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Le président déchu veut rentrer

Des partisans du président déchu

Des partisans du président déchu du Honduras manifestent.

Photo : AFP / ORLANDO SIERRA

Radio-Canada

Malgré l'échec de la médiation, Manuel Zelaya compte rentrer dans son pays. Entre-temps, ses partisans déclenchent une grève de deux jours dans les écoles et certaines institutions publiques.

Malgré des menaces d'arrestations du gouvernement de facto, le président destitué du Honduras, Manuel Zelaya, compte revenir dans son pays. Le cas échéant, il tiendra responsables l'armée hondurienne et son gouvernement de tout incident.

Selon l'un de ses conseillers cité jeudi par l'AFP, celui qui a été renversé par un coup d'État le 28 juin dernier va essayer de rentrer au pays « quand les conditions le permettront », sans plus de précision.

Ce conseiller a tout de même dit qu'un point de passage terrestre au Guatemala a été envisagé, deux autres au Salvador et quatre supplémentaires au Nicaragua. En outre, il a évoqué plusieurs possibilités d'entrée-surprise par voie terrestre ou aérienne.

Plut tôt, Manuel Zelaya avait avancé la date de vendredi pour une tentative d'entrée au Honduras par la frontière du Nicaragua. Il avait précisé qu'il reviendrait accompagné de sa femme et de ses enfants ainsi que de journalistes, et qu'il serait sans armes.

Le 5 juillet dernier, une première tentative de retour par avion s'était soldée par un échec puisque des soldats bloquaient la piste d'atterrissage à Tegucigalpa. Accueilli par son allié de gauche, le président Daniel Ortega, il avait trouvé asile au Nicaragua.

Le président hondurien est accusé par les principales institutions politiques de son pays d'avoir voulu contourner la Constitution en tentant de modifier la règle sur la limitation des mandats.

Une proposition rejetée

Mercredi, le président du Costa Rica, Oscar Arias, a présenté une proposition pour régler la crise hondurienne. Elle a été rejetée par l'équipe du président de facto Roberto Micheletti.

En conséquence, l'Organisation des États américains devra nommer un autre médiateur. D'ailleurs, le médiateur costaricain avait déjà invité les parties à porter leur litige devant cet organisme.

De plus, les Américains, par la voix du porte-parole du département d'État, Philip Crowley, avaient demandé aux deux parties d'accepter le plan proposé. Ils avaient fortement soutenu la tentative de médiation.

Le gouvernement intérimaire ne veut pas céder

Selon des responsables cités par Reuters, les autorités du Honduras ne céderont pas aux pressions internationales pour le retour du président déchu.

Le gouvernement intérimaire formé après le renversement avait infléchi sa position mercredi pour la première fois, en acceptant de soumettre au Congrès et à la Cour constitutionnelle la proposition de conciliation.

Cette solution préconisait le retour de Manuel Zelaya en tant que président, la formation d'un gouvernement de coalition et la tenue d'une élection présidentielle au terme de son mandat.

Toutefois, Mauricio Villeda, qui est l'un des négociateurs du gouvernement intérimaire qui étaient chargés de discuter avec Oscar Arias, a minimisé jeudi les espoirs de voir cette médiation aboutir.

Je ne pense pas que la Cour suprême ou le bureau du procureur ou le Congrès vont changer leurs critères. Je pense qu'ils maintiendront leur opposition au retour de Zelaya.

Mauricio Villeda

La Cour suprême et le Congrès sont à l'origine de l'éviction de Manuel Zelaya, ordonnée par la première et validée par le second.

Déjà, le chef du Parti libéral, première formation parlementaire, a prévenu qu'une large majorité de députés rejetteraient la proposition de conciliation.

Des troubles dans le pays

Les partisans du président déchu ont été appelés à observer deux jours de grève nationale jeudi et vendredi. Ils ont annoncé qu'ils allaient ériger des barrages routiers.

Une grève a été déclenchée dans les écoles et certaines autres institutions publiques pour réclamer son retour au pouvoir. C'est le cas de l'Université nationale autonome du Honduras, l'Institut national de sécurité sociale et la Société nationale de l'énergie électrique.

Un millier de personnes ont barré jeudi une route dans les faubourgs du nord de la capitale à l'aide de pneus brûlés, provoquant un embouteillage.

Par ailleurs, les policiers ont déclenché jeudi une grève, en marge de celle lancée par les partisans du président déchu. Ils réclament une augmentation de salaire, en raison de l'accroissement de leur travail depuis le coup d'État du 28 juin.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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