèbrent son retour.

Aujourd'hui, c'est un jour de fête. C'est vraiment extraordinaire. C'est le plaisir de constater que nous avions raison, que la place de Mohammed était ici, au Québec »

Serge Roy, du comité de solidarité de Mohammed Cherfi

« Tous les efforts qu'il a fallu faire, tout un réseau de militants des droits humains, des collectes de fonds, le recours à des avocats, pour finalement avoir un retour qui suit une déportation qui n'aurait jamais dû exister, déplore Gérald Doré, l'ancien pasteur de l'Église Unie. Parce qu'avec le dossier que Mohammed avait quand il est entré dans mon église, c'était évident qu'il y avait eu une erreur de jugement au niveau de la commission [du statut de réfugié]. »

Le principal intéressé tente de récolter des fruits de cette attente. « Ça va inspirer les gens qui sont en train de se battre pour quelque chose, que ce soit en immigration ou ailleurs. Quand on est consistant dans l'effort, on finit toujours par avoir ce qu'on veut », croit-il.

D'après un reportage de Guylaine Bussière

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !