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L'UNESCO blâme l'armée américaine

Militaires américains sur le site archéologique de Babylone.

Militaires américains sur le site archéologique de Babylone.

Photo : La Presse canadienne / AP/Karim Kadim

Radio-Canada

L'organisation onusienne conclut que l'armée américaine a sérieusement endommagé l'un des plus importants sites archéologiques du monde lorsqu'elle y a établi un camp militaire en 2003 et 2004.

Le site archéologique de Babylone, l'un des plus importants au monde, a subi d'importants dégâts lorsque l'armée américaine y a installé un camp militaire lors des premières années de son offensive en Irak, conclut l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

Dans un rapport publié jeudi à Paris, l'organisation conclut que le site, situé à environ 90 kilomètres au sud de Bagdad, a été sérieusement endommagé lorsque l'armée américaine l'a occupé, le 21 avril 2003, jusqu'à ce que le site, utilisé pour les besoins du camp Alpha, soit remis aux autorités irakiennes le 22 décembre 2004.

Selon plusieurs rapports compilés par le Comité international de coordination pour la sauvegarde du patrimoine culturel de l'Irak de l'UNESCO, des travaux de creusement, de percement, d'arasement et de nivelage sont en cause. La porte d'Ishtar et le chemin de procession figurent parmi les principales structures endommagées.

Babylone a été utilisée comme capitale par deux rois célèbres, soit Hammourabi (1792-1750 av. J.-C.) et Nabuchodonosor (604-562 av. J.-C.). Ce dernier y a fait construire les jardins suspendus de Babylone, considérés comme l'une des sept merveilles du monde antique. Le site a fait l'objet de fouilles archéologiques au 20e siècle, mais beaucoup d'artefacts restent encore à être découverts.

L'un des experts de l'UNESCO, le Dr John Curtis, du British Museum, dit être encouragé par le fait que le site, qui s'étend sur trois kilomètres carrés, ne présente aucun signe « de dégâts causés de manière intentionnelle ou accidentelle » depuis qu'il a été restitué aux Irakiens, en 2004. Il souffre néanmoins de négligence et de manque d'entretien.

L'UNESCO recommande au Conseil des antiquités et du patrimoine irakien, qui a aujourd'hui la responsabilité du site, de réaliser plusieurs interventions d'urgence, comme la rénovation des temples de Ninmah, de Nabû ša hare, d'Ishtar et du mur de la ville intérieure. Le Conseil, ajoute l'organisation, devrait aussi envisager la réouverture partielle du site.

Ces mesures, spécifie l'UNESCO, doivent être prises en vue de l'inscription de Babylone sur la Liste du patrimoine mondial de l'organisation.

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