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L'économie et l'Iran d'abord

Photo de famille au Sommet du G8 en Italie en 2009.

Photo de famille au sommet du G8 de l'an dernier, en Italie

Photo : AP

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Réunis en Italie, les dirigeants des huit pays les plus industrialisés estiment que l'économie mondiale montre des signes de stabilisation. Ils disent aussi vouloir redonner une chance au dialogue avec l'Iran sur la question nucléaire.

La première journée du sommet du G8, qui s'est ouvert mercredi à L'Aquila, en Italie, a été particulièrement occupée.

La situation économique mondiale a d'abord monopolisé l'attention des leaders des huit pays les plus industrialisés de la planète. Dans une déclaration commune, les chefs d'État et de gouvernement du G8 ont déclaré avoir constaté des « signes de stabilisation » de l'économie mondiale.

Les leaders ont cependant prévenu que « la situation reste incertaine et des risques importants continuent de peser sur la stabilité économique et financière ». Selon le G8, « les effets de la crise économique sur les marchés du travail peuvent remettre en cause la stabilité sociale ».

Les membres du G8 ont indiqué qu'ils réfléchiraient à des stratégies pour la fin de leurs plans de relance, mais n'ont pas exclu d'avoir de nouveau recours à l'aide gouvernementale pour permettre à leurs économies de sortir de la crise.

Des vues opposées

La situation de l'économie mondiale a d'ailleurs permis de constater une divergence d'opinions entre les dirigeants.

Ainsi, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a affirmé que le sommet du G8 ne devrait pas constituer une occasion pour les grands pays industrialisés de s'engager dans un nouveau plan de relance économique.

« On va discuter évidemment des programmes de stimulus. Notre priorité, au Canada, c'est de livrer les stimulus déjà annoncés. C'est la chose la plus importante et je vais encourager les autres chefs à avoir la même cible », a déclaré le premier ministre.

Stephen Harper faisait ainsi référence aux engagements déjà adoptés par le G20 en avril. Les grands pays industrialisés s'étaient alors entendus pour verser 1000 milliards de dollars américains supplémentaires au FMI et à d'autres institutions internationales afin qu'ils puissent soutenir adéquatement les pays pauvres et les pays émergents.

M. Harper a en outre affirmé qu'il entendait mettre en garde les dirigeants des pays du G8 « contre les mesures protectionnistes dans les plans de relance d'autres pays ».

Comme il l'a déjà fait par le passé, le premier ministre a soutenu que l'adoption de telles politiques pourrait prolonger la récession mondiale. Le plan de relance américain contient de telles mesures.

La position de M. Harper tranchait avec celle du premier ministre britannique, Gordon Brown, qui a appelé à une nouvelle série d'investissements publics et privés pour relancer l'économie. Le premier ministre britannique soutient qu'une deuxième crise financière frappera bientôt le monde.

L'Allemagne, inquiète de sa dette accumulée, est également contre un nouveau plan de relance. À Washington, l'idée d'un second plan fait l'objet de débats parmi les élus, mais un responsable du budget à la Maison-Blanche a déclaré au Congrès, mercredi, que personne au sein de l'administration Obama ne discutait de cette question.

Aide de 5 millions

Le premier ministre canadien a également brièvement visité L'Aquila, qui a été dévastée par un important tremblement de terre en avril dernier.

Lors de cette brève visite, le premier ministre Harper a annoncé que le Canada versera 5 millions de dollars en vue de la création d'un centre canadien pour les jeunes à l'Université de L'Aquila, qui a été sérieusement endommagée par le séisme.

Les pays émergents se prononcent

De leur côté, les pays émergents (Brésil, Chine, Inde, Mexique et Afrique du Sud), regroupés au sein du G5 et réunis en marge du G8, ont demandé aux pays riches de tenir leurs promesses de soutien au commerce. « Nous sommes préoccupés par la question de l'utilisation des ressources pour rétablir les flux internationaux du crédit, particulièrement dans les pays en développement où le crédit et l'investissement ont été significativement réduits par la crise », a déclaré le président mexicain Felipe Calderon.

Les pays émergents ont aussi lancé un appel à la conclusion des négociations du cycle de Doha sur la libéralisation du commerce, afin d'empêcher le retour du protectionnisme.

Donner une chance à l'Iran

Les membres du G8 ont également abordé la délicate question iranienne. Sans vouloir critiquer les résultats des dernières élections présidentielles, les pays ont exprimé leur « profonde préoccupation » face aux violences intervenues récemment en Iran.

Exhibition d'un missile en IranAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Exhibition publique d'un missile en Iran.

Photo : La Presse canadienne / Hasan Sarbakhshian

Dans une déclaration, le G8 « déplore les violences commises après les élections qui ont causé la mort de civils iraniens », et juge « inacceptables [...] l'interférence avec les médias, les détentions injustifiées de journalistes et les récentes arrestations de ressortissants étrangers ».

Les leaders demandent à Téhéran de « régler la situation par le dialogue démocratique dans le respect de l'État de droit ».

Les membres du G8 se sont également entendus pour accorder une nouvelle chance aux négociations sur le programme nucléaire iranien. Se disant très préoccupé par la question, le G8 a affirmé être « déterminé à trouver une solution diplomatique » à la crise. Les huit pays les plus industrialisés disent aussi applaudir la proposition de Washington « d'engager des négociations directes » avec le régime iranien sur la question, ajoutant souhaiter que Téhéran « saisira cette occasion ».

Dans une déclaration commune, le G8 a d'ailleurs appelé tous les pays du monde à observer un moratoire sur tous les types d'essai nucléaire.

Un sommet sur le nucléaire aux États-Unis

Le président américain Barack Obama en a aussi profité pour annoncer la tenue d'un sommet sur la sécurité nucléaire en mars 2010, aux États-Unis. La Maison-Blanche a indiqué que de 25 à 30 pays y participeront.

Mark Lippert, un des responsables du Conseil national de la sécurité américain, a précisé que le président Obama « estime que le terrorisme nucléaire constitue la menace la plus immédiate et la plus urgente à la sécurité mondiale », d'où son désir d'accueillir l'événement.

Selon un communiqué de la Maison-Blanche, le sommet aura pour objectif de prendre des mesures pour sécuriser, en quatre ans, l'ensemble du matériel nucléaire mondial vulnérable, de faire cesser le marché noir, de détecter et d'intercepter le matériel en circulation et enfin d'utiliser des instruments financiers qui permettront de donner un coup d'arrêt au trafic. »

Le G8 est aussi parvenu à un consensus sur la diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES), mais l'entente a aussitôt été rejetée par les pays émergents.

Avec les informations de La Presse canadienne, Agence France-Presse, et Reuters

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