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Coup d'éclat des syndiqués

Journal de Montréal
Quelques dizaines de syndiqués du quotidien de la rue Frontenac se sont introduits dans les locaux du journal pour marquer les six mois du conflit.
Radio-Canada

Les employés en lock-out occupent brièvement les locaux du quotidien de la rue Frontenac, à Montréal, défiant une injonction qui leur interdisait toute manifestation sur le terrain du journal.

Les employés en lock-out du Journal de Montréal ont décidé mercredi de défier l'injonction qui leur interdisait d'entrer dans les locaux du quotidien, rue Frontenac, à Montréal.

Ils voulaient ainsi souligner les six mois de ce conflit de travail.

Quelques dizaines de syndiqués sont entrés de force dans les bureaux et dans la salle de rédaction, où des cadres s'affairaient à préparer la prochaine édition du journal. On a clairement entendu des instructions des dirigeants syndicaux qui leur demandaient de procéder calmement.

Plusieurs manifestants étaient munis de sifflets, tandis que d'autres criaient « on veut retourner travailler ». La manifestation a pris fin au bout d'environ 10 minutes.

Le président du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal, Raynald Leblanc, a expliqué que les journalistes étaient prêts à négocier, et a demandé à la direction de répondre à leur appel. Visiblement ému, M. Leblanc a admis qu'après six mois, ce lock-out n'est pas vécu sereinement par ceux qu'il touche.

« La plupart des gens ici ont contribué à bâtir l'empire [Quebecor, propriétaire du Journal de Montréal]. C'est chez eux cette bâtisse-là », a déclaré M. Leblanc, qui a qualifié de « terrorisme » l'attitude de la direction.

Le syndicat affirme que le tirage du Journal de Montréal a baissé de 50 000 exemplaires par jour depuis le début du lock-out. De plus, l'espace rédactionnel, c'est-à-dire réservé aux articles, a diminué de 30 %, disent les syndiqués.

La vice-présidente, affaires publiques, chez Quebecor, Isabelle Dessureault, a déclaré mercredi qu'il était hors de question de revenir à la table des négociations tant que les syndiqués ne feront pas de concessions.

Six mois de lock-out

La direction du Journal de Montréal a décrété un lock-out à l'endroit des 253 employés du quotidien, dans la nuit du 23 au 24 janvier dernier. Il s'agit du premier conflit de travail en 40 ans au quotidien de la rue Frontenac, soit depuis la création du syndicat.

Aucune rencontre de négociation n'a eu lieu depuis le 22 janvier, à la veille du lock-out.

À la fin janvier, les journalistes en lock-out ont lancé le site RueFrontenac.com, où ils continuent à publier des articles de nouvelles, des billets et des chroniques.

Il y a deux semaines, la Commission des relations de travail a rejeté les plaintes du syndicat portant sur le recours à des travailleurs de remplacement, ou scabs. L'organisme a toutefois interdit au Journal de Montréal de recourir à des collaborateurs externes ou spécialisés pour faire des entrevues, ce que le quotidien avait fait à quelques reprises.

Les enjeux du conflit

Les demandes de Quebecor portent sur 233 points et permettraient à l'employeur d'utiliser les textes du 24 heures, du magazine 7 jours, du site Internet Canoë, du Journal de Montréal et du Journal de Québec dans tout le réseau d'édition. Une telle pratique réduirait le nombre de journalistes requis pour la production.

L'employeur souhaite également augmenter le nombre d'heures de travail de 30 à 37,5 heures par semaine, sans rémunération additionnelle, et supprimer la semaine de quatre jours pour tout nouvel employé.

Quebecor réclame aussi la possibilité d'utiliser la sous-traitance pour les employés de bureau et les petites annonces. Une telle mesure entraînerait 87 licenciements à court terme. Le Journal de Montréal n'est pourtant pas en mauvaise posture financière, invoque le syndicat. Ce dernier estime que l'entreprise a dégagé des profits de quelque 50 millions de dollars en 2008, pour un chiffre d'affaires de 200 millions.

Du point de vue du syndicat, Quebecor veut aussi éliminer le service de la comptabilité, réduire les salaires de 25 % pour le personnel des petites annonces et diminuer de 20 % les avantages sociaux pour l'ensemble des travailleurs.

Rappelons que le lock-out décrété au Journal de Québec, également propriété de Quebecor, a duré 14 mois. Il a pris fin à l'été 2008.

Avec les informations de La Presse canadienne